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suivant certains auteurs, elle s’exagère du côté où prédomine le spasme.
La palpation fournit au contraire des renseignements précis. Elle renseigne sur la sensibilité abdominale profonde du malade et surtout permet de percevoir directement l’état de spasme du côlon. On sent alors en différents points de l'abdomen, mais surtout dans la fosse iliaque gauche, le côlon spasmé donnant à la main une sensation caractéristique que l’on a comparée à celle d’une corde tendue, d’un tuyau de caoutchouc résistant et roulant sous le doigt, souvent douloureux, Cette constatation est assez fréquente et d’une grande valeur diagnostique.
Chez les atoniques, au ccntraire, le côlon‘n’est plus perceptible à la main, qui fouille en vain, au travers d'une paroi flasque, les plans profonds de l'abdomen; l'intestin chiffon, ainsi qu’on l’a appelé, se dérobe et reste introuvable.
Pourtant, si la perception de la corde colique fournit un renseignement précieux sur l’état de l’intestin, il ne faudrait pas en exagérer la valeur : il est en effet assez fréquent de la rencontrer chez des individus qui ne présentent aucun trouble des fonctions intestinales; tandis que d’autres chez qui on l’observe également mériteraient à d’autres points de vue d’être rangés parmi les atoniques : on trouve par exemple en même temps, comme nous l’avons observé, un état de dilatation asthénique de l’estomac, une paroi abdominale flasque ou normale, sans aucune sensibilité douloureuse profonde, enfin des selles rares et volumineuses d’atonique. Dans ces conditions, il est aussi difficile de ranger le malade parmi les atoniques que parmi les spasmodiques.
L'examen des selles donne des renseignements beaucoup
moins précis que la palpation abdominale, CHERCHEWSKY, FLEINER, MAZERAN, ont signalé les selles rubanées et comme passées à la filière, qui seraient très caractéristiques du spasme colique. En réalité, ainsi que l’a montré HERTz, il s’agit plus généralement dans ces cas de contracture limitée aux portions inférieures, sphinctériennes de l’intestin avec séjour prolongé des matières dans l’ampoule rectale. On a au contraire peu insisté sur une forme de selles assez fréquente et significative : ce sont des selles plutôt volumineuses, mais formées par l’agglomération de parties plus petites. Elles indiquent vraisemblablement le spasme d’une région assez élevée de l'intestin, généralement du côlon iiaque (reconnue par la palpation), avec dilatation d’une portion inférieure. Les matières se dessèchent et se fragmentent dans la première partie, puis s’agrègent dans la suivante en masses plus volumineuses, d’un diamètre parfois relativement considérable.
Le toucher rectal fournit peu de renseignements, car il n’est nullement certain, comme le veulent FLEINER et HACKkEL, qu'une contracture. du sphincter soit l'indice d’un spasme plus élevé.
Enfin, Mazeran conseille l’épreuve de l’entéroclyse qui donne des renseignements intéressants. Tandis qu'un
atone reçoit sans difficulté une injection de 2 litres d’eau, le spasmodique n’en accepte que de très petites quantités, et seulement au prix de douleurs assez vives. Enfin, chez le spasmodique partiel, l'entrée du liquide serait aisée, mais sa sortie beaucoup plus laborieuse.
Tels sont les principaux symptômes qui permettent de distinguer l’atonie du spasme intestinal. Dans la pratique, beaucoup d’entre eux manquent souvent, et quand on
les rencontre simultanément, il arrive qu'ils sont en con-
tradiction les -uns avec les autres. Le plus précis de tous, la corde colique, est, comme nous venons de le voir, d’une signification parfois incertaine et souvent encore l’état de la paroi abdominale en rend la recherche impossible.
Il en résulte que si, dans beaucoup de cas, ces constatations ajoutent à l'observation du malade un grand intérêt, elles ne peuvent s'appliquer à tous et ne se prêtent que drffi-
clement à une étude d'ensemble.
39 Ploses abdominales. — Nous n'insistercns pas sur les ptoses abdominales qui ont été très étudiées. Chez plusieurs de nos malades, nous avons constaté la présence du: côlon transverse à mi-hauteur de lombilic et du pubis avec ou sans résultat positif de « l'épreuve de la sangle »; dans.un cas 4] y avait en même temps de la néphroptose droite. Nous avons borné à ces observations le diagnostic de chute des masses intestinales. Il-est, en effet, dangereux de diagnostiquer les ptoses, comme le fait GLÉNARD, d’après les seuls symptômes subjectifs. On est amené fatalement à faire rentrer dans le-cadre de cette affection des observations qui ne s’y rapportent certainement/pas. Par contre; en s’en tenant aux constatations objectives on méconnaît des ptoses existantes. Seule, la radioscopie permet de lever tous les doutes; mais encore serait-il nécessaire de se mettre d’accord sur ce qu'il faut entendre par ptoses. Certains auteurs, comme HERTZ, tiennent pour normales certaines dispositions comme la descente du côlon transverse à mi-distance de l’ombilic et du pubis chez le sujet debout, alors que d’autres les regardent comme pathologiques.
49 Localisalion des troubles fonctionnels. — L'inflam-
mation, le spasme, l’atonie, les ptoses, ete., peuvent dans
SE
certains cas être localisés en un point quelconque du trajet de l'intestin. Les sensations éprouvées par le malade fournissent parfois à ce sujet des renseignements assez précis; mais plus souvent, ce sont la palpation de l’abdomen, le toucher rectal, l'examen des selles qui permettent «de constater une localisation spasmodique, douloureuse ou autre. Souvent aussi aucun symptôme n’amène à attni-
buer un siège quelconque aux accidents dont on observe les conséquences.
HERTz, en suivant aux rayons X la marche, dans le tube digestif, d’un repas mélangé de bismuth, à fait, dans un travail récent et très remarquable, des constatations intéressantes sur la localisation des troubles moteurs qui déterminent la constipation. La plupart des malades que nous avons observés présentant de la constipation, son. étude pourra nous être utile. Aussi la résumerons-nous brièvement.
L'auteur a d’abord précisé le détail de la traversée intestinale dans un tube digestif normal. Il a reconnu que les aliments y cheminent suivant un horaire moyen à peu près fixe : ils atteignent le cæcum en quatre heures et demie environ, l’angle hépatique en six heures et demie, l’angle splénique en onze heures, le côlon pelvien en douze heures. Pour la durée de traversée du côlon pelvien, elle dépend des matières déjà présentes dans l'intestin, de l’heure de leur arrivée, des habitudes du sujet, etc.
D'autre part, on sait que le chyme, au moment de son arrivée dans le cæcum est à peu près complètement Hquide et que l’absorbtion ‘de l’eau se fait surtout dans le côlon ascendant ; elle se continue ensuite jusqu’au côlon pelvien où les selles prennent leur consistance normale.
Enfin, les matières arrivées dans le côlon ’pelvien s’y