‹ Traitement des Fièvres Typhoïde et Paratyphoïdes: par le vaccin iodé, les applications de glace et les lavements froidsChapitre 10 sur 37 · PREPARATION · texte numérisé non relu

PREPARATION

Lt

Ranque et Senez, en 1911, ont cherché à «atténuer» les bacilles par l’iode. Leurs recherches ayant montré que le taux limite inférieur nécessaire à annihiler la faculté de reproduction des bacilles est de 0 gr. 0025 pour cent et qu’une dose supérieure à Oo gr. 08 pour cent les déforme, ils se sont arrêtés aux doses moyennes de 0 gr. 02 pour cent pour le bacille d’Eberth et de o gr. 03 pour cent pour les Para A et B.

Pour préparer le vaccin, on isole les bacilles par hémoculture, on ense-

mence avec une culture récente des boît:s de Roux à la gélose qu’on

laisse 24 heures à l’étuve à 37 °. Puis on fait dans l’eau physiologique une émulsion bactérienne-mère, qu’on recueille dans un récipient gradué, après l’avoir débarrassée par filtration sur coton stérilisé de tout grumeau ou fragment de gélose. L’examen d’une petite quantité à l’hématimètre permet de déterminer le nombre de bacilles par centimètre cube, et un calcul simple fournit la quantité d’eau physiologique à ajouter à l’émulsion-mère pour obtenir un milliard de germes par centimètre cube.

Ceci fait, à chaque émulsion on ajoute la solution iodo-iodurée de Gram (lode 2 gr., K I 4 gr., eau distillée 100 gr.) dans les proportions indiquées plus haut.

Après agitation, on laisse en contact trente minutes, puis on élimine l’antiseptique en ajoutant goutte à goutte une solution d’hyposulfite de soude à 5 % stérile. ”

La mise en ampoules (qui se fait dans un autoclave permettant de les stériliser, de les remplir aseptiquement à froid et de les obturer), comme d’ailleurs tous les temps précédents de la préparation, est faite

par une série de dispositifs automatiques.

Les ampoules contiennent par centimètre cube: 500 millions de bacilles d’Eberth; 250 millions de Para A; 250 millions de Para B.

29 TECHNIQUE VACCINALE.

Prenons comme type une fièvre typhoïde, au premier ou au deuxième septenaire, chez un adulte (homme ou femme).

On fera une première injection de 1/2 cc. de vaccin iodé dans la région sous-claviculaire: l’injection sera faite lentement, en plein tissu cellulaire, la peau ayant été préalablement touchée à la teinture d’iode, puis décolorée à l'alcool, ceci afin d’apercevoir la réaction locale qui manque rarement : c’est à ce niveau qu’elle estla moins douloureuse: tout au plus les malades particulièrement sensibles et les enfants accusent-ils un léger endolorissement; par contre, pratiquée à l’abdomen ou dans la région deltoïdienne, elle on le palper difficile ou le décubitus dorsal pénible.

Si plusieurs injections sont nécessaires, la piqûre suivante sera faite. du côté opposé, la troisième du même côté que la première, et ainsi de suite, mais en ayant soin de ne pas piquer exactement au même point.

Ainsi, après cette première injection « d’essai » de 1/2 cc. on prendra la température toutes les trois heures.

Si, 24 heures plus tard, aucune rougeur n’est apparue autour de la piqûre, on injectera une dose plus forte, 3/4 de centimètre cube par exemple. Si, 48 heures après cette deuxième piqûre, aucune réaction ne se produit, on injectera 1 cc. pour l'obtenir.

Disons tout de suite qu’il est exceptionnel de ne pas constater deréaction locale: plus ou moins nette, nous l’avons observée dans tous les cas, le lendemain de la première piqûre: nous croyons que les auteurs qui en ont signalé l’absence fréquente ont employé des dosesinitiales trop faibles ou ont appliqué cette méthode à des maladies autres que la fièvre typhoïde. Si, le lendemain de la première piqûre, la réactionlocale étant apparue, la température n’a pas baissé ou est légèrement inférieure à ce qu'elle était la veille, il faut attendre: la défervescence peut se produire tant que la rougeur persiste; la baisse de la température peut avoir lieu soit le lendemain par chute brusque, soit en lysis dans les jours suivants: une seule piqûre aura suffi.

Si la défervescence ne se produit pas, on fera, 48 heures après la première piqüre, une nouvelle injection, en portant la dose à r cc. S’il est nécessaire, d’autres de 1 1/2 puis 2 cc. (dose que nous considérons comme ne devant pas être dépassée) seront pratiquées à deux ou trois jours d’inter-

valles, jusqu’à la défervescence. Celle-ci, qui s’obtient, parfois aprèsla première injection, comme nous l’avons vu, nécessite généralement, pour se produire, deux injections, moins souvent trois ou plus. Si, après quelques jours d’apyrexie, ou simplement de‘baisse notable de température, la courbe fait une ascension rapide, on fera une nouvelle injection de vaccin, plus forte, qui amènera une chute de température définitive.

Si maintenant, après l’injection d’essai (1/2 cc.), la réaction locale s'accompagne, après 24 heures, d’une élévation de température, on fera I cc. de vaccin, et si la température, après 48 heures, est encore plus élevée, il faudra considérer le cas comme défavorable et cesser le traitement.

Nous avons schématisé les différentes indications dans le tableau suivant qui rassemble les cas devant lesquels le praticien peut se trouver en présence: ce n’est, nous le répétons, qu’un schéma: s’il peut être de quelque utilité pour le vaccinothérapeute, il ne sauraît toutefois remplacer l’observation clinique qui, comme le rappelle Gauchery à ce propos, «est et demeure le meilleur guide pour le véritable médecin ».

Pas de 7 + Faire 1 24h.

à Hb Er locale: Le ; rh) Passe Ré) rare 347 \ un (cas exceptionnel) RS Rens e + 2% Joc. avec Le : … su pér.

Ne Di e - (voir C).

Chute brusque r Guérison.

bi) 2.

Injecter /2#n. B) Réaction locale Chute en lysis Reprise de la Re 1,60 pers Temp. égale ou } Attendre ———>,2) Faire 1

-> Guérison.

inférieure o

£, ; : : c Refaire 1%, puis 11h, puis 2, à 2 ou 8 jours d'in-

Température égale{ tervalle en se basant sur la courbe de tempéra-

À ts) ture. On obtiendra b; ou by.

se Température égale ou inférieure (voir B).

C) Réaction locale Faire 1CC ee

Temp. plus élevée 4 ee :

<a | Fig. 1,

* Température encore plus élevée — Cesser —

3° REACTIONS VACCINALES.

Dans la plupart des cas il se produit, le lendemain de la piqüre, une réaction locale de rougeur : c’est une petite plaque rouge, oœdémateuse et douloureuse à la pression, de la grandeur d’une pièce de un franc, ordinairement, maïs pouvant atteindre les dimensions d’une pièce de cinq francs et plus. Elle persiste de 24 à 48 heures. C’est un signe favorable, et elle s'accompagne presque toujours d’une chute de la température.

Quelques heures (3 à 8) après l’injection de vaccin, on constate le plus souvent une réaction fébrile nette, de courte durée, au cours de laquelle la température s'élève de x à x degré 1/2 et peut, dans certains cas, atteindre ou dépasser 41. Tout comme la réaction locale, cette réaction générale est de bon augure. Souvent la réaction de défervescence consécutive se fait soit brusquement le lendemain, soit en lysis dans les jours qui suivent; il faut parfois plusieurs piqüres pour l'obtenir.

Immédiatement après l'injection, la leucopénie du typhoiïsant fait place à une hyperleucocytose, le nombre des leucocytes passant de 2 à 3000 par millimètre cube à 20, 30 et même 40 000.

La tension artérielle, parfois non modifiée, rarement accrue, subit le plus souvent un abaissement sans phénomènes alarmants.

Les taches rosées ne sont pas influencées. Les signes fournis par la palpation de l’abdomen restent les mêmes.

L'influence sur les complications pulmonaires, quand elles existent, est nettement favorable. Nous n’avons pas observé de réactions spléniques vaccinales.

La période de défervescence est fréquemment accompagnée d’une crise urinaire.

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