DU CHOIX D'UN VACCIN
D'une manière générale, les auto-vaccins sont supérieurs aux autres. Pour les infections typhoïdes, cependant, les avis sont partagés. Quelques auteurs, dont Weill-Hallé, se refusent à les employer. De toute façon, leur préparation est toujours longue, et comme la vaccinothérapie doit être précoce, dans la pratique, on aura recours à un stock-vaccin.
Au point de vue théorique, il peut ne pas paraître indifférent d’utiliser du vaccin mixte T. A. B., ou du vaccin simple correspondant à l’agent infectant. ù
Si on ne veut pas attendre l'identification, Ranque et Senez pensent «qu'il vaut mieux débuter avec du vaccin antityphoïdique simple (seul bacille d’'Eberth), d’abord parce que les infections typhoïdiques sont beaucoup plus fréquentes que les para-typhoïdes; ensuite parce que l’injection de bacilles typhoïdiques provoque, dans l’organisme, des réactions d’immunité de suppléance vis-à-vis des paratyphoïdes, alors que la réciproque n’est pas vraie». Et «que l'identification obtenue, | il est préférable, d’injecter du vaccin antityphique seul dans les injections typhoïdiques, du vaccin antityphoïdique À seul ou antityphoïdique B seul suivant qu’il s’agit d’une paratyphoïde A ou B, ceci afin de
ne pas diviser l’action immunigène ».
Mais les associations microbiennes sont fréquentes, et le praticien peut se trouver dans l’impossibilité de faire faire des recherches de laboratoire. |
Pour ces deux raisons, nous pensons qu'on peut le plus souvent employer un stock-vaccin polyvalent.
Utilisera-t-on des vaccins constitués par des bacilles vivants ou des vaccins inanimés ?
À propos des premiers, Besredka et Metchnikoff écrivent : « Tous les vaccins essayés ont protégé le cobaye, mais aucun n’est susceptible
de protéger le chimpanzé contre la Fièvre Typhoïde qu’il contracte par ingestion de virus, sauf les vaccins préparés à l’aide de bacilles vivants.
On a reproché à la méthode d'introduire dans l’organisme des cultures virulentes, question secondaire en cas d'injection curative. Le fait que les bacilles sont préventivement saturés de leur sensibilisatrice permet d'éviter la phase négative. Mais on est autorisé à croire, avec Ranque et Senez, que l’addition de sérum antityphique à une émulsion de corps microbiens est susceptible de les priver d’une partie de leurs toxines, diminuant ainsi leur pouvoir antigénique.
Nous avons noté d’autre part les différences d’action des bacilles vivants et des bacilles tués, remarque encore en faveur de ceux-ci.
Dans le choix d’un vaccin préparé à l’aide de bacilles tués, Besredka rappelle que : « La préférence doit aller à celui dont la préparation fait subir le moins d’altération aux microbes ». Nous savons que ces modifications, facilement décelables au microscope sont la vacuolisation, la fragmentation, la perte de mobilité, enfin, la lyse complète, et parallèlement, des altérations chimiques, de constatation malaisée, mais qui n’en sont certainement pas moins importantes.
Le vaccin doit présenter des garanties absolues de stérilisation : Or, les vaccins à bacilles tués par la chaleur présentent cet inconvénient de n'être chauffés qu’à une température inférieure à 65°, puisqu’au dessus, les cultures deviennent inefficaces. Et on peut se demander si cette température relativement basse fournit des cultures stériles. En outre, des pollutions sont à craindre au cours des différentes manipulations.
Enfin l’addition d’antiseptiques aux émulsions, soit pour assurer leur conservation, soit à titre d’agents chimiques destinés à tuer les bacilles, présente le double inconvénient de rendre l’injection douloureuse et de diminuer la qualité de l’antigène.
En résumé, si l’on s’adresse à des vaccins inanimés — et nous pensons qu'on doive les préférer aux autres — on choisira ceux qui s’imposent par les qualités suivantes :
Pouvoir antigénique intact.
Intégrité morphologique du bacille.
Absence d’antiseptique.
Stérilisation parfaite.
Le vaccin iodé que nous avons utilisé, de par son mode de préparation semble, comme nous allons le voir remplir les conditions exigées.
FaTtt