‹ Traitement Des Fractures De Cuisse Compliquées De PlaiesChapitre 7 sur 12 · D SAT · texte numérisé non relu

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È CARS, md cas où une intervention primitive n’est pas formellement indiquée. (

À cûté de chirurgiens partisans plus ou moins ardents de la résection, nous en trouvons qui y sont totalement opposés. C'est ainsi que l'opération a échoué entre les mains de Moreau fils, Jaeger. D'autre part. Mac-Cleold, Malgaigne, Huguier, Stromeyer, Esmarch, Langembeck, Sédillot, Legouest la repoussent formellement. « Pour les membres volumineux, dit Legouest, elle nécessite des incisions considérables, expose à enlever trop ou trop peu d'os, ne met point à l’abri de la nécrose. » Pourtant il ajoute : Peut-être serait-on autorisé à la faire tout au plus, quand il y a impossibilité de réduire les fragment.

Vidal de Cassis disait que les amputations de la cuisse étaient toujours très graves, mais que les résections qui voulaient les détrôner l’étaient bien davantage.

‘ Spilman a donné contre cette opération les arguments les plus convaincants : « Elle est impuissante d’abord, dit-il, à enlever toutes les parties malades, elle cause unemortalité plus grande que la chirurgie conservatrice proprement dite, on ne peut prévoir Jusqu'où s'étend le décollement du périoste, l'étendue des félures, jusqu'où s'étend la commotion de la et au juste l'étendue des épanchements de sang.

St-Germain, partisan de ie conservation, condamne absolument la résection dans les fractures.

Enfin, pour ceux qui s’attaquent au résultat fonctionnel. Guthrie disait avoir observé chez plusieurs réséqués avec succès pourtant, des pseudarthroses qui mettaient les malheureux blessés dans des conditions beaucoup

— 88 — ä plus fâcheuses que s'ils avaient subi l’amputation de la cuisse. |

Stromeyer ajoute que bien souvent des réséqués ontréclamé l’amputation. Tel est le cas, d’un Français opéré par les Prussiens chez qui le raccourcissement était de quinze centimètres avec une ankylose du genou.

Examinons maintenant la statistique des résections du fémur.

Ici les faits sont bien moins nombreux que pour les amputations de cuisse. Les résultats ne sont pas meilleurs.

Pendant la guerre d'Italie :

Sept résections traumatiques du fémur ont donné cinq décéset deux guérisons.

La guerre de Schwig a fourni matière à trois résections qui se sont terninées fatalement les trois fois.

Enfin pendant la guerre de sécessions, les américains ont tenté la résection trente-deux fois, et n’ont obtenu que SIX SUCCÈS.

Ce n’est point d’après des faits aussi disparates que l’ont peut porter un jugement sur une opération. Quoiqu'il en soit, d’après les avis des auteurs, d’après la staüstique et quelque soit l’heureuse influence exercée par l’antisepsie sur toutes les opérations pratiquées de nos Jours, nous nous croyons autorisés à regarder la résection traumatique primitive comme très grave dans les fractures du fémur. Elle ne le cède en rien comme gravité à l’'amputation. Bien plus, elle est plus meurtrière et nous estimons qu’elle doit entièrement céder la place à la méthode conservatrice dont nous allons parler.

Quant à ce qui est des circonstances, des indications qui peuvent l’imposer dans certains cas, nous ne saurions mieux faire que de nous ranger à l’avis de Heyfelder dont nous avons exprimé plus haut l'opinion, en insistant surtout sur les conditions extérieures dans lesquelles se trouve le blessé après l'opération.

C’est sans contredit dansde pareilles conditionsde lieu, d'assistance et de soins, que se sont trouvés les blessés dont nous donnons ici l'observation.

OBsERvATION Î

Fracture comminutive de fémur chez un adolescent de seize ans. Résection. Guérison. (Lauquine cilé par Velpeau).

En 1733, un jeune officier russe eut les deux fémurs fracturés. À droite l’os était broyé comminutivement dans l’étendue d’environ quatre pouces. Lauquine enleva deux fragments osseux d’une longueur de neuf pouces! et la guérison complète s’acheva en six mois (1).

OBsERvATION I Cas du D' Fabre (cité par Chilpaut, d'Orléans).

Un enfant, (l’auteur ne donne pas l’âge), eut la diaphyse fémorale brisée comminutivement : Fabre fit à cette occasion ‘une résection portant sur les deux fragments ; sept centimè-

1. L'auteur a voulu dire sans aucun doute que des fragments osseux avaient élé enlevés sur une longueur de neuf pouces. Il ne s'agissait point là de la totalité des fragments.

2480 :— tres de l'os furent enlevés. Au bout de six mois, par suite de la régénération de l'os, il y avait guérison sans raccourcisse- ‘ment, et l'enfant ne boîtait plus. | | Ces deux cas sont bien faits pour montrer .quelle est. linfluence de l’âge, et combien il faut en tenir compte pour la résection d’un os tel que le fémur.

OnBsErvaTi0N III

Résection traumatique de sept centimètres de fémur. Guérison. (Gilette).

Gilette présenta à la Société de chirurgie, dans le courant de l’année 1882, un jeune couvreur de 22 ans qui tomba pendant son travail du toit d'une maison de sept étages. La chûte se fit en avant sur les quatre membres et la face. Cette dernière était complètement aplatie et tous les os du squelette qui la constituent étaient fracturés. Les deux maxillaires supérieurs, Je maxillaire inférieur en plusieurs endroits avec perte d’un grand nombre de dents, os molaire, apophyse zygomalique, os propres du nez. Il n’y avait pas de fracture du crâne.'Il existait dans l’intérieur du globe oculaire droit, un épanchement sanguin considérable qui se résorba et amena en même temps l’atrophie complète du bulbe. La lésion la plus sérieuse qu'offrait ce malade à son entrée à Beaujon, où Gilette faisait le service par intérim, était une fracture de la cuisse gauche “compliquée de plaie par où l'extrémité inférieure du fragment supérieur faisait une saillie de près de sept centimètres. La “fracture siégeait à la réunion du tiers inférieur avec le tiers moyen de la cuisse.

Après avoir hésité longtemps entre l amputation immédiate et la conservation, Gilette se décida en faveur de cette der-

APT nière, mais pratiqua séance tenante un débridement des parties molles et la résection de toute la partie saillante du fragment fémoral en conservant tout ce qu’il pouvait de périoste : Pansement chloralé.

Comme accident, il se développa un phleginon suppuré de la cuisse qui nécéssita incision, drainage et injection.

L'état général resta toujours très bon. La nutrition se fit avec régularité, ce qui permit à ce jeune garçon de supporter les conséquences si graves d’un pareil traumatisme et d’une semblable résection.

Aujourd’hui le malade marche sans ‘béquilles avec un membre considérablement raccourci et en inclinant le bassin du côté correspondant. Au niveau de la résection, il existe un magma osseux et fibreux que le toucher sent jusqu'au genou. Ce dernier jouit encore de quelques mouvements.

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