‹ Traitement des Fractures de l'Olécrâne: Par le CerclageChapitre 11 sur 13 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

FRACTURE DE L'OLÉCRANE. — CERCLAGE. — GUÉRISON. — MALADE REVUE PRÈS DE TROIS ANS APRÈS.

Mme A. B..., 60 ans, tisseuse, entrait à l'hôpital de la Croix-Rousse, dans le service de M. Rollet, salle Sainte- Catherine, le 22 février 1900.

Trois jours avant, elle avait, glissant sur la chaussée, fait une chute, dans laquelle tout le poids du corps portait sur le coude gauche, fortement fléchi.

À son entrée, on constate une vaste ecchymose occupant tout le pourtour de la région du coude qui est tuméfiée, ainsi que la plus grande partie du bras et de l’avant-bras.

L'impotence fonctionnelle est à peu près complète, les mouvements d'extension sont impossibles : la blessée ne peut esquisser le geste de donner une gifle.

La douleur est très vive, même au repos.

Au niveau de l’olécrâne, on sent un fragment osseux mobile, long de un centimètre environ et séparé du reste de l’os par un intervalle très appréciable; en rapprochant le

Me fragment mobile du cubitus on sent une crépitation très nette.

À ce moment, on radiographie la lésion ; l'épreuve obtenue confirme le diagnostic.

Le bras malade est immobilisé dans une gouttière métallique coudée et, quatre jours après, le 26 février 1900, tout gonflement ayant disparu, M. Rollet intervient.

Incision verticale longue de six centimètres, partant d’un point situé à un centimètre à peu près au-dessus de l’olécrâne et se terminant à trois centimètres environ au-dessous du trait de fracture. On trouve la bourse séreuse rétroolécrânienne remplie de caillots sanguins, ainsi que le foyer de fracture. L'écartement des fragments est de un centimètre. Après avoir enlevé les caillots, on pratique une suture en cercle de l’olécrâne suivant le mode décrit plus haut. On a la sensation que cette suture rapproche très bien les fragments.

On place un plâtre, le membre étant en extension forcée. Au bout de 17 jours, nouveau plâtre, le bras étant mis cette fois en attitude intermédiaire; huit jours après on enlève tout appareil immobilisateur et l'on masse.

Un mois après y être entrée, la blessée quitte le service, présentant un peu de raideur articulaire. Elle se masse et revient à l'hôpital quelque temps encore prendre des bains de vapeur. Deux mois après sa chute, la guérison était complète et le train de vie habituel pouvait être repris.

Treize mois après l'intervention, en avril 1001, le docteur Pouly, alors interne de M. Rollet, présentait Mme A. B..., à la Société des Sciences Médicales et résumait ainsi son état : € Elle jouit des mouvements articulaires dans toute leur intégrité; ces mouvements sont absolument normaux: il ne reste plus qu'une petite cicatrice linéaire, indice de l’ancienne intervention ».

Nous même avons examiné tout récemment Mme A. B..., et nous avons pu constater que Ja guérison se maintient complète.

A - pes

On sent le cal à un centimètre environ au-dessous du sommet de l’olécrâne; il n’est absolument pas douloureux.

Tous les mouvements : flexion. extension, pronation, supination, se font a la perfection. avec la plus grande aisance.

Les masses musculaires du bras gauche ne sont pas atrophiées. Prises à quinze centimètres de l’apophyse coracoïde, les circonférences des deux bras sont égales et mesurent vingt centimètres.

Quant à la force musculaire, elle est identique des deux côtés et plus développée que chez la plupart des femmes de

cet âge.

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