‹ Traitement des Fractures de l'Olécrâne: Par le CerclageChapitre 12 sur 13 · OBSERVATION II FRACTURE DE L'OLÉCRANE. — CERCLAGE. — GUÉRISON · texte numérisé non relu

OBSERVATION II FRACTURE DE L'OLÉCRANE. — CERCLAGE. — GUÉRISON

Mme M. M..., 64 ans, sans profession, entrait à l'Hôtel- Dieu, dans le service de M. Rollet, salle Saint-Paul, le 8 novembre 1902. La veille, elle était tombée dans ses escaliers et, dans sa chute, tout le poids de son corps portait sur le coude gauche surpris en flexion.

A sun enirée on constate une vaste ecchymose occupant toute la région du coude, mais surtout sa partie postérièure. La région postérieure de l’avant-bras présente, au-dessous de la région olécrânienne, un énorme hématome. La bourse rctro-olécrânienne, distendue et rénitente, gêne beaucoup l'examen du squelette ; on peut, cependant, constater que, le coude étant en demi-flexion, le bec de l’olécrâne n'est plus sur la ligne qui relie l’épicondyle et lépitrochlée, il est notablement remonté. De plus, on imprime avec la plus grande facilité des mouvements de latéralité à lolécrâne sans qu’on puisse, même dans l'extension forcée, produire

ApRes

de crépitation osseuse. Du côté du cubitus on perçoit, dans la flexion forcée, au-dessous de la bourse rétro-olécrânienne, une arête tranchante, séparée du fragment olécrânien par une distance de 2 centimètres au moins.

L'impotence fonctionnelle est à peu près complète; les mouvements d'extension sont impossibles.

La douleur est très vive, surtout à l'examen.

Enfin, on obtient à la radiographieune épreuve(Fig. 1),qui confirme le diagnostic.

Ércoal

Le bras malade est immobilisé dans une écharpe et, neut jours après, le 17 novembre 1902, tout gonflement ayant disparu, M. Rollet intervient.

Incision verticale de 6 centimètres. La bourse rétro-olécränienne est remplie de caillots en voie d'organisation; l'écartement des fragments est de 2 bons centimètres. La synoviale articulaire n'est pas ouverte ; on la voit faire pour ainsi dire hernie dans l'interstice inter-fragmentaire.

On pratique alors le cerclage de l'olécrâne, suivant le

RTS

mode opératoire décrit plus haut, sans rencontrer aucune diMiculté quelle qu’elle soit.

On place un plâtre, le membre étant en extension forcée. Au bout de 15 jours, le 1°" décembre 1902, on l’enlève pour en faire un second en attitude intermédiaire cette fois, il est enlevé lui-même le 12 décembre suivant.

À partir de ce moment, le membre simplement soutenu par une écharpe, est massé et mobilisé prudemment chaque jour.

Ére alt

Le 15 décembre 1902, on obtient une radiographie(Fig. 2) qui montre un cal serré réunissant les fragments.

Le 21 janvier 1903, Mme M. M... se dispose à quitter Phôpital. Il persiste un peu de raideur articulaire ; les mouvements spontanés sont limités; mais, lorsqu'on les provoque, tous : extension, flexion, supination, pronation, sont possibles dans leur plus grande étendue sans jamais être douloureux.

On ne perçoit pas de craquements dans l’article; par

RES US contre, les masses musculaires du bras gauche présentent un certain degré d’atrophie ; la circonférence du bras gauche, prise à 13 centimètres de l’apophyse coracoïde, mesure, en effet, 2 centimètres de moins que celle du bras droit, prise au même niveau.

Néanmoins, nous estimons que ce résultat est aussi satisfaisant que celui relaté dans notre première observation, car nous sommes en droit d'espérer que le traitement consécutif (massage, douches chaudes, électrisation) rendra bientôt au membre de notre malade toute sa souplesse et toute sa force.

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