‹ Traitement des Fractures de l'Olécrâne: Par le CerclageChapitre 6 sur 13 · DAT · texte numérisé non relu

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sang se faisant plus lentement, il se forme un coagulum qui comble l’interstice interfragmentaire et peut nuire à la formation du cal.

Mais ce sont surtout l’hémarthrose et l'infiltration musculaire qui doivent attirer l'attention.

Dans l'articulation, quand il ne suppure pas, le sang se coagule. La présence des caillots sanguins, jointe à l’irritation occasionnée par le voisinage dela fracture, engendre dans la synoviale et dans les parties cellulo-fibreuses péri-articulaires, un travail inflammatoire qui peut assez rapidement prendre une certaine intensité. Léon Tripier, à l’autopsie d’une femme épileptique morte deux jours après s'être fait une fracture de la rotule, a vu cette inflammation se manifester déjà par des exsudats fibrineux faisant adhérer fortement les caillots à [a synoviale qui était le siège d’une congestion intense. Ces phénomènes peuvent retrocéder, mais, quelquefois, surtout quand l’immobilisation est prolongée, c’est le contraire qui se produit. Dans la séreuse, les exsudats abondent, ils s'épaississent, se vascularisent et, tendant leur trame en tous sens, établissent entre les surfaces articulaires des adhérences multiples. Les tissus péri-articulaires se tuméfient, perdent leur souplesse, se rétractent et se raccourcissent, tandis qu’à leur intérieur se forment des plaques ou des végétations osseuses. Quelquefois tout entiers ils sont de proche en proche envahis par cette « ossification pathologique » (1) qui, plus encore que les

(1) Ozrrer.—Art. Ankylose du Dictionnaire de Dechambre.

MS adhérences intra-articulaires, aboutit à l’ankylose du coude.

Dans les muscles plus que l’inactivité, plus que la névrite ascendante, plus que les actions réflexes ou que la nature du terrain, l’'épanchement sanguin produit l’atrophie. Car, enseignait Léon Tripier, en s'organisant sur place, il produit un tissu de sclérose qui étouffe à la fois les éléments nerveux et musculaires.

De tout ce qui vient d'être dit il résulte, qu'au point de vue thérapeutique, les fractures de l’olécrâne se divisent en deux groupes bien tranchés : d’une part, celles qui, sans écartement ni mobilité, n'empêchent pas l'extension de l’avant-bras sur le bras; elles évoluent naturellement vers la guérison et cela d'autant mieux que l’épanchement sanguin qui les accompagne est toujours peu considérable. D'autre part, celles dont les fragments facilement mobilisables sont séparés par un interstice apparent; dans ces dernières l'impotence fonctionnelle est compilète, l’'hémorrhagie intra et péri-articulaire abondante et la guérison naturelle impossible. Aussi devons-nous, réservant la prudente expectation pour les fractures du premier groupe, intervenir dans celles-ci par un traitement qui assure la consolidation osseuse et mette le patient à l'abri de l’ankylose et de l'atrophie musculaire.

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