‹ Traitement Des Fractures Dorso Lombaires Du RachisChapitre 14 sur 44 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

considèrent que l'abstention, qui fut employée dans tous les cas, a donné de bons résultats. Cependant, sur 98 cas de troubles nerveux, 13 seulement gucrirent. En 1934, Haxke publia deux observations de fractures du rachis avec gros déplacement traitées par la simple immobilisation. Il est très satisfait du résultat, et cependant son premier blessé, qui présentait des signes d'hématomyélie, ne put marcher qu'au bout de deux ans ; il garde des troubles sensitivo-moteurs des membres inférieurs, et la radiographie montre la persistance intégrale du déplacement. Le deuxième, qui n'avait aucun trouble médullaire, revu au bout de neuf mois, garde des douleurs au niveau de la fracture et une grosse limitation des mouvements du rachis. Ü paraît donc difficile de partager l'enthousiasme de l’auteur, et il est certain que dans ces deux cas le traitement orthopédique eût donné de bien meilleurs résultats.

Existe-t-il cependant des indications à l’abstention ? Nous répondons résolument par la négative.

Dans les fractures à gros déplacement, dans les fractures avec troubles nerveux l’abstention n’a que des inconvénients : longueur du traitement (plus de deux ans parfois !), persistance de la déformation et souvent des douleurs, persistance des troubles nerveux par compression, qui guérissent par la réduction. La question ne peut donc se poser pour ces cas, Par contre, on pourrait se demander si l’abstention n'est pas indiquée dans les fractures sans déformation, sans déplacement, sans signes nerveux. Jusqu'au début du \x° siècle c'était l'opinion couramment admise.

La nolion du syndrome post-traumatique, de Kümmer, en 1891, l'observation de VERNEUIL et Foresrier, en 1892, à l’Académie de Médecine, transformèrent la question des fractures sans signes nerveux. Celles-ci, recherchées avec soin par une technique radiographique perfectionnée chaque jour, se révélèrent fréquentes, aussi fréquentes que les autres pour Micnez, Mure et ROUSSEAUX.

La fréquence du syndrome de KümmMEL-VERNEUIL à la suite de l’immobilisation simple de ces fractures ; la suppression de ce syndrome par l'emploi systématique de la réduction orthopédique et du traitement fonctionnel, permettent de proscrire, Ià aussi, l’abstention thérapeutique.

En résumé, l’immobilisation simple sans réduction n'a plus qu'un intérêt historique et ne doit être utilisée en aucun cas de fracture du rachis totale.

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