SAVOIE 2° TRAITEMENT DES PARALYSIES
C'est un traitement préventif des deux complications majeures de la paraplégie traumatique : l'infec-
tion urinaire ascendante et les escarres.
a) L'infection urinaire ascendante.
BürLEer conseille la sonde vésicale à demeure et le lavage biquotidien à l'acide borique. IT fait donner en plus des diurétiques, de l’uroformine,. des lavements ou purges contre la paresse intestinale. Il reconnaît d'ailleurs qu'il ne l’évite pas complètement.
En France, la cystostomie a conquis depuis longtemps droit de cité. Cette opération bénigne, rapide, a modifié complètement le pronostic quoad vitam des paraplégies incurables.
b) Les escarres.
il faut reconnaître, par contre, que le problème des escarres à été ingénieusement traité par le maître viennois et qu'on aurait avantage, en France, à s'inspirer de ses principes.
Il place les deux jambes sur une attelle de Braune, en exerçant sur les deux tubérosités tihiales une traclion de 5 à 7 kilos par les broches de Steinmann ou les fils de Kirschner. Les pieds du lit sont fortement surélevés. La traction au leucoplaste sur l’avant-pied évite l’équinisme et les escarres talonnières. Le blessé ne repose plus de tout son poids sur le it, mais 1l est en
parhe suspendu aux clous.
Au bout de quelques jours, un paralysé peut se soulever tout seul sans douleur. Une seule infirmière suffit pour les bassins et la toilette, qui consiste à frotter le dos et les fesses à l'alcool. puis à les assécher. On “\ite soigneusement tout pli des draps.
Trois où quatre semaines après l'accident, les clous ou fils doivent être placés au niveau des condyles pour éviter la dislocation des genoux.
Depuis qu'il soigne ainsi ses blessés, Büncer dit que les escarres profondes et les gros œdèmes jambier:
ont pratiquement disparu de son service.
D. — AMELIORATIONS APPORTEES À LA METHODE DE BOHLER
Tous ceux qui ont employé la technique exacte de BüuLEer savent que la position en lordose forcée, avec le tronc en porte-à-faux, est très pénible pour le blessé. En particulier les bras, sur lesquels reposent tout le poids du corps, sont comprimés contre la table, même rembourrée et l’on a noté des paresthésies.
Les modifications qui ont été suggérées pour la méthode de BünLer visent toutes ce point précis.
Korrwerz, de Vienne, solidarise en Ÿ trois sangles sotides, larges de 12 centimètres. La branche inférieure de L'\ est appliquée sur la table, sous le blessé, et fixée à l'extrémité postérieure de cette table. Les deux autres branches, presque parallèles, passent sur les côtés du ventre et du thorax et sur les régions cla-
viculaires. encadrant la tête ; une traction suffisante.
et bien orientée en haut et en arrière, permet d'obtenir une lordose aussi considérable qu’on peut le désirer. Le jersey est passé par dessus ces sangles qui sont appliquées directement sur la peau du blessé.
Larraizce, Duüucroquer, Bazx et Srrour, utilisent comme table antérieure, une table opératoire, à pompe, sur laquelle reposent les bras et le menton du blessé, La table opératoire est montée progressivement et on obtient ainsi sans à-coup la position requise.
BoPppE a recours au même procédé, mais obtient l'hyperextension en faisant descendre la table opérutoire sur laquelle le blessé est fixé. Ces manœuvres rendent bien moins pénible la mise en position d’hyperextension, Pour améliorer la pression douloureuse sur les bras et le menton, Bazx et SrrouLz, BôünLEr lui-même parfois, suspendent la partie supérieure du tronc par une bande de toile perforée de deux orifices où passent les bras. Les extrémités de cette bande sont réunies en arrière et attachées soit à un crochet fixe, soit au crochet de l'appareil de SAYRE.