B. — TECHNIQUE
Le plus tôt possible après l'accident (toujours dans les vingt-quatre premières heures), le blessé est revêtu d'un jersey fortement capitonné au niveau des saillies osseuses. Deux fentes latérales permettent de glisser sous le dos, au contact direct de la peau, le champ de toile qui sera situé exactement au niveau du foyer de fracture. Deux boutonnières sont ensuite pratiquées aux extrémités de ce champ pour permettre de passer une double épaisseur d’une bande de toile qui est fixée sur l'appareil de Sayre. Le blessé est ensuite installé
Aie
sur la table de Ducroquet, plusieurs oreillers étant ulissés à la partie moyenne sous le tronc, afin quil
n'éprouve aucune douleur avant la suspension.
He Ta A Vantalamtracton:
Celle-ci est commencée lentement, progressiveinent jusqu'au moment où les épaules quittent le contact de la table. La lordose lombaire est alors complète. Les coussins sont enlevés, el il est aisé d'exécuter rapidement, avec des bandes plâtrées, l'appareil qui maintiendra fa réduction, Cet appareil doit s'étendre en avaut, du pubis à la fourchette sternale ; en arrière du
sacrum à l'épine cervicale. On le complètera par quel-
ques attelles plâtrées, surtout en haut, en bas et en arrière. On n'a aucune difficulté à mouler les épaules, qui sont libres. Il importe que, pendant toute la réducon, le tronc garde une position aussi rectiligne que possible.
On le voit, du fait de l'absence d'anesthésie. du fait du bon dégagement du blessé que donne la tab'e orthopédique, cette technique de réduction en déc:-
Fic. 2. — Après la traction
bitus dorsal est extrêmement simple et facile à réaliser.
Ce procédé, imaginé par les Professeurs SÉ\ÈQUE et
Ep
SicARD, constitue un gros progrès sur la technique imitiale de ScnorrTe, de Gand.
Celui-ci couchait le blessé sur un ensemble de trois petites tables, dont la moyenne est ensuite retirée pour faciliter l'exécution de l'appareil plâtré. La suspension se faisait par une sangle de cuir fixée à un palan. Le vros écueil de la méthode était cette sangle de cuir, facile à retirer lorsque le plâtre est sec, mais laissant dans l'appareil son empreinte, ce qui favorisait singulièrement les escarres. SGHOTTE, reprenant dans un article récent, la description de sa technique, et reconnaissant les inconvénients de sa méthode initiale, conseile le mode opératoire suivant : à la base de la sanole il insère une planchette qui empêche la sangle de déprimer exagérément les flancs du malade. La sangle passe par deux boutonnières latérales du jersey et repose donc directement sur la peau du dos empêchant ainsi le jersey de faire des plis sous le plâtre. L'appareil, au niveau du dos, ne sera pas fait avec des bandes plâtrées, mais avec une vaste attelle plâtrée allant de la nuque aux fesses, et qu'on applique quand le plâtre commence à prendre, ce qui permet de passer en pont sur la dépression produite par la sangle. Cette attelle est d’ailleurs entièrement garnie d’ouate.
Malgré cette amélioration de technique, certains chirurgiens ont vu encore des érosions produites après dessiccation du plâtre par le retrait de la sangle ou de la bande de toile, et ont été amenés à essayer d’autres procédés.
Certains appliquent l’attelle dorsale dans la position
la plus facile pour le blessé, puis, quand le plâtre commence à prendre, ils procèdent à la réduction par une sangle, celle-ci étant appliquée au-dessus du plâtre à hauteur de la fracture. L’attelle se déforme en blec. donnant la lordose désirée, et il ne reste plus qu'à achever l’appareil.
D'autres, et ScnorTEe en particulier dans un cas, pratiquent la réduction après application d'une attelle dorsale totale en couchant le blessé sur un coussin rond et dur.
Dans un cas personnel de fracture cervicale, et sur les suggestions du Professeur SÉNÈQUE, nous avons placé le champ de toile au-dessus du jersey et nous l’avons abandonné in loco en sectionnant ses deux extrémités au ras de l'appareil plâtré. Ce procédé très simple, que SCHoTrE a également utilisé dans les fractures dorso-lombaires, nous semble de loin le meilleur
procédé technique.