VII. — SUPERIORITE DE LA REDUCTION EN DECUBITUS DORSAL
GRiNDA, comparant dans un article récent les procédés de Warsox Jones et de ScnoTTE, adresse à la réduction en décubitus dorsal deux reproches :
1° Le fait que l’on agit sur le sommet de la cyphose et non sur les branches du levier, en contradiction avec un principe constant d'orthopédie.
Le caractère tout théorique de cet « inconvénient » aa pas échappé à GrixpA lui-même !
2° Les escarres au point d'application de Ja sangle.
Mais nous avons vu que ces escarres étaient facilement évitables par le petit détail de technique que nous avons signalé plus haut.
Si l’on ne peut donc rien objecter de sérieux à la méthode de SCHoTTE, 1l n’en va pas de même pour le procédé de Warsox JonNEs-BônLER.
1° ScnorrE lui reproche de ne pas permettre une anesthésie convenable. « L’anesthésie focale suivant SCHNECx est, dit-il, nous ne dirons pas insuffisante, mas inadéquate. Si elle supprime parfaitement la douleur du foyer de fracture, elle ne rend nullement supportable la position en porte-à-faux très fatigante, d'autant plus fatigante que le malade est plus déprimé par le traumatisme. L’anesthésie locale des muscles
lombaires qu'y ajoute l’école de Büncer ne le fait pas davantage, quoiqu'elle hâte le relâchement musculaire et abrège ainsi le temps de suspension. »
Nous avouons être médiocrement sensible à cette critique, car, à l’inverse de SCHOTTE qui a recours à l’anesthésie générale dans la majorité des cas, nous préférons, comme nous l'avons vu, ne pas anesthésier du tout.
2° Scuorre reproche ensuite à la méthode du décubitus ventral de ne pas donner une lordose élective, mais toujours la même, lombaire inférieure.
Nous ne discuterons pas cette critique, peu justifiée semble-t-1l, puisque nous nous limitons au traitement des fractures dorso-lombaires pour lesquelles le décubitus ventral donne une lordose satisfaisante.
3 Pour Scnortre, « le Waïsox JoNESs ne permet ouère de réduire un écrasement unilatéral. Et dans les fractures à écrasement bilatéral, il peut donner lieu à une réduction asvmétrique, un droitier cherchant à s’appurer du côté droit, et un gaucher du côté gauche. Nous croyons qu'il ne faut pas chercher ailleurs l'explication de certains troubles funiculaires qui persistent après consolidation et qu’on a signalés un peu partout dans la littérature. Nous-mêmes en avons observé un cas avant de changer de procédé... le procédé que nous préconisons... permet de réduire les écrasements unilatéraux par manœuvre préliminaire — mise en scohose opposée à la scoliose donnée par l’écrasement -— précédant la mise en lordose défini-
tive. »
LACKMANN