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environ trois à quatre litres de liquide. Elle ressent au moment de l'effort une douleur rachidienne, une sensation de craquement et est prise d’un vertige qui l'oblige à s'étendre. Cet accident demeure isolé et elle reprend ensuite sa vie normale, faisant des efforts physiques assez intenses sans aucun trouble. Elle se considère comme parfaitement guérie de sa fracture rachidienne, et sans le petit incident que nous avons déjà rapporté, nous n'aurions pu contrôler son rachis et nous apercevoir que la vertèbre blessée s’est complètement effondrée à nouveau.
Il est bien évident que cette vertèbre, qui avait retrouvé ses contours osseux normaux, n'avait pas édifié un cal bien solide et il a suffit d’un surcroît de charge pour l’effondrer.
Si cette malade n'accuse actuellement rien d'anormal au niveau de son rachis, nous ne pouvons répondre de l’avenir en présence d’une telle déformation vertébrale et il est vraisemblable qu'elle accusera ultérieurement des troubies sensitifs radiculaires contre lesquels nous serons désarmés. De plus, il est évident que Ja solidité de son rachis est insuffisante, et on peut craindre une nouvelle fracture pour un traumatisme peu important.
La malade du Docteur René Broc, dont nous rapportons plus loin l'observation, est aussi un exemple instructif d'effondrement secondaire du cal. I s’agissait d’une fracture verticale du corps de la deuxième lombaire, avec écartement des deux fragments à la partie supérieure. La réduction donne un résultat ana-
tomique parfait. La malade, atteinte par ailleurs de troubles mentaux, ne peut être soumise au traitement fonctionnel. Mais elle reste plâtrée pendant trois mois, puis porte pendant huit mois un corset orthopédique. Une radiographie faite sept mois après l'accident montre une reproduction partielle de la déformation et un diastasis interfragmentaire très net. Une nouvelle radiographie faite quatorze mois après l'accident montre la même déformation, avec en particulier grosse diminution du calibre du trou de conjugaison, mais cette fois les deux fragments paraissent soudés.
Là encore l’axe rachidien est complètement déformé et la malade est à la merci d’un traumatisme peu important.
Cette observation prouve d’ailleurs la possibilité d'obtenir un cal rachidien, même dans cette forme parliculièrement défavorable, mais au bout d'un temps extrêmement long.
Faut-il donc condamner le traitement orthopédique ? Certes non, mais on est bien obligé de constater que ce traitement, excellent pour réduire la déformalion, n'est pas suffisant pour la maintenir réduite.
De nombreux chirurgiens, outre SCHOTTE, sont arrivés à des conclusions analogues : HARROGERS, René BLoc, Juzix, BoPppe, Mure et RoussEAux, Duvar, en revoyant tardivement les blessés de MERLE d'Au- BIQNÉ. Et tous sont arrivés à la même conclusion : il est nécessaire de combiner au traitement orthopédique une ostéosynthèse rachidienne par greffon court. mais solide, firant définitivement la réduction.
Si Boucer, si Marmeu en rejettent formellement le principe, c'est que ce traitement mixte a, à leurs veux, je grave défaut d'interdire le traitement fonclionnel.
Nous avons montré plus haut les grands avantages de ce traitement fonctionnel et certes, si les cas analogues à celui de notre troisième observation étaient l'exception, nous soutiendrions le point de vue de BünLer. Mais en examinant les résultats tardifs d'autres chirurgiens, que voyons-nous ? Duvar, constate que deux blessés, à réduction parfaite, recommencent à souffrir 3 ou 4 mois après l’ablation de leur corset plâtré. HarroGers, sur 31 cas, à 60 % de résultats imparfaits qu'il a dû greffer, etc.
Si donc l'on met en balance le traitement fonction nel, qui n'est pas indispensable, et la greffe rachidienne qui, si elle ankvlose deux ou trois vertèbres, si elle donne un peu d’atrophie musculaire, au moins assure Ja fixité du résultat thérapeutique, on est bien obligé de préférer la greffe, ‘et c’est pourquoi nous considérons que le traitement mixte est le traitement de choix des fractures dorso-lombaires du rachis.