‹ Traitement des fractures et des pseudarthroses par l'enclouage centro-médullaire à ciel ouvertChapitre 10 sur 21 · Fractures et pseudarthroses du fémur · texte numérisé non relu

Fractures et pseudarthroses du fémur

Les opinions varient encore toujours sur le meilleur traitement des fractures de la diaphyse fémorale. L'extension continue garde de chaleureux défenseurs et il est certain que cette méthode donne d’'exellents résultats à ceux surtout qui savent, à l'instar de Boehler, la combiner aux exercices musculaires actifs. Mais les broches sont parfois mal supportées et dans les fractures transversales un excès de traction expose aux pseudarthroses. Quant aux plâtres on connait leurs inconvénients ; les atrophies

musculaires massives et les raideurs articulaires importantes auxquelles ils exposent et qui nécessitent ensuite une très longue période de réadaptation. À notre avis l'ostéosynthèse garde donc une place de choix dans la thérapeutique des fractures de la diaphyse fémorale et l’enclouage centro-médullaire semble être une façon à la fois élégante et simple de la réaliser. Il permet une contention rigoureuse du foyer de fracture et un usage précoce du membre. Sa réalisation est en général facile. L'ouverture du foyer de fracture permet une réduction aisée et l'enclouage rétrograde n'offre ensuite aucune difficulté.

Fractures récentes

De cette manière 40 fractures diaphysaires fermées du fémur furent traitées avec les résultats suivants:

— 37] consolidations parfaites dans les délais normaux, revus de un à cinq ans après l'accident, tous les malades ont guéri pratiquement sans raccourcissement, en tous cas inférieur à 2 cm. et avec un genou entièrement mobile. Parmi les trois malades restants, il y eut:

— 1 mort par défaillance cardiaque post-opératoire.

— 2 échecs.

Un des deux échecs correspond au seul cas où il fut procédé à l'enclouage sans ouverture systématique du foyer de fracture. Sous écran la réduction fut laborieuse et ce ne fut que très difficilement qu'on parvint à faire pénétrer le clou dans le fragment distal. Il en résulta un gros abcès qu'il fallut inciser et drainer. Deux mois plus tard, le cal n'étant même pas ébauché, le clou fut retiré et un plâtre fut appliqué qui assura la consolidation en 3 mois. Pour le deuxième échec, il s'agissait d’une fracture oblique remontant très haut sur la diaphyse chez un cancéreux. La contention fut insuffisante, aussi lorsque le malade succomba 5 mois plus tard à sa cachexie néoplasique, la consolidation n'était-elle toujours pas obtenue.

Pseudarthroses

Suivant l'exemple de Küntscher qui, rappelons le, avait inauguré sa méthode par un cas de pseudarthrose du fémur, la même thérapeutique fut appliquée dans 12 de ces cos.

— Dans 7 cas la perte de substance était inférieure à 5 cm. Ils furent traités par l'enclouage simple. L'opération entraina

une fois le réveil d'un foyer d'ostéite ancienne par blessure de guerre. Ceci obligea à extraire prématurément le clou et l'opération échoua. Dans les 6 autres cas la guérison de la pseudarthrose fut réguiièrement obtenue en 4 à 5 mois. Revus 4 ans plus tard les résultats persistent intégralement.

— Dans les 5 derniers cas, la perte de substance osseuse dépassait 5 cm. Ausi pour ceux-ci une greffe osseuse complèta l'enclouage. Elle provenait 2 fois de la crête iliaque, 3 fois du tibia. Le succès fut constant avec une bonne consolidation au bout de 4 mois en moyenne. Ainsi l’enclouage médullaire apparait comme un excellent moyen de contention pour les fractures de la diaphyse fémorale et en matière d'ostéosynthèse il semble préférable maintenant aux plaques.

Cependant, dans les pseudarthroses, l'enclouage ne suffit pas toujours à lui seul et il y a souvent alors intérêt de lui adjoindre une greffe osseuse.

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