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Enfin, dans d’autres cas, assez rares d’ailleurs, une déformation a persisté malgré un traitement opportun. Faut-il incriminer la méthode, des fautes de technique, l'indocilité du malade qui n'a pas la patience de subir toute la durée du traitement, la difficulté particulière du cas à traiter ? Il serait certainement injuste de critiquer, surtout sans avoir pu suivre le cas dont il s’agit, mais encore ce serait méconnaître les lois essentiellement variables de la médecine en général, qui viennent souvent montrer que même les traitements bien conduits ne bénéficient pas toujours du résultat mathématique d'une équation bien faite. Bien plus, les quelques cas que l’on retrouve mentionnant des insuccès relatifs après traitement, sont d’un enseignement précieux pour l'avenir. Car en effet, comme le dit Pierre Huet dans sa thèse (1) : « Autant d'auteurs, autant de méthodes, autant de cures satisfaisantes. La littérature des fractures du nez ignore le mot échec. Et ceci n'appartient peut-être pas en exclusivité à ce chapitre de la littérature médicale. C'est un travers bien humain que d'aimer publier ses beaux résultats et taire ses insuccès ».
Le but de ce modeste travail n’est pas l'étude anatomoclinique, aujourd'hui bien connue, des fractures du nez. Nous voulons simplement montrer d'une façon objective, en nous appuyant sur plusieurs cas cliniques traités avec le Docteur Charles Freidel, les résultats obtenus, immédiats el éloignés.
À cet effet, nous décrirons une méthode combinée de deux auteurs, Claude Martin et Darcissac, à laquelle
(1) Pierre HuEr, Thèse de Paris, 1927.
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Freidel a apporté une légère modification. Abstraction sera faite des fractures de guerre, puisque nos observations ne mentionnent que des traumatismes de la vie civile, parmi lesquels nous trouvons surtout des chules de bicyclette, de motocyclette, des accidents d'auto, des coups de poing ou le choc direct d'un objet quelconque sur la pyramide nasale.
Après un résumé de l'historique, nous ferons un court rappel anatomique. Dans l'étude clinique, nous décrirons surtout les symptômes rencontrés chez nos blessés, et nous préciserons ce caractère bien particulier aux fractures du nez sur lequel msiste notre Maître le Professeur Tixier : les fractures des os propres du nez produisent souvent des lésions minimes immédiates, mais qui vont s'accentuer par la suile et devenir considérables. Les lésions du cartilage, qui ne sont assez souvent que de simples luxalions, provoquent au contraire immédiatement des déformations énormes.
Historique
Les Grecs, doués d'un profil heureux, comme le témoignent les statues de l'Antiquité, tenaient probablement à conserver leur esthétique, car Hippocrate semble s'être occupé particulièrement de la question. Il réduisait les fractures du nez, en appliquant à l'intérieur de cet organe de fortes spatules, auxquelles il imprimait des mouvenrents divers d’arrière en ayant, pour ramener en bonne place les fragments enfoncés. Mais, il s'élevait fortement contre ceux de ses contemporains qui pratiquaient l'immobilisation par des bandages ; d'après lui, non seulement les bandages ne maintiennent rien, mais bien au contraire, ils favorisent et accentuent la déformation du nez.
Hippocrate s'est aussi occupé d'opérer le redressement des déviations latérales de la cloison, produites par les fractures du nez.Il conseille dans ce cas d'introduire dans les fosses nasales une substance molle pour combler ces dernières (tel le classique poumon de brebis), et d'opérer ensuite le redressement propremeni dit, en tirant en sens inverse de la déviation, à l’aide d'une bande de cuir de
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Carthage, dont une partie est collée sur le nez, et l'autre est fixée autour de la tête.
Les successeurs d'Hippocrate ne firent qu'imiter pendant des siècles le père de la médecine. Avec quelques variantes seulement, Galien, Oribase utilisent des appareils semblables à la lanière d'Hippocrate, alors que Celse remplace les spatules par de gros tubes de plumes. De même, les Arabes ont copié le premier maître, en ajoutant cependant au traitement des recettes d'emplâtres plus ou moins variés, comme les ont préconisés Albucassis, Lanfranc et Guy de Chauliac.
Puis apparaissent, au XVI° siècle, les canules en or, argent ou plomb d'Ambroise Pare, et au XVIT°, celles en os d'Aquapendente, alors que J. L. Petit et Duverney se contentent de placer des tampons de charpie à l’intérieur du nez, et de pratiquer à l'extérieur de ce dernier, une médication résolutive. Brandilla et Benjamin Bell apportent un léger progrès aux spatules métalliques qu'ils solidarisent sur une plaque posée sur la lèvre supérieure et maintenue par des cordons attachés derrière la tête.
Jusque vers la fin du siècle dernier, les chirurgiens continuent à inventer des méthodes fort diverses pour traiter les fractures du nez. Dubois perfectionne l'appareil de Benjamin Bell, Boyer introduit dans le nez des canules en gomme élastique, Royere construit un appareil compressible, avec lequel il réduit une fracture comminutive, Enfin, alors que Lisfranc introduit de la charpie à l'intérieur du nez, et que Poinsot remplace ce tamponnement par des vessies de caoutchouc gonflées d'air, Malgaigne applique extérieurement sur le nez, une goutüère de plomb exactement moulée, Mollière réduit les