HISTORIQUE
Les premiers chirurgiens qui aient abandonné
l'immobilité : au lit comme étant le seul traitement des fractures de jambe et qui aient donné à leurs 7 malades l'autorisation de déambuler; les premiers
qui se soient élevés contre les don des anciens
qui ne voulaient à aucun prix permettre qu'un . membre fracturé fut autrement qu'immobile, furent - — si nous en croyons Korsch, Pilcher, C. Lapeyre
et Rieffel, Bérard en 1831 et Seutin en 1834. — Hamilton reprend la question en 1870 et s'en
occupe sérieusement jusqu'en 1874.
Erichsen, en 1878, présente des considérations
dans un article de son Traité de chirurgie avec des
résultats qui le poussent à essayer de la méthode
ambulatoire dans tousles cas de fracture du membre inférieur.
D Lo et Hamilton, l’un usant de bandes plâtrées, l’autre se servant d attelles en zinc laminé, mettent en pratique la méthode ambula-
toire, mais toujours avec des précautions infinies.
Défense était faite au blessé de poser son membre fracturé sur le sol; il devait déambuler, remuer ses articulations, mais soutenu par ses béquilles.
Déjà les inconvénients physiologiques, inconvénients qui s'accroissent avec l'âge du malade, sont combattus et, dans les observations de ces chirurgiens, nous avons quelques cas où des vieillards eussent succombé de par l'obligation de demeurer au lit jusqu’à ce que le cal se soit formé.
Depuis 1878, la méthode à fait un progrès immense; des articles fort intéressants ont paru sur la question; des discussions dans plusieurs sociétés savantes en Allemagne et en Amérique ont. établi quel était le côté réellement nouveau de la méthode et Thomas, de Liverpool, a imprimé, au dire de Bradfort, de Boston, la caractéristique de la nouvelle thérapeutique pour les fractures du membre inférieur.
Thomas laissait marcher ses malades, fracturés de cuisse, de rotule ou de jambe, en laissant poser sur le sol le membre brisé, mais muni de l’attelle qui porte son nom. Elle est constituée par une lame métallique allant de la ceinture à l'extrémité du membre et fixée à la ceinture, à la partie moyenne de la cuisse et de la jambe, par des pièces métalliques. On lit dans le Traité de thérapeutique chirurgicale de Forgues et Reclus : «La malléabilité de cette lame, permettant de l’accommoder exactement aux reliefs du tronc et du membre, cette attelle
a l'avantage de la simplicité, de l'économie, de la commodité, de la surveillance. »
En 1878, Hessing, au congrès de Cassel, présente un malade qui, avec une cassure du fémur, est capable de marcher au quinzième jour de son accident. Hessing avait d’abord immobilisé les fragments avec un appareil plâtré, puis avait muni son blessé d’un appareil orthopédique, qui lui permettait de s'appuyer sur le sol et de circuler en s'aidant d’une canne.
Dombbrowski, en Russie, suit les traces de Hessing et fait marcher ses fracturés du membre inférieur en les munissant d'une attelle de Thomas, après avoir immobilisé les fragments.
Rehyer, en 1882 et 1883, se rallie à la méthode et propose, pour les fracturés de jambe d’abord une immobilisation de dix jours dans un appareil composé de bandes de carton-pâte, après avoir recouvert la jambe d’une couche de ouate. Un appareil en plâtre est posé, au bout de ce laps de temps, pour maintenir les fragments en bonne position, puis celui-ci est flanqué d'une attelle de Thomas pour la marche.
Les résultats que ce chirurgien obtient le poussent à étendre la méthode aux fractures de la cuisse.
Selenkow de St-Pétersbourg, en 1889, nous donne des observations de malades traités comme précédemment et nous déclare avoir mené heureu-
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sement et rapidement ses fracturés de jambe à la guérison.
Harbordt, lamême année, renforce son appareil de marche d'une attelle interne de forme concave et pouvant s'adapter sur la face interne convexe du membre. Elle prend un point d'appui à l'ischion : trois segments, crural, jambier etpodal, glissant les uns sur les autres et pouvant s'adapter aux diverses dimensions du membre à l'aide de courroies, perfectionnent l’attelle de Thomas.
Konig, Wolfet Schœænborn n’acceptèrent point les vues de FHarbordt: ils lui reprochaïient une extension continue, défectueuse et, en admettant qu’elle fût effective, c'eût été au détriment des parties molles, sur lesquelles une compression énergique en eût rendu l'application intolérable. |
En 1890, Heussner chercha à modifier l'appareil de Harbordt, remplaçant le point d'appui ischiatique par un point d'appui embrassant la racine de la cuisse : les extrémités supérieures des attelles sont reliées l’une à l’autre par un cercle métallique, qui, enserrantplusexactement le cône crural transmettra plus précisément le poids du corps au sol àtravers les tiges latérales reliées par leurs extrémités inférieures à une semelle métallique. Le membre fracturé est suspendu dans appareil de marche, fixé au genou, comme à la cheville par une bague métallique : la semelle en métal dépasse de quelques centimètres la plante du pied : c'est un étrier à point d'appui