TECHNIQUE
Nous avons dit que nos observations et notre
pratique n'ayant trait qu'aux fractures simples de
jambe, nous ne nous occuperions que de ce genre
de traumatisme ; nous serons obligé de parler
quelque peu des fractures de cuisse, la plupart des
appareils allemands construits pour la cuisse s'appliquant également aux fractures de jambe.
De l’attelle de Thomas à la botte de Dollinger, nous avons passé par une série d'appareils, tels que ceux de Hessing, de Krause, de Liermann,de Bruns, de Harbordt, de Selenkow, etc., appareils que nous avons décrits le plus clairement possible, de façon à bien montrer sur quoirepose la méthode, comment elle est applicable, quels sont ses avantages et combien sont peu en rapport avec les faits tous les inconvénients que « théoriquement » on peut élever contre la déambulation.
Cette thérapeutique des fractures de jambe consiste à prendre au-dessus du foyer fracturé un point d'appui, ou une série de points d'appui suffisants pour transmettre au sol le poids du corps, sans que ce poids soit transmis à travers le fragment
En
supérieur au fragment inférieur et ne tasse le foyer de fracture, produisant de par ce fait un cal raccourci, exubérant, chétif, insuffisant et vicieux.
Ces points d’appuis existent, c’estincontestable, de par l'anatomie du squelette de la jambe.
C'est lui qui nous fournira le moyen d'unir au sol l'appareil, que nous décrirons plus loin, de façon à ce que la partie du membre qui se trouve au-dessous du point d'appui soit suspendue et n'éprouve aucune pression. Le tibia s'évase à son extrémité supérieure, de telle: sorte qu’il forme un plateau, au-dessous duquel il y a un rétrécissement : Cet os nous présente, dans sa morphologie générale, deux troncs de cône, l’un supérieur, l’autre inférieur, se réunissant par leurs sommets à la partie moyenne de la jambe. Ces cônes supérieur et inférieur ont une construction parfaite pour résister aux pressions (Duret, comptes rendus Société de biologie, 1876, p. 385), qui pourraient s'exercer, soit à leur niveau, soit dans l'axe du membre. Les tubérosités tibiales complètent, à notre avis, les points d'appui, car nous ne pensons pas que ce soit uniquement au niveau de ces tubérosités que l'appareil de marche s'appuie; nouseroyons que c'est à un tronc de cône que se moule notre manchon plâtré, que nos bandes plâtrées et celles des chirurgiens allemands prennent d’ellesmêmes les points d'appui qui leur conviennent le