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trisées, ou à peu près, sauf celle qui est au niveau du foyer de fracture, et par laquelle on voit encore l'extrémité du fragment inférieure qui est saillante et dénudée sur une assez grande étendue. Le tandon du jambier antérieur a nu dans la peau, commence à se recouvrir de bourgeons charnus. à
Un mois après l'accident, on trouve un séquestre mobile aux
dépens du fragment inférieur. On l'enlève et lon constate. qu'il allait jusqu’à Pépiphyse inférieure du tibia, jusqu’à l'articulation tibio-tarsienne.
Comme le raccourcissement est He étendu et que les extrémités fracturées chevauchent l'une sur l'autre, l'inférieure passant au dessus et en dessous de la supérieure, on pense à
mettre un appareil de Hennequin avec le chariot, et l'extension continue. Mais la plaie allant encoré jusqu'au niveau de la malléole interne, on ne peut encore l'appliquer.
Au bout d'un mois et demi environ, l'appareil de Hennequin
est appliqué : le malade assez patient et très courageux, ne le supporte d’abord qu'avec peine, bien que le poids soit faible. Cependant, on arrive assez vite à faire tolérer 3 kilog. soa le jour et 3 kilog. la nuit.
Dailleurs, la santé générale est excellente, le malade mange
bien, dort bien, son état moral est très satisfaisant et sa guérison “n'est plus qu'une question de semaines.
Cependant, la plaie située au niveau du foyer traumatique, après avoir rapidement diminué, ne se ferme pas complètement, elle reste réduite, mais persistante. Au bout de quelque temps, par l'exploration au stylet, on arrive sur une surface osseuse. dénudée et mobile. On pratique alors une petite incision verticale, par laquelle on retire un petit sequestre complètement isolé et qui entretenait la suppuration.
En effet, en quelques jours, cette plaie s’est Papier comblée et cicatrisée complètement.
L’extention continue a cepertdant du êtré prolongée encore
a a ET .
assez longtemps, la consolidation n'étant pas encore assez complète. En prenant le pied et la jambe et en essayant de faire de la mobilisation en sens inversé, on Constate encore une grande flexibilité.
Le mème traitement a été continué pendant ; mois ét'une semaine. Au bout de ce temps, le malade a pu commencer à se lever et à marcher avec l'aide d’ uñe canné, la jambe fäcturée étant renforcée par un appareil silicaté léger.
Enfin, le malade a quitté l” hôpital marchant assez bien, sans aucune douleur, mais avec un peu de raideur. Toutefois, les mouvements moyens du pied sur la jambe redeviennent de plus en plus étendus avec un peu de massage. Quant à l’articulation du genou, elle est parfaitement libre dans tous ses mouvements. À la mensuration on ne trouve du côté malade, qu'un raccourcissement de deux centimètres. M
Cette observation est intéressante à plusieurs points de vue : d'abord elle est un bon exemplé de gangrène gazeuse dans une fracture compliquée et guérie par le traitement conservateur.
Ensuite on voit que malgré l'élimination de deux séquestres assez étendus, le raccourcissement est très minime. Enfin malgré une immobilisation de plus de trois mois, le genou est parfaitement souple et le pied a conservé ses mouvements moyens assez étendus, grâce à l'appareil à chariot avec extension continue.
OBSERVATION III, (M. Picqué, chirurgien des Hôpitaux) (1).
Le nommé Du... Georges, 15 ans, tourneur, tombe le. 20 octobre 1886 d'un quatrième étage. Il entre à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. le ot Richet, au lit n°13 de la salle Saint-Jean.
A l'examen, on trouve qu’à droite, l'extrémité inférieure du tibia est le siège d’une déformation et d’une mobilité avec crépitation, On constate l'existence de plusieurs fragments et on porte le diagnostic de fracture comminutive de l'extrémité inférieure de la jambe. Le torse semble intact, il n’est ni dou- Joureux, ni déformé. À gauche, on constate les mêmes lésions, mais le pied est le siège d'un épanchement sanguin considérable. Quelques phlyctènes apparaissent. Le pied est insensible et prend ainsi que le bas de la jambe un aspect gris noirâtre. . L'état général du malade est peu satisfaisant. Shock.
Le jour de l'entrée, on fait des débridements multiples et très profonds avec le thermo-cautère. Le membre, convenable-
ment pansé, est immobilisé dans une gouttière. La gangrène est arrêtée.
Un mois après, le 20 novembre, les plaies bourgeonnent ‘bien. Comme la gouttière immobilise bien le membre du,
malade, on l'y laisse sans appliquer GpPALEU plâtré. Guérison.
(1) Nous adressons tous nos remerciements à M. le docteur
Picqué, pour son obligeance d’avoir bien voulu nous commuiquer cette observation.
OBSERVATION IV (Triffaud. Thèse d'agrégation de Forgue.) Le nommé B..…, âgé de 67 ans, journalier, se fracture la
jambe droite au tiers moyen. Pas de plaie extérieure au niveau de la fracture, pas de déplacement, pas de gonflement, état
général bon. Antécédents alcooliques sérieux,
Le 16 août, gouttière plâtrée bivalve.
Le 24 août, absence de consolidation, mais rectitude parfaite
. du membre sans gonflement, sans douleurs.
Cinq jours après, douleur vive dans la nuit au niveau de la fracture. Le lendemain, on trouve le pied et la jämbe de couleur bronzée, froids et insensibles, tuméfiés, crépitants et
sonores à la percussion, En: trois heures, le membre a triplé de
volume, se recouvre de poches ampullaires emplies de sérosité
noirâtre. La face antérieure de la cuisse est déjà crépitante.
Quatre heures après, l’envahissement gagne l'aine; des phlyctènes se rompent et dénudent le derme. A l’auscultation | on perçoit au niveau de la cuisse un bouillonnement profond attribué à la production rapide du gaz. M
La mort survient vingt-trois heures après le début de la gangrène. On retrouve dans la sérosité des phlyctènes, les formes
microbiennes caractéristiques et les inoculations sont, posi-
tives.