‹ Traitement Des Inflammations PelviennesChapitre 7 sur 13 · res · texte numérisé non relu

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la nouvelle thérapeutique, on expérimenta sur le cadavre pour voir si le liquide ne traversait pas les trompes. Les résultats varièrent avec les expérimentateurs, chacun d’eux employant une méthode spéciale. De plus, ces expériences n'avaient qu’une valeur démonstrative très faible, car, ‘ainsi que le fait si justement remarquer M. Guyon (1) dans sa thèse (1858), les phénomènes observés sur le cadavre ne sont nullement assimilables à ceux qui se passent dans l'être vivant.

. L'idée qui se dégage de ces travaux de laboratoire, c’est que si la sonde est introduite à frottement, le liquide passe dans les trompes; mais si l’on a soin de se servir d’une sonde de faible diamètre, jouant librement dans le col, le liquide, après avoir baigné la muqueuse utérine, fait retour -en arrière, retombe dans le vagin et l’ostium uterinum n’est pas forcé.

Malgré les résultats contradictoires fournis par l’expérimentation, malgré la possibilité de la pénétration de l’air et des liquides dans les veines et les artères (Nélaton), on pratique des injections intra-utérines. Citons Scanzoni de Wurzbourg qui fait des injections intra-utérines dans les leucorrhées rebelles, Aran qui'apporte plus de 300 observations de leucorrhée, hémorrhagie, métrites chroniques, traitées par la nouvelle méthode,

Récamier est assez audacieux pour enlever avec une cu-

rette la muqueuse utérine malade (métrorrhagie, leu-

(1 Guyon, Etude sur les cavités de l'utérus à l'état de vacuité, Th. Paris,

= 29 — corrhée) et Lisfranc, Jobert de Lamballe, Mélier font des injections intra-utérines contre les engorgements et les tu-

meurs suppurées. Défendues par Gallard et Guérin, elles

sont rejetées par Després (r). « Autant, dit cet habile chi-

rurgien, les injections intra-utérines, même les mieux faites,

sont dangereuses, autant la cautérisation (chlorure de zine én solution concentrée) intra-utérine est bonne », Les travaux de Fontaines (1869), d'Hervieux (1870), de Joanny Rendu, etc., contribuèrent puissamment à vulgariser la nouvelle méthode; mais ce n’est qu'avec une sage prudencé que beaucoup de gynécologues pratiquent les injections. C’est ainsi que Gallard, dans la thèse de son élève Bécour (2) dit qu’il est bon de n’injecter que 6 à 8 grammes de liquide afin d'éviter l’irruption dans les trompes (Vidal dé Cassis recommandait aussi les petites injections, qui n’ont pas le temps de cheminer dans les trompes). Les liquides employés par Gallard, varient suivant la nature de l'affection (leucorrhée, métrorrhagies, lochies fétides) : teinture d’iode, perchlorure de fer au 1/30, nitrate d’ar

gent en solution, eau fraiche, eau salée, eau phéniquée,

ète, ; il fait ces injections avec une sonde en caoutchouc

de faible calibre et une seringue de Pravaz.

. Les injections lintra-utérines prennent définitivement droit de cité à la suite des travaux de Pasteur, Semme-

Iweiss, Tarnier, Budin, Pozzi (3), Pinard (article d’Auvard

(1) Desprès, chirurgie journalière, Paris, 1877, p. 500. « (2) Bécour. Thèse de la Faculté de Lille, 1881. (3) Duval, Thèse de Paris, 1888,

et thèse de Gauvry). En 188%, M. Bar présenta au Congrès de Copenhague la sonde à double courant de M. Budin. Pajot fit connaitre la sienne en 1885 et depuis chaque gynécologue accoucheur a fait construire une sonde toujours plus parfaite que les autres.

A l'étranger, Grunenwald, Winckel, Bischoff, Fritsch, Schroder, etc., emploient les injections intra-utérines ; le professeur. Grammatikati {1) traite les paramétrites et les annexites aiguës en injectant dans la matrice la solution suivante |

Alupin6l "0 2,9 Teinture d’iode. .

Alcool pur. .., REP ET

On peut dire qu'elles sont entrées aujourd’hui dans la pratique gynéologique courante. Il est vrai que, parmi les contre-indications à leur emploi, figurent, eomme pour la dilatation, la périmétro-salpingo-ovarite aigue ou subaigue, ou même chronique. Cependant, comme nous l'avons vu précédemment, M. Poullet (2) de Lyon, fait la dilatation et le curetage dans les péri et paramétrites récentes, et si cette thérapeutique énergique n’augmente pas l'intensité de l’inflammation péri-utérine, on nous accordera bien que l'injection d’eau très chaude, qui n’érode pas la muqueuse et qui est, en même temps, antiseptique, est bien incapable d’exalter la virulence des quelques mi-

crobes auteurs du processus pathologique,

(1) Grammatikati, Wratch, 1896, Nos 29 et 30, (2) Poullet, loc. cit.

L'eau chaude a pris une large place en gynécologie et en chirurgie générale depuis que M. le Pr Reclus (1) a appelé l'attention du monde médical sur ses propriétés

hémostatiques et antiseptiques.

, «Au dessus de 42, elle est un milieu à peu près réfrac- « taire aux bactéries (Expériences de Miquel et de sonélève « Wada) ; si les micro-organismes n’y meurent pas encore « — il faut pourcela 80° au moins — ils ne sauraient s’y dé- « velopper, et la pullulation y devient bientôt impossible, « De là des indications importantes. Au cours de mes opé- «rations, au lieu d’inonder de solutions phéniquées ou « mercurielles, le champ opératoire où manœuvre le bis- « touri, j’exprime sur la plaie des tampons d’ouate hydro- « phile imbibés d’eau à 50°. L'eau chaude à 550, sur une « plaie ulcéreuse à-bourgeons atoniques, réveille la vitalité « des tissus et la plaie se modifie rapidement.

« Mais où l’eau chaude triomphe vraiment, c’est dans le « traitement des inflammations aiguës : panaris, furoncles, «anthrax, phlegmons circonscrits et diffus, toutes les « phlogoses superficielles bénéficient de l'immersion pro- « longée dans un bain de 50 à 55°. Cette immersion nous « donne des résultats surprenants et une inflammation

« prise à ses débuts, peut être jugulée »

Nous avons observé plusieurs fois, dans le service du savant professeur de l'hôpital Laënnec, les merveilleux

effets de l’eau chaude dans le traitement des phlegmons du

(1) Reclus, Cliniques de la Gharité, Cliniques de l’'Hôtel-Dieu .

NDS

bras et de l'avant bras et la disparition rapide de la lymphangite et de l’œdème énorme concomitants.

Le D" Platon (x) dit que le résultat est surtout frappant dans les cas d’inflammation aiguë des organes génitaux de la femme, où l'élément congestion joue un rôle important,

Examinons maintenant comment agit l’eau chaude sur l'utérus. Nous connaissons ses propriétés antiseptiques ; de plus, elle entraîne les mucosités qui recouvrent la muqueuse utérine. Duval (2), élève de Pozzi, émet l’hypothèse que, sous l'influence de l'injection intra-utérine chaude, les centres médullaires paralysés par l'infection utérine, reprennent leur tonicité et, en raison du pouvoir trophique bien connu de la moëlle, celle-ci agit directement sur la nutrition de la matrice. Runge, a bien mis en évidence son action sur les vaisseaux. Runge ouvre le ventre d’un lapin, y fait couler de l’eau chaude et observe que tous les organes abdominaux prennent très rapidement une couleur blanche caractéristique. — Grâce à cette vaso-constriction, l’utérus se dégorge, la circulation devient plus active, la congestion disparait ainsi que les exsudats pathologiques. |

Notons, enfin, que Heylles, élève de Tripier, a employé avec beaucoup de succès l’eau chaude dans la dysenterie (injections rectales d’eau à 48) ; de même, Jeannel (3) et Lesieur dans le traitement des clapiers tuberculeux.

(1) Platon. De l'eau chaude en gynécologie. Marseille médical, 1* juin

(2) Duval. Thèse de Paris, 1888.

(3) Jeannel. De l’ébouillantement, Gaz. des Hôp., 1892.

Tout le monde connait l’heureuse influence des lavements:

d’eau très chaude dans les protatites aiguës et chroniques,

‘: Avant de terminer ce chapitre consacré à l’eau chaude, mentionnons les récents travaux du D' Sneguirjoff (1) sur l’action thérapeutique de la vapeur d’eau à la température de 100 à 1200. Sneguirjoff, a employé la vapeur d’eau comme hémostatique en chirurgie générale, (il a pratiqué cinq résections du genou sans recourir aux tubes élastiques, ni aux pinces hémostatiques, ni même aux ligatures) et en gynécologie (hémorrhagie utérine par atonie, endométrites hyperplasiques). Kahn (2) a étendu la méthode au traitement des périmétrites aiguës; la contre-indication mentionnée par cet auteur est la présence de pus accumulé dans les annexes. La vapeur, portée à 110° environ, reste une demi-minute à une minute et demie en contact avec la muqueuse utérime. Sur cinq cents observations, on ne signale qu'un seul accident : le Dr Banich à remarqué, chez une de ses malades traitées par la méthode Sneguirjoff, une atrophie de l'utérus avec arrêt des règles.

Nous venons d’assister à l’entrée lente, mais sûre, des injections intra-utérines dans la pratique gynécologique et il n’est pas de praticien qui n'ait retiré de leur emploi de grands avantages, Les expériences de. Vidal de Cassis, Fontaines, Guichard, Nélaton, Guyon, ete. nous ont.ensei-

gné qu'il ne faut les pratiquer que dans un utérus suffisam-

‘D Sneguirjoff. Der Dampf, ein neues Hemostaticum, etc. Centralblatt, für Gynœkologie n° 3, 1895.

(2) Kahn. Die therapeutische Anwendung des Dampfes Gegen Endometritis puerpueralis. Centralblatt für Gynek, 1896.

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ment dilaté et en ne donnant au liquide qu'une faible’ pression. Il nous arrivera peut-être, malgré toutes ces précautions, de forcer les orifices tubaires: M. Boursier (1) a observé des matrices avec large ostium uterinum, disposition qui favorise singulièrement la pénétration des injec+ tions intra-utérines dans les trompes, À

En résumé : #

9 Action antiseptique (Reclus, Miquel) ; :

É 29 Diminution de la stase sanguine par vaso-contriction (Range) nr À - % Action trophique sur la moelle (Duval), telles sont les propriétés de l’eau chaude en injections intra-utérines, "Les dangers, tant redoutés autrefois, tels que le passage du liquide dans le péritoine (Haselberg) (2), l'entrée de l'air dansé les sinus (Pinard, Budin), la syncope, etc., doivent être appréciés à leur juste valeur. Quand, après une injece tion intra-utérine, la patiente accuse de vives douleurs à l'hypogastre, devons-nous dire qu’il y a eu pénétration de liquide dans le péritoine ? Non assurément; il ne s'agit en général que de phénomènes nerveux réflexes de courte durée. Il est possible’ que, sous l'influence de l'injection chaude, le muscle utérin 8é contracte, sc redresse-et tiraille les fausses membranes périutérines, il en résulte: des dôuleurs qu'exagèrent ces « utérines » à système nerveux si

sensible. C’est du péritonisme et non un début de périto-

(1) Boursier, Du cathétérisme de la trompe de Fallope. Archives de Bordeaux, mai 1892.

(2) Haselberg (Monat, f. Geburtskunde, 34, p. 162) et Spath (Deutsche chirurgie, li, 59, p, 5.

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nite. Citons aussi, comme accidents nerveux, les crises d'hystérie, les tintements d'oreilles, la pâleur de la face, l’'obnubilation de la vue, des éblouissements, etc. que le bromure de potassium peut prévenir dans bien des cas (De Tornery (1)). La mort subite, par inhibition, est exception nelle,

Presque tous les auteurs ont signalé, après les interventions sur la matrice, des poussées de péri-métrosalpingite ; remarquons que, le plus souvent, on avait pratiqué un curettage (Bouchard (2), ou encore une injection dans un utérus insuffisamment dilaté ou faite dans un milieu non aseptique. |

Nous avons pratiqué un grand nombre d'’injections intrautérines et de dilatations, le p lus souvent pour des métrites ou des périmétro-salpingites chroniques; les douleurs se montraient d’une facon très inconstante chez la même femme; nous avons observé aussi que des culs de sac, jusque là indolores et souples, devenaient douloureux à la 10e ou 15e injection. Les malades nous avouaient parfois avoir eu des rapports, d’autres avaient abandonné leurs injections vaginales quotidiennes: chez d’autres enfin l'injection intra-utérine paraissait seule coupable. D'ailleurs ces exsudats, traités dès leur début, se résorbaient rapidement,

(1) De Tornery, Annales médico-chirurgicales, 1888, (2) Bouchard, Loc. cit. ohs, 44,

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