CONTE
après l'intervention se projetant dans une zone qui correspond à la chondrectomie, douleurs réveillées par les mouvements de flexion et d’extension du tronc et en général, par tout mouvement entraînant la contraction des abdominaux. Nous ne croyons pas que cette douleur était due au chevauchement ou au frottement des deux extrémités cartilagineuses.
La palpation permettait de reconnaître une dépression en regard de la chondrectomie, même en expiration forcée. Cette constatation clnique a été vérifiée par l’examen radiologique. Notons que cette épreuve radiologique pratiquée chez deux de nos opérés plusieurs mois après l'intervention n’a révélé aucune modification de l’extrémité cartilagineuse. L’écart interfragmentaire persistait, il n’existait aucune néo-formation de voisinage cartilagineuse ou osseuse.
Peut-être la douleur était-elle due à la compression ou à la blessure d’un rameau nerveux intercostal. Cette hypothèse est possible sans qu'aucun argument ne puisse la confirmer. Une injection de novocaine à 2 0/0 poussée jusqu’au contact de la côte a fait disparaître la douleur. Quant aux autres troubles fonctionnels, nous retiendrons seulement: un essouflement rapide à l’effort qui s’atténue progressivement dans Is mois qui suivent l’intervention.
Nous n’avons observé aucune modification cardio-
vasculaire ou d’ordre circulatoire. Peut-être, la dimi-
Rep 2} pes
nution d'amplitude des mouvements diaphragmatiques favorise-t-elle la stase pulmonaire. Cette étude sort du
cadre de notre thèse.
Nous avons étudié l’influence que pouvait avoir la chondrectomie sur la statique thoracique, la mécani-
que respiratoire.
On peut encore envisager le rôle de la résection cartilagineuse sur la tonicité des muscles abdominaux. Ils présentent les propriétés générales des muscles extensibles, élastiques, contractibles. Prenant point d’appui sur le thorax et la ceinture pelvienne, ils peuvent agir isolément ou en relation avec le diaphragme et le releveur de l’anus. Leur action se combine à celle du diaphragme pour maintenir fixe et immobile la cage thoracique, à celle du releveur de l’anus au moment de l’évacuation des divers réservoirs contenus dans la cavité abdomino-pelvienne. Agissant de façon isolée, non seulement leurs contractions déterminent les mouvements réciproques du bassin et du thorax, mais la tonicité des muscles abdominaux joue un rôle très important dans la statique du tronc. On sait enfin que la sangle abdominale contribue à maintenir dans leur situation anatomique normale les viscères abdominaux et que le relâchement de cette sangle abdominale est souvent à l’origine des ptoses viscérales. On pourrait donc craindre que l’affaissement de la base du thorax
ne vienne compromettre la tonicité des muscles larges
de l’abdomen en détendant leurs insertions supérieures. Il n’en est rien. La boutonnière pratiquée à l’exirémité supérieure du grand droit pour atteindre le cartilage est faite par dissociation des fibres musculaires. Ces fibres ne sont pas coupées. La chondrectomie ménage la totalité des insertions musculaires du grand droit. Nous avons vu que celles-ci se font par trois languettes charnues, cinquième, sixième et septième cartilages costaux. Or, la résection cartilagineuse porte sur un segment situé en dehors et au-dessous des attaches musculaires et les respecte entièrement. Celles-ci restent solidaires du segment ostéo-cartilagineux sus-jacent à la résection. Notons enfin que l’intervention ménage l’innervation et la vascularisation du grand droit.
Cette technique ne compromet donc pas la tonicité des muscles droits, ce que vérifie les suites opératoires et la bonne qualité des parois obtenues. Elle doit être complétée dans un temps abdominal par le dédoublement longitudinal de la gaine du droit, procédé classique, qui isole deux lambeaux aponévrotiques à char-
nière interne.