‹ Traitement des laryngites tuberculeuses par la StreptomycineChapitre 41 sur 45 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

(Communiquée par le docteur COHEN directeur du Sana des Eludiants)

G... Berthe-Hélène, 26 ans.

Tuberculose bilatérale évoluant depuis la primo-infection survenue en 1945. Pneumothorax double en 1946; section de brides bilatérales.

En avril 1947, douleurs laryngées. À l'examen, infiliration de l’hémi-épiglotte droite, avec ulcération ovalaire. Infiltration du sinus piriforme correspondant. Aryténoïdes et cordes vocales ne semblent pas encore touchées,

Le 7 mai 1947, un nouvel examen laryngé montre une extension grave de type granulique à tout lhémi-larynx droit et aux deux tiers de l’épiglotte. Instillation d'huile scuroformée, donnant une légère amélioration des douleurs et de la dysphagie.

Cependant, étant donné l'atteinte sérieuse et la dysphagie qui entrave l'alimentation, la malade est orientée sur le service du professeur Sédallian, à Lyon, pour un traitement par la streptomycine.

Du 15 mai 1947 au 7 juillet 1947, séjour à l'hôpital de la Croix-Rousse : 69 gr. de streptomycine en tout.

Le résultat sur le larynx est remarquable. Dès fin mai, la dysphagie diminue, ainsi que l'infiltration des deux aryténoïdes.

Au milieu de juin, l'infiltration continue à diminuer, surtout au niveau de l'épiglotte et de l’aryténoïde gauche,

Au début de juillet, la voix est presque normale, l'épiglotte est cicatrisée. Il persiste simplement une infiltration de l’aryténoïde droit, sans ulcération. Les deux cordes vocales sont normales. L'aspect de semoule à disparu.

Par contre, il existe des troubles vertigineux très marqués, empêchant la marche, et persistant même dans la position couchée. Hypoexcitabilité très nette.

La malade revient au sanatorium le 3 juillet 1947. L'état général s'améliore peu à peu, et les vertiges commencent à s’estomper.

En septembre 1947, un examen du docteur PrAGEr révèle une légère infiltration de l’aryténoïde gauche sans ulcération.

En mars 1948, le larynx est lout à fait normal, Il persiste simplement quelques troubles vertigineux encore assez marqués.

OBsERvATION XXI

(Comimuniquée par le docteur ConEx, directeur du Sana des Etudiants)

G-1Jean, 22; ans:

Longue histoire de tuberculose datant de 1940; atteinte totale des deux poumons, avec signes de fibrose, sérieuse mais peu évolutive.

En avril 1941, laryngite avec ulcération de la corde vocale gauche. Amélioration à la suite d’un double pneumothorax.

En 1946, à l'entrée au sanatorium, l’examen du larynx ne montre aucun signe évolutif, mais des cordes vocales à aspect dépoli, et une corde vocale gauche boudinée.

En octobre 1946, accentuation de la laryngite; apparition d’un bourgeon suspect. En décembre, grosse poussée évolutive avee œdème bilatéral des aryténoïdes et large ulcération de l’aryténoïde droit; transfert en plaine.

Le ro juillet 1947, le malade est transféré à Lyon dans le service du professeur Sédallian, pour traitement streptomycinique (1 gr. 5o par jour). Dose totale : 4o gr.

Amélioration en une semaine avec transformation de l’état général. La voix reste toujours sourde, mais beaucoup plus perceptible, La dysphagie disparaît.

Retour au sanatorium le 6 septembre 1947. À l'examen laryngologique, les deux cordes vocales sont encore rouges, granitées, crénelées sur leur bord interne; ulcération à la face interne de l’aryténoïde gauche.

À l’examen du larynx, le 10 décembre (docteur Pracer), on note : grosse amélioration. La cicatrisation de l’ulcération aryténoïdienne est presque totale. Les cordes vocales sont encore dépolies, mais les crénelures ont disparu.

Le malade subit une seconde cure de streptomycine (77 gr.) à fortes doses : maximum, 3 gr. par jour.

Gette cure était motivée par les signes pulmonaires et non par les signes laryngés.

On note, le 5 juillet 1948 : les cordes vocales sont pratiquement normales. Les aryténoïdes sont encore un peu plus volumineux que la normale. Il n'y a qu'un œdème pâle, sans aucune ulcération. La voix est beaucoup perceptible, tout en restant un peu rauque. L'état général est amélioré. Le poids reprend sensiblement.

. À noter que l’action de la streptomycine sur l'état pulmonaire a été nulle,

Ces deux derniers résultats sont excellents : la première malade, notamment, était condamnée à l'inanition sans la streptomycine, et le second aurait certainement succombé aux progrès de la laryngite.

Les troubles occasionnés par la streptomycine ont été très marqués chez la première malade, qui a été longtemps vertigineuse et a souffert de bourdonnements d'oreilles; il est vrai qu'il s'agissait d'une malade en équilibre psychique douteux, avec tendance à la psychasthénie. Elle est actuellement complètement remise de ses troubles.

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