‹ Traitement des lésions traumatiques des nerfsChapitre 16 sur 27 · ES · texte numérisé non relu

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vira d’aiguilles très fines. Evidemment, il faut rejeter les aiguilles de Reverdin. Les aiguilles de couturière sont déjà satisfaisantes, mais il est préférable de se servir des aiguilles spéciales pour sutures vasculaires, encore plus fines et faisant un moindre dégât anatomique. La soie sera employée de préférence au catgut, d’abord parce qu’elle est plus résistante à calibre égal, en second lieu parce qu’elle ne se résorbe pas, et n’expose pas par conséquent à une

séparation ultérieure des deux extrémités nerveuses par

élongation. M:

b) Les deux extrémités de section doivent être affrontées dans leur position normale. — En passant les fils dans le névrilemme on doit avoir soin de prendre de chaque côté les portions du nerf correspondantes avant le traumatisme. On rétablira done ainsi aussi parfaitement que possible la continuité anatomique et physiologique de l’organe, ce qui est très important pour le succès de l’intervention. Dans le cas dé suture immédiate, ceci n’offre en général pas de grandes difficultés. Les fibrilles destinées à un muscle particulier correspondront toujours à ce muscle, si ce détail de technique est suivi. Or, les mauvais résultats des anastomoses de nerfs différents tiennent précisément à ce fait que l’on exige des filets nerveux un rôle physiologique auanel ils ne sont pas destinés. GR

c) Le nerf doit être traumatisé le moins possible. — Tlne faut pas saisir un nerf avec des pinces à mors grossier, ce qui pourrait dissocier la myéline et produire des hémorragies intrafascieulaires. De même que l’on devra employer des aiguilles à suture vasculaire, de même on se servira de pinces très fines, comme les pinces à iridectomie. Et encore devra-t-on avoir soin de ne prendre que la partie superficielle du nerf, c’est-à-dire le périnèvre.

Il sera bon de passer tous les fils des deux côtés sans les serrer ; on commencera par ceux de la face postérieure, puis on mettra ceux de la face antérieure. Quatre fils suffiront en général, à condition qu'ils prennent une hauteur de périnèvre suffisante pour éviter la déchirure.

Vient ensuite le temps de la coaptation. Il faut serrer Jentement et sans secousse les fils, et porter une attention particulière au bon affrontement des deux chefs : les extrémités des cylindraxes doivent être face à face, mais non comprimées.

Abadie a décrit récemment une pince spéciale (voyez Bibliographie) qui permet d’exécuter d’une facon parfaite toutes les manœuvres délicates que nous venons de décrire.

La suture est done terminée, mais l’opération est encore incomplète. Il faut enfouir le nerf coapté, refaire au-dessus de lui un plan anatomique normal. La chose ne sera pas difficile en général. Si les muscles sont trop atteints, on prendra un lambeau aux muscles voisins. Ce qu’il faut évi-

ter, c’est par une restauration incomplète des plans anatomiques de voir le tissu de selérose envahir la région et compromettre les résultats d’une suture correctement exécutée.

Pas d’espaces morts, pas d’hémorragie. Telles sont encore les deux règles générales de technique opératoire qu'ici plus qu'ailleurs, le chirurgien devra respecter. Il semble que les résultats éloignés des sutures nerveuses dépendent en grande partie de la correction avec laquelle elles ont été effectuées.

Article TI. — INTERVENTIONS SECONDAIRES

Nous entendons par interventions secondaires celles que le chirurgien est appelé à pratiquer plusieurs semaines ou

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plusieurs mois après la blessure. Les tissus sont cicatrisés, iln’y a pas d infection; on opère, Autant que possible, c’est dès que l'infection à disparu qu’il faut tenter la suture, Pour ne pas laisser au tissu inodulaire le temps d’aggraver la lésion. ;

Il faut découvrir le nerf lésé par une incision appropriée. On doit chercher le nerf des parties saines aux parties malades. C’est dire que l’incision sera longue, dépassant la lésion en amont et en aval. On s’exposerait, par une découverte insuffisante, à ne rien reconnaître dans le tissu fibreux dense criant sous le scalpel, qui est malheureusement l’apanage de toutes les cicatrices de blessure.

Le nerf, une fois découvert en tissu sain, on le suivra en traversant la région de la blessure et on ne s’arrêtera qu’après avoir de nouveau atteint le nerf en tissu sain, du côté opposé. Ceci fait, on pratiquera une résection large de tout le bloc cicatriciel, on isolera les tendons et les muscles fusionnés dans une gangue fibreuse, afin de pouvoir reconstituer les plans anatomiques aussi parfaitement que possible. L’hémostase sera assurée.

En général, même à ce temps de l'intervention, on ne saura pas encore quelle est exactement la lésion. I1 faudra disséquer le tissu fibreux et faire l'inventaire des dé-

"ats.

se)

Trois cas peuvent se présenter:

1° Il'y a section complète:

2° Il y a section incomplète;

3° Il y a compression simple.

1° Section complète

Dans ce cas, faire sauter d’un coup de ciseaux toute la portion fibreuse intermédiaire aux deux extrémités, en al-

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