LOT
Les méthodes ont été et sont encore nombreuses, comme dans toutes les affections où le résultat est inconstant. Nous exposerons plus loin les différents procédés mis en œuvre pour obtenir la régénération du tronc nerveux: suture directe, suture à distance, suture engainée par du caoutchouc ou des tissus vivants, greffes enfin. Chacun a ses indications, mais aussi ses inconvénients.
Notre but n’est pas d’envisager les symptômes des lésions des nerfs périphériques, cela regarde le neurologiste. Il doit être toujours consulté par le chirurgien avant toute intervention, c’est lui qui, somme toute, est seul juge, le chirurgien n'étant, dans le cas présent, qu’un opérateur.
Sans sortir de notre sujet, nous pouvons bien dire cependant que l’examen clinique le plus minutieux fait par un médecin compétent ne permettra pas toujours d’affirmer l’état exact des lésions. Ces lésions détermineront un tableau symptomatique complexe, suivant la part prépondérante qu’y prendront les phénomènes d’irritation ou de compression, Il faudra aussi tenir compte de l’élément inorganique surajouté. Cela importe peu d’ailleurs, puisque toute lésion nerveuse traumatique ne peut être utilement traitée que par l’intervention. Une fois le nerf découvert, Ja lésion sera visible et palpable, et le traitement variera. Mais pour les nerfs comme pour les vaisseaux, le temps important est la découverte large de l’organe, assez facile en général. |
Et lorsque l'intervention aura été effectuée avec le maximum de perfection technique, quels en seront les résultats ? TI faut bien l’avouer, ils ne sont guère favorables. Sans doute, on obtient des récupérations complètes quelquefois, partielles bien souvent. Mais un grand nombre de blessés des nerfs restent des infirmes qui souffriront toute leur vie.
Toutes les questions relatives à la suture nerveuse, au
nr > NX =
point de vue théorique, seront laissées de côté; nous vourlions parler de la dégénérescence wallérienne, de la régénération du bout périphérique, ete.; c’est là de l’histologie et de l’anatomie pathologique pure. Le côté chirurgical à lui seul est assez important pour être étudié séparément.
Mais à combien de médecins doit être confié un blessé des nerfs! Une fois la première intervention pratiquée, lorsque la plaie sera cicatrisée, un neurologiste donnera son avis, complété par celui de l’électrothérapeute qui explorera le ou les nerfs lésés. Puis le blessé repassera entre les mains du neurologiste. Si la guérison ne survient pas, des interventions palliatives, des corrections d’attitude vicieuse seront encore le plus souvent nécessaires, de même qu’un appareil prothétique. On voit qu’une lésion nerveuse entraîne après elle des soins multiples, s'étendant sur plusieurs années.
Avec les trépanés et les fistuleux osseux, les blessés des nerfs constitueront donc un reliquat qui alimentera longtemps les hôpitaux et exercera la sagacité des commissions chargées d’évaluer le taux d'incapacité. Cette question est si importante, que le Gouvernement du Mikado a envoyé, dès le début de la guerre, une mission chargée d’étudier spécialement les procédés thérapeutiques employés contre les lésions nerveuses. Plus de dix ans après la campagne russo-japonaise, les blessés atteints de séquelles nerveuses étaient les plus nombreux de ceux qui nécessitaient encore des soins dans les formations sanitaires du Japon.