‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 10 sur 91 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER

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Toutes les tumeurs se réduisent à un certain nombre de tissus morbifiques à structures diverses qui présentent toujours les mêmes caractères, quelle que soit la partie du corps où elles se développent. Ces tissus

sont, tantôt isolés, le plus souvent réunis deux à deux, trois à trois , quatre à quatre dans la même tumeur. En les étudiant dans leurs divers degrés de développement , on est parvenu a les discerner dans tous les lieux où ils se trouvent, alors même qu’ils sont intimement unis, mêlés et comme fondus ensemble. Il ne m’appartient pas d’entrer dans aucuns détails d’anatomie pathaiogique qui seraient superflus pour mes lecteurs médecins / abstraits et inutiles pour les gens du monde ; qu’il me suffise de faire observer que parmi tous les tissus, dits accidentels, il en est deux qui appartiennent spécialement au cancer. Le squirrhe et la matière encéplialoïde se trouvent toujours l’un et l’autre , et souvent tous les deux , dans une tumeur cancéreuse donnée. Ces tissus envahissent les parenchymes propres de l’organe dans lequel ils se mani-

festent, ils se mêlent et se confondent avec lui, ils s’y infiltrent en quelque sorte, et le compriment de toutes parts. Un moment survient où, pour trouver quelques traces de l’organe effacé, on est obligé de faire macérer la tumeur enlevée à maintes reprises, et l’on n’obtient autre chose qu’une espèce de réseau plus ou moins serré, reste totalement défiguré de l’organe envahi.

Le squirrhe est une substance qui présente , le plus ordinairement, l’aspect et la consistance delà couenne du lard, quelquefois il prend l’apparence d’une sorte de cartilage. Dans l’état de ramollissement, le squirrhe acquiert peu à peu la mollesse d’une gelée, dont la transparence est quelquefois troublée par une teinte grisâtre ou par un peu de sang. On a également vu

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

des tumeurs cancéreuses contenir, dans des cavités assez étendues, des niasses de sang coagulé dans lesquelles la fibrine, plus ou moins décolorée, était privé de sérum. Ces phénomènes , que l’on observe également dans le cerveau de certains apoplectiques , supposent nécessairement que l’absorption s’opère dans l’une et l’autre circonstance. Notons bien ce fait , car il est de la plus haute importance pour la thérapeutique .

Le tissu cérébriforme, dans son état de crudité, surtout lorsqu’il forme une tumeur isolée , ressemble au tissu squirrheux dans sa première période de ramollissement; mais, si on l’incise en deux parties, on s’aperçoit que les deux surfaces de la section , au lieu de rester planes , comme dans le tissu squirrheux , elles se seuièvent, prennent une forme légèrement convexe et présentent un plus ou moins grand nombre de mamelons du volume d’un pois; leurs intersections sont déprimées, cachet particulier et caractéristique.

Le matière encéplialoïde, à l’état de ramollissement, a une consistance et un aspect analogues à celui du cerveau , un peu mou et laisse suinter, quand on l’incise, quelques gouttelettes de sang.

Lorsque le ramollissement est porté à son dernier degré, cette matière forme une espèce de bouillie blanchâtre avec une légère teinte rosée. Le tissu encéplialoïde est très sujet aux hémorrhagies.

Ces tumeurs noires, solides et compactes, auxquelles Àlihert a donné le nom de mélanoses, 11e sont qu’une variété du tissu encéphaloïde; je les ai vues, sous l’influence de mes traitements, prendre tous les caractères du vrai type cancéreux.

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