‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 16 sur 91 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

TRAITEMENT DE LA CHLOROSE ET Dli RACHITISME.

Pour tous les médecins le fer est la panacée de la chl orose. Je ne contesterai pas un fait que rexpérience de tous les jours consacre et que la raison impose. Chez le chlorotique en effet le sang décoloré manque de fer ; il est par conséquent rationnel de chercher à rendre à ce fluide le principe dont il n’est pas suffisamment pourvu. Un dogme positif en thérapeutique c’est qu’un agent médicinal est d’autant plus puissant qu’il est plus soluble. D’après ce dogme, je réclamerai pour quelques sources de la vallée de Celles (1) une certaine faveur, que les malades au reste ne leur refusent pas. Chez le chlorotique, l’absence du fer dans le sang n’est cependant pas à elle seule la cause de toutes les souffrances et de toutes les douleurs de cette classe d’in-

firmes. Le sang, tous les praticiens en conviennent encore, est souvent dans une sorte de turgescence polyémique qui lui donne trop d’épaississement et une semi-consistance. Cet état d’épaississement du sang est le propre des tempéraments robustes prédisposés par leur âge et autres circonstances si connues aux

(i) Je recommande au lecteur de bien méditer sur l’analyse de M. Baudrimont. Pour ma quote-part je ne crains pas d’exalter les propriétés thérapeutiques de cette eau ( voir après les analyses des eaux de Celles ) .

lésions cérébro-spinales. Les saignées plus ou moins copieuses sont tout à la fois préservatrices et curatives des maux engendrés par la polyémie sanguine; l’arsenic complète ensuite une médication que les évacuations sanguines et tout l’appareil de la méthode révulsive ne terminent pas toujours (1).

La décoloration du sang n’est pas une raison suffisante pour ne pas admettre la co-semi-coagulation fibrineuse de ce liquide ; ces deux états peuvent quelquefois se coassocier chez le chlorotique, lors surtout qu’il existe des embarras manifestes dans les mouvements du cœur. L’administration simultanée du fer et de l’arsenic est alors fort utile, ainsi que l’établissent les deux exemples d’Emilie Gaillard et d’Eugène Ribania.

Il n’est pas de mon sujet de m’occuper aujourd’hui des lésions du système circulatoire ni de celles de l’appareil électrisa teur de l’organisme ; je termine par conséquent tout ce que je pourrais dire sur la chlorose, en faisant observer qu’elle peut se rencon^ trer avec la scrofule sur un même sujet. L’améliora-

(1) Frappé d’hémiplégie le 2 mars 18ô4 , après avoir reçu sur place les secours de mon honorable ami le docteur Garnier, je fus porté à mon domicile sur une civière ; tous les habitants de Lavoulte suivaient mon convoi comme en un jour de funérailles. D’énormes saignées pratiquées tour à tour et rapidement par la lancette ou les sangsues amendèrent mon état, mais l’impotence des extrémités inférieures subsista et longtemps je craignis de n’avoir plus à remplir dans ce monde qu’un rôle d’hamadryade. Guéri dans les suites et parfaitement guéri par l’administration interne de l’arsenic , j’ai accordé à ce métal une grande confiance à titre d’adjuvant des émissions sanguines dans tous les cas ou elles sont largement indiquées.

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

tion produite dans ces cas par l’emploi du fer sur le premier état maladif a pu faire croire à Futilité de ce métal contre la scrofule elle-même; on délaisse bien vite une pareille pensée quand on réfléchit que les cas de scrofules présumées guéries par le fer sont rares et exceptionnels d’une part; de l’autre, nous Favons observé, la scrofule réside essentiellement dans le système lymphatique, or la lymphe étant une humeur essentiellement alcaline, elle est incompatible avec le fer qu’elle précipite; ne pouvant se mixtionner avec lui, elle ne saurait donc être modifiée par cet agent dont la valeur thérapeutique s’adresse uniquement à la chlorose (1).

Le rachitisme coexiste souvent soit avec la chlorose, soit avec la scrofule ; il a cependant une sorte d’indépendance qui lui est propre et qui consiste dans une diminution du phosphate calcaire dans le système osseux. Je ne m’arrêterai pas sur la valeur de tous les procédés orthopédiques ainsi que sur celle de tous les agents mis en œuvre pour s’opposer aux incurvations du rachitisme, mais je rappellerai ici une observation consignée dans mon premier mémoire sur les eaux de Celles. Les eaux alcalines (sodo-potassiques) de ma source artésienne ont une grande valeur dans la médication du rachitisme ; de nombreuses observations ont confirmé en d 837 ce que j’avançais à cette époque. Un établissement orthopédique serait

(1) Dans l’analyse faite par M. Baudrimond on voit cependant le fer et la potasse en présence : cette anomalie n’infirme point mon opinion au point de vue clinique.

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