DE LA MÉDICATION DE LA PHTHISIE PULMONAIRE A CELLES
Je ne puis traiter si longtemps des affections tuberculeuses et squirrheuses , sans dire quelques mots sur la médication de la phthisie pulmonaire d’après les procédés qui sont usités à Celles.
La persistance que les malades mettent à venir humer le gaz acide carbonique que dégage la fontaine artésienne , m’impose l’obligation de m’expliquer sur l’iufluence de ce gaz dans les médications de la phthisie pulmonaire. Je ne prétends pas que le gaz acide carbonique soit , à lui seul , un agent curatif de la phthisie , mais c’est un puissant auxiliaire que tous les phthisiques aspirent avec bonheur, alors surtout que l’expectoration est plus abondante et plus humide. Je n’ignore pas que les essais faits à Paris, avec le gaz acide carbonique factice , n’ont pas été couronnés de succès ; mais le gaz, produit de nos laboratoires, est-il tout à fait identique avec celui de Celles (1). Bien des raisons , et mes propres dégustations , me portent à penser qu’en dépit de l’analyse chimique, il existe une
(1) M. Balard ne put trouver un seul atome d’hydrogène sulfuré dans le gaz du puits artésien, et cependant les bouchons de nos eaux gazeuses elles-mêmes noircissent à la longue , tandis que ceux des eaux gazeuses du commerce restent toujours rouges.
différence entre le gaz acide carbonique factice et celui des fontaines de Celles; or, il faut bien peu de chose pour modifier la valeur d’un médicament donné; aussi , malgré tous les anathèmes lancés en haut lieu contre l’acide carbonique (1), je n’en persiste pas moins à dire que le gaz acide carbonique des sources de Celles est et sera toujours un adjuvant précieux pour la médication de la phthisie pulmonaire.
Le gaz acide carbonique, quel qu’il soit, ne peut assurément faire résoudre des tubercules bien établis, mais les agents qui sont propres à combattre les affections scrofuleuses peuvent lui être associés. L’usage de l’huile de morue, si prodigué dans ces occasions , donne nécessairement gain de cause aux médications que je présente comme devant être les heureuses rivales du liquide si prôné de nos jours.
Je possède bien des laits qui inspireraient de la confiance à cet égard à mes confrères et aux malades, mais je ne veux pas m’occuper de la phthisie pulmonaire. Etablissons mes principes de médecine externe d’une manière irréfragable, et le tour de la médecine interne viendra. Le poumon, espèce de dentelle organique bien légère, ne peut assurément, d’après ses fonctions et son mode de texture, présenter à l’anatomo-pathologiste des altérations aussi volumineuses que celles des masses charnues du squelette, mais cela n’empêche pas, aucun médecin ne le conteste, que le tubercule pulmonaire ne soit identique avec le tuber-
(1) M. Goin a présenté un mémoire à T Académie de médecine pour préconiser le gaz des sources de Saint- Alban , près Roanne,
cule scrofuleux. Le même médicament par conséquent doit convenir dans l’une comme dans l’autre occurrence, en ayant le soin de le rendre plus ou moins énergique et convenablement approprié au mode de sensibilité de l’organe affecté. Ne pouvant m’engager aujourd’hui dans le labyrinthe des maladies du thorax, je dois aborder l’exposition de quelques faits de pathologie externe sur lesquels reposent toutes les assertions que j’émets; mais, auparavant , traçons quelques conseils qui seront utiles aux malades.