CHLOROSE, PALPITATIONS
Louis Ribania de Semença, commune deSaint-Laurent-du-Pape, âgé de quatorze ans en avril 1852, d’un squelette élancé, d’une constitution profondément altérée, autrefois assez heureuse, eut à l’âge de neuf ans la fièvre typhoïde ; à la suite de cette fièvre Louis avait conservé une douleur fixe dans la région précordiale;
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
cette douleur sans provoquer de vives souffrances gênait beaucoup le petit malade lorsqu’il voulait se livrer aux plus faibles exercices, même seulement écrire; cette douleur s’aggrava progressivement, une petite toux survint vers l’âge de douze ans ; cette toux s’accrut à la longue et devint très pénible et suffocante, sans jamais provoquer l’expectoration. Dans les suites les battements du cœur devinrent tumultueux , la progression très difficile et les douleurs précordiales si pénibles qu’elles arrachaient parfois des cris involontaires. Des applications de sangsues sur la région du cœur et l’usage de la digitale à l’intérieur soulagèrent l’enfant , elles firent même cesser momentanément la toux.
État du malade ( lors de son arrivée à Celles) , le 18 avril 1852 : Corps profondément amaigri , faciès blême et presque livide , anorexie, amaigrissement et flaccidité de tout !e système musculaire, l’enfant ne marche qu’avec beaucoup de peine et une sorte d’abattement ; palpitations fréquentes et tumultueuses du cœur perçues par le jeune malade, toutes les fois qu’il prend Je plus léger exercice, les coups de cet organe frappent alors les côtes et les soulèvent. Sommeil souvent interrompu par les larges et impétueux battements du cœur.
Prescriptions : Pilules et frictions sous la plante des pieds avec une préparation stanno arsenicale , boisson des eaux ferrugineuses de la source dite des Roches-Bleues et de celle de la fontaine des Yeux. Un mois de traitement fit beaucoup de bien , l’enfant marchait plus facilement, le sommeil était plus calme et l’appétit meilleur.
Trois mois de ces médications continuées au domicile
de l’enfant le guérirent; les palpitations étaient presque nulles, le teint excellent, l’appétit et le sommeil parfaits; enfin Louis Ribania put monter sur les arbres et cueillir les feuilles de mûrier durant l’arrièresaison.
Mes prescriptions arsenicales eussent pu surprendre, il y a peu de temps encore, mais aujourd’hui que l’on sait que les eaux de Vichy, ainsi que toutes celles qui sont le plus renommées contre la chlorose, contiennent de l’arsenic, on ne sera plus étonné du rôle que je fais jouer à ce médicament. Passons, au reste, aux guérisons des maladies de la lymphe, qui font le sujet de cet écrit.