SCROFULES TRÈS GRAVES
Mademoiselle Catherine Fauvet, de Bessin, canton de Pellucin (Loire) , âgée de vingt-trois ans , lors de son arrivée à Celles, le 3 juin 1 851 , d’une taille élevée, ayant un squelette fortement charpenté, et présentant cependant l’aspect d’un tempérament éminemment lymphatique, eut la fièvre typhoïde en 1846. Cette fièvre fit développer d’énormes glandes autour de la mâchoire inférieure , selon le trajet des veines jugulaires, sur le devant de la poitrine, dans le creux des aisselles et principalement du coté droit. Plusieurs de ces glandes entrèrent en suppuration sans perdre de leur volume ; enfin, cette fièvre typhoïde détermina l'impotence des extrémités inférieures à un tel point, que la malade ne pouvait faire quelques pas sans être soutenue; les extrémités supérieures elles-mêmes ne furent pas totalement préservées de cette semi-paralysie, car cette pauvre fille ne se servait de ses mains que pour des usages très bornés. Trois mois de séjour à Celles en 1847, des bains prolongés et un traitement stanno-cuivrique , modifièrent heureusement toutes les infirmités de Mademoiselle Fauvet et lui rendirent l’usage de ses membres ; ces améliorations se maintinrent jusqu’en 1851 , époque où cette jeune personne revint à Celles pour me demander la guérison complète de ses glandes dont la dureté approchait de celle des vrais squirrhes.
État de la malade : Le faciès est repoussant ; gonfle-
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
ment et gerçures des ailes du nez; auprès de la parotide droite il existe un paquet de glandes semi-squirrheuses, offrant, par leur ensemble , le volume d’un gros œuf de dinde un peu allongé ; sous le menton et selon le trajet des veines jugulaires , on voit un grand nombre de glandes aussi dures que du bois , les unes allongées , les autres arrondies st sans aspérités; dans les aisselles on trouve également beaucoup de glandes analogues, celles de l’aisselle droite plus volumineuses forment par leur ensemble un gros paquet qui se porte au devant du bras jusque sous la clavicule; aménorrhée.
Prescriptions : Bains artésiens , boisson de l'eau de la source Artésienne , médications tour à tour stanno ouarsénico cuivriques.
Trois mois et demi de traitement produisirent une grande amélioration sous tous les rapports sans avoir cependant guéri cette grave maladie.
Retour le 11 juillet 1852. L’appétit a été excellent pendant toute l’année; menstruation abondante et régulière, plus de fluxions oculaires ou nazales, faciès bon, corps bien développé, chairs fermes et dures; il ne reste plus qu’un certain nombre de ganglions durs et roulants sous les doigts disséminés ça et là sous le maxillaire inférienr, selon le trajet des veines jugu laires et dans le creux de l’aisselle droite.
Pr escriptions : Les mêmes que Van dernier.
Trois mois de traitement terminèrent cette guérison, il ne restait plus, lors dn départ de la malade , que quelques rares et petits ganglions; du reste la santé était parfaite et les forces musculaires énergiques,
J’ai reçu récemment (avril \ 853), d’excellentes nouvelles sur le compte de cette malade.
DUMON (Pierre) 1853.
SCROFULES
Dumon Pierre, de la plaine de Livron (Drôme), âge de vingt-six ans lors de son arrivée à Celles en juin i855, d’un tempérament lymphatique, d’une constitution robuste en apparence; issu d’une famille entachée probablement de scrofules puisque j’ai donné des soins à trois de ses cousins ; ayant habité durant tout le cours de son enfance une maison fréquemment envahie parles eaux du Rhône ou de la Drôme; soldat en Afrique pendant trois ans et demi, y fit deux campagnes de six mois chacune. Dumon avait joui d’une santé parfaite pendant son séjour en Algérie, mais peu de temps après son retour en France (mars 1851), il contracta des engorgements volumineux des glandes cervicales et sous-mentales; il entra à l’hôpital de Perpignan. Ces glandes furent traitées par l’administration à l’intérieur de l’huile de foie de morue; à l’extérieur on fit de nombreuses applications de sangsues , on prescrivit de fréquentes frictions avec une pommade liydriodatée, enfin on extirpa plusieurs de ces tumeurs que l’on vit repulluler malgré tous les soins que l’on ne cessa de donner à ce malade.
Après quatre mois de séjour dans l’hospice de Perpignan, Dumon fut évacué sur celui de Montpellier. Les boissons sudorifiques, notamment celle de la salse-
pareille , combinées avec l’administration des préparations aurifiques ne produisirent que peu ou point d’effet, et six mois après son entrée à l’Hôtel* Dieu Saint-Eloi , le malade fut dirigé sur l’hôpital de Cette où il séjourna quatre mois.
Les bains de mer produisirent quelque bien, cependant le médecin de l’hospice proposa l’extirpation des glandes squirrheuses du cou parce qu’elles ne lui paraissaient pas susceptibles de résolution; Dumon s’étant réfusé à cette ablation obtint son congé de réforme ; il se retira auprès de ses parents et ne fit plus de remèdes jusqu’à son arrivée à Celles, le 27 juin 4 855.
État du malade : Visage bouffi ; cette bouffissure est produite par des glandes situées dans l’intérieur des joues, principalement vers les oreilles ; teinte livide et comme violacée de la face vers les parotides, et sous les angles des mâchoires il existe des glandes squirrheuses d’une dureté remarquable; l’une de celles qui sont situées sous le menton est ulcérée et donne de l’ichor. Tout le long du cou, des deux côtés, principalement au-dessus des clavicules, on voit de larges cicatrices rayonnantes en tous sens, adhérentes, violacées et hideuses; du reste le corps est assez bien nourri et la santé assez ferme.
Prescriptions : Bains artésiens , boisson de Veau de la source Artésienne ; médications cuivriques ; lotions sur les tumeurs avec nos eaux factices .
Après un mois de traitement le faciès avait repris son expression normale; les cicatrices presque aplaties reprenaient un aspect convenable , elles n’offraient plus de rayonnements fibreux ; toutes les glandes mo-
biles et isolées les unes des autres, avaient perdu une grande partie de leur volume.
Second mois de traitement ; plus de glandes ; cicatrices blanches, santé parfaite, guérison.
Dumon est venu à Celles pour me voir sur la fin de décembre, il était bien , très bien. J’ai eu plusieurs fois de ses nouvelles, elles sont bonnes et très bonnes.
Les fluxions et les engorgements scrofuleux peuvent affecter tous les organes sans changer de caractère et sans nécessiter des modifications importantes dans le traitement; cette assertion va être démontrée par les trois observations suivantes.
MADAME FRAISSE ( 1852 et 1853).