‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 4 sur 91 · TRAITEMENT DES MALADIFS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES MALADIFS

Parmi nos machines organiques les unes sécrètent le fluide électro-nerveux que d’autres perçoivent, cumulent et distribuent ensuite ca et là en formant sur divers points une sorte d’atmosphère , un véritable bain électro-magnétique qui met en jeu les fonctions dévolues aux vases de l’organisme. Les mêmes appareils cumulateurs envoient également des courants continus, non seulement aux organes de nos sens, mais encore, dans certaines limites, à ceux de nos viscères qui ne sont que de simples agents de végétation. Le merveilleux enchaînement du jeu de nos organes produit une somme indéfinie d’actions et réactions, d’impulsions et répulsions qui varient entre des limites considérables sous l’influence des modificateurs divers avec lesquels l’être se trouve en rapport. Ces motitions, celles qui président aux fonctions végétatives par exemple, ont lieu d’une manière occulte, à notre insu en quelque sorte; d’autres, au contraire, s’opèrent sous l’influence directe de cette volonté qui est le caractère distinctif et le plus éminent de l’homme.

De tous les organes producteurs, secréteurs si l’on veut, de l’électro-caloricité animale, l’appareil thyropulmonaire est celui dont la construction anatomique offre l’analogie la plus grande avec la pile de Volta ; ces éléments , les uns cartilagineux , les autres charnus qu’unit et que lubréfie constamment une 'membrane muqueuse, ne présentent-ils pas à l’œil une certaine similitude avec la pile galvanique? Il est plus, les poumons peuvent être lacérés, déchirés sans que le malade éprouve aucune douleur, leurs deux substances constitutives présentent la mênie insensibilité que celle des

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deux métaux dont se composent les piles galvaniques ; l’analogie des fonctions de ces deux batteries complète leur identité; ainsi les poumons décomposent l’air avec la même précision que les piles électriques opèrent la séparation des deux principes de l’eau.

Lors de la décomposition de l’eau par la pile voltaïque, l’oxvgène se porte vers le pôle positif , une belle flamme jaune dénote sa présence; l’hydrogène se dirige vers le pôle négatif ainsi que le décèle cette flamme bleue qui est caractéristique delà combustion de ce gaz. Les poumons désagrègent à leur tour les deux éléments constitutifs de l’air par un procédé identique; l’oxygène se porte jusque dans les derniers lobules du tissu pulmonaire, s’y mêle avec le sang veineux auquel il rend sa couleur rouge et sa rutilance ; ramené dans le cœur, de là lancé par cet organe, il est conduit par les canaux artériels dans tout l’organisme et principalement vers le cerveau, viscère si riche et si puissant chez l’homme qu’il contient à lui seul Je tiers du sang de toute l’économie. L’azote au contraire se dirige vers l’organe thyroïdien , où il est presque en totalité éliminé par la bouche. Cet azote, regardé par l’universalité des physiologistes comme un agent simplement excrémentitiel, 11e coopérerait-il pas cependant a quelque acte important de la nutrition et de la vie? L’histoire du crétinisme, à elle seule, me ferait résoudre par l’affirmative ce théorème alors même que des considérations d’un autre ordre 11e me donneraient pas sa démonstration complète. Tous les liquides sont d’excellents conducteurs de l’electro-calorique ; Je sang revivifié est donc sursaturé de l’électro-magnétique,

que cumule la grande bouteille organique; l’encéphale distribue ensuite ce fluide éminemment vital dans toute l’économie; des replis nombreux, des fils conducteurs de l’électro-nervisme forment ça et là des corps d’une apparence glanduleuse qui , semblables aux bobines d’OErsted, engendrent dans les rayons de leurs sphères d’activité des émanations continues du fluide nerveux et produisent ainsi de véritables bains électro-magnétiques, qui entretiennent et fomentent les fonctions de certains organes dépourvus d’appareils éieetrophores. Le grand sympathique, ou l’ensemble de ces gang] ions qui sont répandus sur le devant de la colonne vertébrale et le plexus solaire qui est formé par la réunion de ces gros et nombreux ganglions qui couvrent et enserrent l’estomac , ont une puissance active dans la production des phénomènes dévolus aux viscères voisins et principalement dans ceux du tube digestif; mais le jeu mystérieux et occulte de ces espèces decorps glanduleux n’est-il pas lui-même sous la dépendance de la bouteille encéphalique? Le mode de construction anatomique de tous le système électronerveux et son analogie frappante avec celui de nos modernes machines électriques,, nous portent à conclure que le jeu de l’appareil organo-électro-magnétique est à peu près similaire à celui dont le génie de l’homme a dérobé le secret à la nature. Le cerveau , véritable bouteille de Leyde, n’a-t-il pas des fonctions congénères à celles de la grosse bobine d’OErsted qui régularise et domine toutes les autres? Nos fonctions végétatives sont conséquemment, d’une manière plus ou moins directe, sous la dépendance immédiate de l’immense

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viscère cérébro-rachidien qui vivifie tous nos tissus et joue dans l’économie un rôle analogue à celui d’une espèce de soleil.

L’importance du cerveau, je dirai presque son omnipotence chez les cires d’un ordre supérieur , dans la production des phénomènes de conservation et de végétation de l’organisme, se démontre par une foule de faits incontestables. Parmi l’ensemble des preuves que l’on pourrait énumérer en favenr de cette assertion, je me bornerai à remémorer que la section de ces nerfs pneumo-gastriques , qui partant de la base du cerveau se dirigent vers l’estomac et le plexus solaire, produit une cessation immédiate de toutes relations entre ces deux viscères; sur-le-champ on voit cesser l’acte de la digestion, les aliments reçus par l’estomac y séjournent et s’y comportent à l’instar de ceux qui sont introduits dans un vase inerte. En rétablissant le courant électrique par le rapprochement des deux extrémités coupées du nerf pneumogastrique avec les deux pôles d’une pile galvanique, aussitôt la digestion recommence et les aliments subissent le mouvement de chimification. Cet acte dure et se soutient aussi longtemps que le nerf pneumo-gastrique est en rapport avec les pôles de la pile, pour cesser et se reproduire tour à tour au fur et à mesure que Ton rapproche ou que î’on éloigne les deux cordons nerveux de l’instrument de Yolta.

D’après ce simple conspectus n’est-il pas évident qu’au milieu de tous ces jeux organiques, la puissance de nos viscères, celle de l’estomac, par exemple, est en raison du bain électrique dans lequel ils se trouvent

plonges; mais craignons de pénétrer dans des régions qui nous entraîneraient au deLà du but de cet opuscule, et bâtons -nous de redire que le jeu de nos organes électro- magnétiques est en rapport direct de la combinaison thermo-eudio -barométrique du milieu dans lequel nous sommes plongés. Oui, chacun l’éprouve, l’influence de l’atmosphère sur notre constitution est d’une immense portée qui réagit même sur nos sensations les plus intimes; mais la triple influence des pondérateurs dont nous venons de faire mention n’est pas à beaucoup près suffisante pour nous expliquer les mystères de la douleur et de la mort; il est, pour parler le langage du vieillard de Cos , quelque chose de divin dans les maladies , quelque chose qui échappe même encore à toutes nos données scientifiques.

Comment, en effet, rendre un compte satisfaisant de ces constitutions médicales qui régnent successivement durant un laps de temps et semblent défier la sagacité de tous les hommes de l’art, qui se voient forcés de recourir tour à tour à des évacuations diverses, aux émissions sanguines ou à d’autres procédés pharmacologiques qu’ils délaissent dans les suites après les avoir adoptés dans des temps antérieurs avec un véritable enthousiasme !

Les sciences physico-chimiques ne pourront-elles donc jamais venir en aide au médecin clinique d’une manière plus rigoureuse et plus précise qu’autrefois? Scheele, Priestley, Lavoisier, Guyton de Morveau et tous les chimistes de la fin du dix-huitième siècle ne virent dans la composition de Pair atmosphérique

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qu’un mélange d’azote et d’oxygène, mais un peu plus tard on y découvrit une certaine proportion d’acide carbonique; de nos jours M. le professeur Chaptal, de Strasbourg, y décèle la présence de l’iode ; plus récemment encore nos chimistes ont démontré que l’oxygène de l’air peut subir l’influence de l’électricité de deux manières différentes, et de là cet état ozonique qui rend nos corps prédisposés à l’influence du choléra. Les combinaisons atmosphériques ne sont donc pas, ainsi que l’avaient fort bien compris les médecins de tous les âges, aussi simples qu’on l’affirmait naguère ; les progrès récents des sciences physicochimiques nous donnent le droit d’en espérer de nouveaux, qui nous expliqueront un grand nombre de phénomènes morbides, tels que ceux de la fièvre paludéenne, de la fièvre jaune, delà peste, du typhus et autres affections cruelles qui moissonnent l’homme; mais abandonnons toutes les investigations relatives aux maladies aiguës pour nous retrancher dans l’étude des lésions chroniques les plus inhérentes à la constitution de l’homme; de celles-là surtout qui pervertissent et détruisent souvent les substances parenchymateuses de nos organes.

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