‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 5 sur 91 · CHLOROSE, RACHITISME , CRÉTINISME · texte numérisé non relu

CHLOROSE, RACHITISME , CRÉTINISME

Plongés dans le système celluleux , nos viscères y puisent leurs principes nutritifs , leur végétation est luxuriante si le système cellulo-lymphatico-sanguin est dans des conditions convenables.

Chaque organe polarise ensuite (1) les principes qui lui conviennent, acquiert ainsi une texture, une manière d’être qui lui est propre , de là des diversités parenchymateuses qui sont inexplicables; la science ne

(1) L’expérience * dite de Copernic , est propre à nous donner une idée assez juste des influences électro-magnétiques que nos organes reçoivent du grand appareil cérébro-spinal. Si l’on se remémore maintenant ( j'ai déjà cité ce fait dans mon premier Mémoire ) qu’après avoir écrit d’abord sur un plateau de résine , avec une bouteille de Levde chargée positivement , ensuite avec la même bouteille chargée négativement, l’on ne découvre aucunes empreintes, ces écritures n’ont pas de corps, elles sont spiritualisées en quelque sorte. En mêlant alors parties égales de fleurs de soufre et de minium que l’on introduit dans un soufflet pour les projeter sur le plateau ; en agitant les panneaux , ou voit ces deux poussières sautiller, s’animer, se grouper enfin avec une admirable harmonie sur les deux écritures qui se reproduisent l’une en rouge et l’autre en jaune. Ce fait nous décèle, ou du moins nous donne un aperçu du modus agendi de nos organes polarisant chacun à sa manière, en raison de l’influence électro-magnétique à laquelle il est soumis, les substances qu’il appète. D’après ce même fait, on comprend que, dans l’intérêt de la nutrition (je le dis par anticipation) , le bol alimentaire doit être varié.

nous a donc pas dit son dernier mot sur la composition de nos tissus. Pour que les produits organiques soient dans un état de confection parfaite, il importe que l’être ne cesse jamais de se trouver en rapport avec des milieux ambiants et des modificateurs d’une condition normale. Si, au contraire, ces milieux et ces modificateurs ne sont plus appropriés au mode de sensibilité végétative de l’être, les tissus, les parenchymes et, par suite, tous les organes abreuvés de sucs inertes, deviennent flasques et mous , d’autres fois , ils s’amaigrissent et sèchent ; ainsi le végétal le plus brillant, qui cesse d’être en rapport avec une somme voulue de rayons solaires, blanchit, flétrit et s’étiole ; ce fait qui est de la plus grande authenticité pour les végétaux , l’est également pour les êtres les plus complexes et pour l’homme lui-même. Nous sommes donc également sujets à des états anémiques divers, dont les formes trompeuses déjouent souvent la sagacité du médecin praticien. Parfois, même, ces divers états ana-électriques se compliquent entre eux et jettent de la perturbation dans les esprits les plus clairvoyants. La chlorose , par exemple, se caractérise par la flaccidité des tissus , la langueur des mouvements musculaires, la décoloration du sang , l’abondance des secrétions muqueuses , les anxiétés précordiales, les battements du cœur , les bizarreries du caractère entremêlées avec une sorte d’inertie de tous les actes de la vie , l’œdématie des extrémités inférieures , la bouffissure de la face, la pâleur delà peau, la décomposition de la physionomie et autres symptômes analogues, qui peuvent donner au médecin les plus grandes appréhensions. Ce svs-

TRAITEMEM' DES MALADIES

tème cellulaire, si flasque, si lâclie en apparence, résiste cependant à la formation de la matière tuberculeuse.

Le sang, en se dépouillant de ses principes ferreux, peut avoir un excès d’alcalinité qui , dans quelques circonstances , réagit sur le phosphate calcaire et le décompose en partie. Les os ne pouvant alors acquérir leur consistance normale , se contournent ou du moins prennent des conditions vicieuses , et le sujet devient rachitique , état pathologique qui n’implique pas nécessairement sa coexistence avec les scrofules, niais qui se combine souvent avec elles.

Si la chlorose et le rachitisme peuvent être expliqués par la flaccidité et l’étiolement des tissus, ces mêmes causes ne sont plus suffisantes pour nous rendre compte du goitre et du crétinisme. La chlorose, ainsi que le rachitisme, existe en effet dans tous les climats et sous toutes les latitudes; mais le goitre et le crétinisme sont le partage presque exclusif de ceux qui habitent le versant nord des plus hautes montagnes du globe. Ces montagnes , couvertes de neiges éternelles sur leurs cimes, d’épaisses forêts sur leurs milieux et vers leurs bases, juxta-posées , massées en quelque sorte les unes auprès des autres, maintiennent dans leurs vallées un air humide , lourd et dépourvu de tout principe iodique. Il est d’ailleurs incontestable, qu’une riche végétation, dans un climat froid et humide , est une cause puissante de la dégénération de l’espèce humaine. Le professeur Fodéré citait, à l’appui de cette assertion, qu’à Saint-Jean-de-Maurienne , où il avait exercé la médecine, le goitre et le crétinisme devinrent moins intenses et moins nombreux,

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

lorsque les autorités eurent fait abattre les grands bois qui entouraient cette petite ville. Les poumons, en effet, ne trouvant pas dans l’air des localités froides et humides des stimulus suffisants , la respiration s’exécute mal et d’une manière incomplète. Le sang des veines pulmonaires n’étant pas assez oxygéné , ne reçoit qu’une somme insuffisante d’électro -calorique ; le cerveau, par contre-coup, se trouvant privé d’une quantité convenable du fluide qu’il doit cumuler , s’étiole, se rabougrit, perd de sa densité, de son volume , dans des proportions parfois très considérables , les os du crâne se moulant sur cet encéphale exigu , communiquent à toute la face des proportions pénibles et hideuses. Les émissions du fluide électro-nerveux étant insuffisantes et erratiques, le squelette prend des formes bizarres et imparfaites (I).

(1) Les corrélations du mécanisme des poumons avec celui du cerveau sont démontrées par l’histoire du fœtus acéphale dont il est fait mention dans mon premier mémoire sur les eaux de Celles. Dans le Moniteur des Hôpitaux , du mardi 19 février 1856 , on trouve le fait authentique emprunté au journal vétérinaire du professeur Héring , de Stuttgard , d’un veau vivant qui n’avait pas de cervelet. Je crois devoir tracer ici un extrait de cette notice, qui corrobore, en partie, ce que j’ai affirmé sur mon fœtus acéphale qui n’avait , lui , ni cerveau ni cervelet , et qui , cependant, avait respiré et vécu quelques heures.

Le 6 novembre 1854, l’école vétérinaire de Stuttgard reçoit un veau mâle âgé de deux jours, bien et régulièrement conformé, mais portant sur le sommet de la tète une espèce de poche en forme de bonnet de coton, revêtue de la peau normale. Par la pression, il est aisé de se convaincre que cette tumeur est si molle , qu’elle contient une certaine quantité de liquide, sous une enveloppe assez épaisse.

Lejeune animal est constamment couché et ne peut se tenir debout , même en le soutenant ; ses membres cependant sont régulièrement

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Pendant que le pôle pulmonaire ne reçoit qu’une quantité minime d’oxygène et du fluide électro-positif, l’organe thyroïdien, fatigué par l’azote, se tuméfie, se gonfle outre mesure et produit le goitre, difformité hideuse, qui est souvent l’annonce et le prélude du crétinisme. D’après ces dogmes , on comprend qu’un malheureux crétin peut fournir une longue carrière sans être nécessairement la proie des scrofules sur lesquelles nous allons porter un instant nos regards.

formés et exécutent des mouvements réguliers, chacun pris à part ; la tête est presque constamment tournée en arrière et la poche alors sur le côté de la tête ; la pression exercée sur cette poche n’occasionne nulle douleur. Ce veau boit environ quatre litres de lait de vache par jour. Cet état se prolongeant quelques jours, sans que le veau pût ni se tenir debout ni marcher , le professeur Héring fait une ponction dans la tumeur céphalique, le 11 novembre, et il s’en écoule quinze onces de sérosités roussâtres et troubles. Cette opération n’a pas d’influence notable sur l’état de l’animal.

Le 13 novembre il survient des convulsions et le jeune animal refuse le lait ; il est tué par la saignée, et l’autopsie est faite immédiatement . . .

Après que la partie supérieure du crâne est enlevée, il est facile de voir que la cavité infundibuliforme de la poche céphalique s’étend jusque dans le quatrième ventricule , dont le feuillet fibro-vasculaire se continue avec la membrane fibreuse qui tapisse l’intérieur de la poche ; celle-ci occupe la poche que le petit cervelet devait remplir. Non seulement le cervelet, mais aussi les pédoncules qui l’unissent , soit au bulbe, soit à la protubérance , manquaient complètement. Les hémisphères cérébraux sont bien développés , de même que toutes les particularités de leur base, l’origine des nerfs, etc., etc. Cependant les pédoncules cérébraux sont plus longs qu’à l’ordinaire, et le bulbe n’est que faiblement délimité par l'émergence des nerfs de la sixième paire. La face du cerveau et la tente du cervelet ne sont que très imparfaitement développées. Tout l’encéphale ne pèse pas tout à fait trois onces.

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