TUMEUR BLANCHE DE L’ARTICULATION TIBIO-TARSIENNE GAUCHE
(Ce malade me fut adressé par M Édouard Binet, d’Annonay, et le docteur Desgrand.)
Vérilha (Pierre), cultivateur, demeurant à Annonay, âgé de vingt-un ans en 4855, d’un tempérament lymphatique, d’une constitution ordinaire, portait depuis cinq ans une tumeur blanche ulcérée de l’articulation tibio-tarsienne gauche ; cette tumeur l’avait cruellement fait souffrir les années précédentes; il avait meme gardé le lit pendant un an. Traité par l’huile de foie de morue, les préparations iodurées et une foule d’autres remèdes que Vérilha n’a pu me définir, le sort de ce jeune homme s’était enfin amélioré, mais il était loin d’être guéri lors de son arrivée à Celles, le 20 juillet 1855.
Etat du malade : Le faciès est celui d’un scrofuleux qui a souffert et qui souffre toujours ; le corps cependant est assez nourri. Le malade marche avec un bâton , il peut même faire quelques pas sans recourir à ce point d’appui, mais alors il boite beaucoup; il progresse avec une grande lenteur et fléchit le corps à demi. L’articulation est tuméfiée et difforme; le tendon d’Achille et les deux malléoles sont cachés dans cet engorgement; derrière la malléole interne on voit un ulcère de quatre centimètres de longueur sur deux ou trois de largeur et deux de profondeur. Douleurs lancinantes et fréquentes dans l’intérieur de l’articula-
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
tion; ces douleurs s’exaspèrent pour la cause la plus légère ; le malade ne peut se livrer à aucun exercice
un peu suivi.
Prescriptions : Bains artésiens j boisson de l eau ai tè~
sienne ; médications cuivriques .
Le malade ne tarda pas à quitter ses bâtons ; bientôt il marcha droit et même avec assez de fermeté ; trois semaines après, l’ulcère était cicatrisé et quelques jours plus tard Yérilba commença à se rendre utile dans les fermes. En nous quittant vers les premiers jours d’octobre cet homme n’éprouvait depuis longtemps aucune espèce de douleur; il marchait avec facilité et travaillait la terre ; 1 articulation et le pied enfin avaient une forme presque normale , le jeu du pied surla jambe seulement était très borné, presque nul.
J’?i eu plusieurs fois des nouvelles de ce malade qui a constamment serviles maçons depuis son départ
de Celles.
MARIE SEIGNOBOSE (juillet 1853 ).