BANCAL, D.-M
Quelques jours plus tard je reçus de M. Bancal une autre lettre dont copie :
« Depuis ma dernière lettre , monsieur et très lio- » noré confrère, tout a changé de face dans la maladie » de madame Çastanier; ce sein d’un aspect un peu » fâcheux d’abord ainsi que j’ai eu l’honneur de vous » le dire, est dans un état presque normal. La peau a » repris sa couleur naturelle, sous l’influence de quel- » ques lotions alcalines et du savon ; elle a contracté » de bonnes adhérences avec les glandes mammaires » rendues à leur volume ordinaire. La tumeur circu- » laire, survenue près du mamelon , a éprouvé une » induration de couleur violacée et indolente, leper- » tuis, qui laisse encore écouler la sérosité , n’a que 25 » à 30 millimètres; il est d’un faible calibre. La » pression exercée sur le sein avec la main ne donne » aucune douleur; il est mobile sur les côtés à 1 instar » de celui de l’autre côté. L’ensemble de cette paitie
» présente une animation toute normale. Encore » quelque temps et j’espère que la nature aura ter- » miné son travail adhésif. »
» BANCAL, d.-m. »
Madame Castanier m’écrivit de Mont-de-Marsan une dernière lettre, le 25 avril 1843., j’en extrais le passage suivant :
« Depuis dix jours mon sein ne coule plus par ce » petit trou fistuleux , reste de l’opération ; il ne me » fait aucun mal. Le sein est parfaitement maniable »> et d’une sensibilité normale, ni plus gros ni plus » petit que l’autre. 11 y a encore des rides , mais bien » moins profondes et qui s’effacent de plus en plus. )> Je suis persuadée cependant que si je pouvais aller » à Celles, je consoliderais ma cure. Ma santé gé- » nérale est très bonne, et cependant je sens que les » bains de Celles me seraient nécessaires, mais je ne puis y aller....»
Madame Castanier n’est pas revenue à Celles, mais je la vis à Annonay, en mars 1851; elle était très bien; il ne lui restait plus qu’une sorte d’excroissance pédiculée, un débris en un mot de son ancienne tumeur qui ne l’inquiétait sous aucun rapport. Mon ancienne cliente habite aujourd’hui l’Afrique et continue à jouir d’une santé parfaite.
Les deux observations suivantes , malgré la longue durée des traitements, offrent un puissant intérêt,
SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.
car elles seront dans les suites comme le point de départ des études cliniques et analytiques du cancer.
FEMME BRESSAUD ( 10 juillet 1851 ).