‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 62 sur 91 · TUMEURS SQUIRRHEUSES AU SEIN ET DANS L’AISSELLE DROITE · texte numérisé non relu

TUMEURS SQUIRRHEUSES AU SEIN ET DANS L’AISSELLE DROITE

J’écris cette observation sur de simples souvenirs et sur une correspondance assez volumineuse qui a duré pendant un an; j’ai cru devoir tracer cette notice non seulement parce que cette observation a été couronnée de succès, mais surtout parce que j’étais alors dans les vrais principes du traitement du cancer et bien près d’atteindre à la vérité.

Vers les premiers jours de juillet 4845, dans le temps même que j’avais la sœur Saint-Louis auprès de moi , madame G*** aîné vint aussi réclamer mes soins pour des glandes situées dans le sein droit et un engorgement squirrheux , bosselé et à douleurs lancinantes, du volume d’un œuf de dinde allongé, dont la pointe reposait dans le creux de l’aisselle droite, tuméfaction de la partie supérieure de ce membre et endolorissement du bras et même de l’avant-bras. Madame G*** était, je crois, âgée de quarante- cinq à cinquante-cinq ans, son tempérament bilieux paraissait nuancé par une constitution assez robuste, les fonctions étaient toutes en assez bon état, et ses engorgements divers, déjà anciens, étaient venus peu à peu sans causes appréciables , ils avaient résisté à toutes les médications employées jusqu’alors et donnaient les plus vives inquiétudes à la malade.

Prescriptions : Les mêmes que celles de la sœur Saint - Louis .

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

Les résultats de ces médications ne tardèrent pas à être satisfaisants; des raisons de famille obligeant madame G*** à rentrer chez elle, elle me quitta plutôt que je ne l’eusse voulu ; je continuai cependant à la traiter chez elle par les mêmes moyens, et, de là, une correspondance suivie , entre elle et moi , dont j’extrais les passages suivants d’une première et d’une dernière lettre.

« Crcst, le 25 octobre 1845.

» Connaissant votre bonté et votre bienveillance » envers vos malades, je prends la liberté de venir » vous distraire au moment de vos nombreuses occu- » pations en vous adressant ces quelques lignes, car » je sens le besoin de venir vous remercier et vous » témoigner ma reconnaissance pour tout ce que vous » avez fait pour moi pendant mon séjour à Celles , » qui, je l’espère, aura pour moi d’heureux résultats. » Car j’ai le bonheur d’éprouver un mieux-être bien » marqué, mes glandes étant diminuées depuis mon » retour au moins de moitié. Eu continuant avec >' exactitude le traitement que vous avez eu, Monsieur, » la bonté de me prescrire, j’espère que ma guérison » ne tardera pas à arriver.

» Quoi qu’il en soit, je serai toujours bien satisfaite » d’aller, dans quelque temps, vous voir et prendre » vos conseils bien précieux pour moi. En attendant , » veuillez avoir l’obligeance de remettre à l’une des » personnes qui partiront le plus tôt de Celles , les pi- » Iules que vous ne pûtes me donner qu’en petit

» nombre à mon départ. Si déjà M. X. n a eu la

» complaisance de les prendre, lui ayant laissé la note » du numéro. Ces pilules sont : Plombo -bismutho- » stanno-argentiques et 198 qui sont plombo-bismu- » tho-stanniques. »

Le 8 septembre 1846 madame G*** m’écrivit cette dernière lettre :

-MONSIEUR

» Pendant tout l’automne j’avais toujours conservé » un peu d’espoir de faire un petit voyage à Celles où » il m’aurait été bien agréable de passer quelques » instants avec vous, Monsieur, et tout en acquittant » ma dette, vous exprimer aussi ma reconnaissance » pour toutes vos bontés. Le seigneur en a disposé » autrement, mes devoirs de mère de famille m’ont » fortement retenue à Ci est. J’espère que plus tard je » pourrai aller vous saluer ; en attendant , veuillez » recevoir mes bien vifs remerciments.,.. Dieu soit » béni, ma santé se fortifie de plus en plus, mon bras » est bien libre maintenant et je puis vaquer à mes » occupations; seulement les alternatives de change- » ment de température me donnent , par intervalle, » une petite raideur qui disparaît avec le temps doux.

» L’engorgement est disparu et se borne mainte- » nant à une petite grosseur comme une verrue qui » se trouve au bas du nerf, et que vous m’aviez assuré » n’avoir pas d’importance. Je mange et je dors bien. » J’ai repris sous le rapport physique et moral. L’in~ » térêt que vous portez à vos malades me fait pren-

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

» dre la liberté de vous donner ces détails. Veuillez » recevoir, Monsieur, l’assurance du parfait dévoue- » ment de votre bien reconnaissante, etc. »

Madame G*** est morte en 1855 je ne sais de quelle maladie aiguë; mais elle avait joui d’une santé parfaite pendant dix ans ; madame Fauchier, sa confidente et son amie, m’a affirmé souvent la solidité de la guérison que cette malade a obtenue par les traitements de Celles.

A dater du mois de septembre 1847 jusqu’aux premiers jours du mois de mai de 1848, en voulant progresser dans la médication du cancer, j’avais éprouvé des revers si cruels que j’eusse délaissé pour jamais mes poignantes recherches ; quelques beaux résultats vinrent cependant rehausser mes espérances et me lancer encore , malgré moi pour ainsi dire , dans les champs de l’expérimentation. Citons deux de ces faits; faits bien importants pour un homme pénétré, comme je le suis, de l’idée que rien ne s’opère par hasard dans ce monde , et que lorsqu’un résultat a été obtenu une première fois, on doit l’obtenir encore en apprenant à meltre son malade dans des conditions congénères; mais, trêve à toutes mes intuitions philosophiques; narrons ! oui, narrons seulement des faits,

MADAME P*** ( avril 1849 ).

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