‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 64 sur 91 · GLANDE SQUIRRHEUSE DU SEIN · texte numérisé non relu

GLANDE SQUIRRHEUSE DU SEIN

Madame P***, de Romans (Drôme), âgée d’une quarantaine d’années, lors de son arrivée à Celles en juillet 1819; d’un tempérament lymphatico-sanguin, d’une constitution robuste, se plaignait depuis six ou sept ans de quelques maux d’estomac qui prenaient, il est vrai, peu de développement ; mais leur progression fut cependant assez intense pour engager la malade à venir à Celles, avec la résolution de s’y soumettre à un traitement sérieux.

A l’époque de l’invasion de cette gastralgie, Madame P*** s’était également aperçu, en se palpant, de l’existence d’une petite glande dans le sein droit ; cette glande avait progressé très lentement, mais elle avait pourtant acquis le volume d’une grosse amande recouverte de son enveloppe, et donnait de temps en temps des douleurs lancinantes et formicantes qui dénotaient le vrai caractère de cette tumeur angulaire et bosselée. Venue à Celles uniquement pour s’y faire traiter de ses maux d’estomac, Madame P*** fut étonnée de ne me voir préoccupé que de sa glande dont elle aimait à se dissimuler le caractère, malgré qu’elle fût, ainsi que son mari, vivement inquiète de son existence ; elle accueillit avec bonheur mes promesses, et oubliant ses douleurs stomacales , elle se soumit volontiers à mes médications anti-cancéreuses.

Prescriptions : Bains artésiens bouillis , frictions sous

la plante des pieds avec la préparation stanno-argentique ; lotions sur le sein avec la préparation plombo-bismutho nickélique dissoute dans l’eau des roches à intervalles très éloignés ; une pilule congénère .

Deux mois et dix jours de ce traitement dissipèrent les maux d’estomac, et la glande fut réduite au volume d’une noisette.

L’année suivante , M. P*** revint à Celles , y fit un séjour de deux mois ; elle y prit des bains artésiens bouillis., y suivit un traitement analogue à celui de l’année précédente, en supprimant toutefois les

Au 10 novembre, Monsieur P*** m’écrivait : « Ma •> Femme croit voir du mieux chez elle ; sa glande » semble vouloir se fondre, mais insensiblement*, » quant au reste de sa santé, elle est très bien. )

En 1851 et 1852, Madame P*** revint à Celles, mais les médications antérieures n’avaient plus de prise sur le petit noyau glanduleux ; sur la fin de l’année 1852, je lui fis pratiquer sur les alentours de la glande de légères lotions avec la préparation stannoargentique (n° 91) modifiée (n° 122). Je lui remis cette préparation avant son départ.

Quelque temps après, Monsieur P***, en m’écrivant, me disait : « Ma femme va lentement au mieux, » Marie aussi, quant à moi je vais bien. » Vers la mi-janvier 1853, je vis chez moi cette Marie que je traitais pour une maladie du cœur ; elle m’affirma que Madame P*** était très bien sous tous les rapports, et qu’il ne lui restait plus rien de sa glande.

A dater de l’année 1850, je ne me suis plus écarté

pilules

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

des préparations stanno ou plombo-bismutho-argentiques, mais j’ai voulu leur donner des formes magistrales et leur chercher des excipients appropriés ; de là les études dont je vais exposer quelques résultats et qui m’ont conduit enfin à ces belles formules que je présente aujourd’hui.

MADAME SOEUR SAINT-BRUNOT (février 1850).

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