‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 65 sur 91 · TUMEUR DU SEIN DROIT · texte numérisé non relu

TUMEUR DU SEIN DROIT

Madame sœur Saint-Brunot, de l’ordre de Saint- Joseph *de-Vaisseaux , née à Sainte-Colombe , près Yilleneuve-de-Berg (Ardèche), âgée de vingt-neuf ans, d’une constitution lymphatique , ayant eu des frères et des sœurs morts de maladies chroniques , avait joui d’une bonne santé jusqu’à l’âge de quatorze ans. Le développement menstruel fut orageux, et madame Saint-Brunot éprouva des maladies très sérieuses entre sa quatorzième et sa dix-neuvième année; elle fut sujette à des mouvements fluxionnaires à la face et aux lèvres ; à cela près , elle fut très bien portante jusqu’au moment de l’invasion delà maladie actuelle. Cette malade avait habité, au couvent d’Entraigues, une chambre obscure ou la sœur qui l’avait précédée dans la meme cellule avait succombé d’un cancer aigu du sein. Madame Saint-Brunot ressentit il y a trois ou quatre mois des douleurs dans le sein droit sans pouvoir déterminer leur cause ; ayant palpé cet organe elle fut fort étonnée d’y rencontrer une grosse tumeur dont elle n’avait pas meme soupçonné

l’existence. La malade ne fit point de remèdes , elle se confia dans la providence jusqu’au jour où elle put se mettre entre mes mains.

Etat de ia malade : Le faciès est bon , le corps est bien nourri; les seins sont naturellement volumineux mais le droit est au moins le double du gauche; la glande mammaire est indurée dans sa totalité , elle présente bien des inégalités et même de vraies bosselures ; glandes engorgées selon le trajet des cordes du bras, quelques unes sont aussi grosses que des noix ; paquets glanduleux dans le creux de faisselle ; douleurs lancinantes très fréquentes.

Prescriptions : Frictions sous la plante des pieds et pilules ( six par jour), plombo-bismutho-argentiques (numéro 388) ;, lotions sur le sein et sur les glandes avec les eaux factices alternées avec une solution éthêrèe ; à dater de la fin d'avril elle prit des bains artésiens.

Départ le 22 juin : La malade a suivi son traitement avec beaucoup de régularité et sans éprouver le plus léger accident ; le sein s’est ramolli peu à peu, il a perdu les quatre cinquièmes de son volume ; il est aplati, il semble vouloir se diviser en deux lobes égaux; plusieurs glandules s’en détachent, la menstruation ainsi que toutes les fonctions sont régulières; tout semble nous promettre une guérison radicale et prochaine.

Prescriptions : Gouttes numéro 329 sur du sucre; pi- Iules et lotions sur les seins avec la préparation plombo bismutho-argentique numéro 338.

Sous l’influence de ces dernières médications le sein mûrit, s’abcèda, s’évacua et la plaie se cicatrisa parfaitement deux ou trois mois plus tard.

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

J’ai eu des nouvelles de la sœur Saint-Brunot; il ne lui reste d’autre souvenir de sa maladie que sa reconnaissance envers moi.

La tumeur de la sœur Saint- Brunot était-elle un véritable cancer, je le crus; cependant, n’ayant point vu la malade vers les derniers temps de sa guérison, je n’oserais l’affirmer ; dans tous les cas, je suis bien certain qu’à Paris comme à Lyon on l’eût extirpée tant elle était dure, consistante et paraissait devoir résister à toute espèce de médications.

MADAME CORNET (3 avril 1850).

SQUIRRIlli DU SEIN.

Madame Cornet, de Crapone (Haute-Loire) , âgée de cinquante-quatre ans, d'un tempérament lymphaticonerveux, d’une constitution délicate, ayant plusieurs parents atteints d’affections squirrheuses , avait joui d’une santé parfaite durant le cours de son enlance; l’évolution de la puberté eut lieu sans orages à l’âge de dix-huit ans; elle se maria à vingt-trois ans et eut quatre enfants, n’ayant essayé d’en nourrir qu’un seul qu’elle fut obligé de mettre bientôt en nourrice à cause de l’apparition d’un dépôt qui se termina par une induration qui donna de sérieuses inquiétudes à la malade ; cette induration céda cependant aux applica tions de ciguë et de farine de lin. Madame Cornet ayant eu de violents chagrins, sa constitution devint délicate et la pauvre femme fut sujette à éprouver des refroidissements qui, plusieurs fois, déterminèrent des mala-

dies bien graves ; les évolutions furent régulières jusqu’à sa quarante-septième année; mais à cette époque elles devinrent beaucoup plus abondantes que par le passé ; à cet âge. encore madame Cornet reçut un coup violent au sommet de la mamelle gauche, cette glande s’engorgea et devint dolente'à l’instant ; malgré deux mois de séjour à l’Hôtel-Dieu de Lyon et tous les secours réclamés çà et là, l’affection squirrheuse de ce sein a progressé et s’est accrue jusqu'à ce jour.

Etat de la malade en avril \ 850 : La constitution est usée et le corps amaigri; digestions stomacales assez faciles, mais pourtant éructations et flatuosités très fréquentes; matières fécales crottinées, urines peu fréquentes, souvent ardentes, rouges et sédimenteuses, lors surtout que la malade se livre à quelque exercice un peu pénible ; pertes en blanc tous les mois durant deux ou trois jours; sommeil inquiet et agité principalement à cause de l’impossibilité où se trouve la malade de se coucher sur le côté gauche.

Le bout du sein droit n’existe plus depuis le premier accouchement, et la glande de ce sein, déformée et grumelée, dénote d’anciennes souffrances dans cet organe. Madame éprouve, depuis deux ans et par intervalles assez fréquents, une sensation de circulation froide dans l’intérieur de cette glande. La mamelle gauche offre un volume double de celui de la droite, la glande mammaire est dure et granuleuse, mais elle n’adhère point aux côtes , elle est même encore un peu tombante; douleurs formicantes dans l’intérieur de cet organe; ces douleurs s’exaspèrent tous les mois et la glande prend alors un volume beaucoup plus

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

considérable. La malade ne peut se coucher que sur le dos, elle éprouve des douleurs et une sorte de lassitude dans le bras gauche et sur la région sternale; la peau du sein est couverte de cicatrices produites par de nombreuses applications de potasse caustique.

Prescriptions : Bains et boisson de Veau artésienne , frictions électriques administrées sous la plante des pieds avec la préparation stanno-argentique n° 91 modifiée f et parfois , avec la préparation plombo-bismutho-argentiquc n° 388; à V intérieur, six pilules par jour de la même préparation argentiquenickèlique, fomeîitations sur les seins avec les préparations nickèliques alternées parfois, avec les préparations cuivriques n° 387.

Madame Cornet a séjourné à Celles jusqu’au 8 août, elle avait été obligée de suspendre son traitement à cause des nombreux boutons el des fortes démangeaisons à la peau qui existaient encore lors de son départ de Celles , mais qui s’atténuaient tous les jours ; du reste, la santé générale était parfaite, la malade pouvait se coucher dans tous les sens, et les glandes mammaires étaient l’une et l’autre dans un état normal.

P. 5. Madame Cornet fut guérie en même temps d’un goitre pénible auquel je n’avais fait aucune attention, je ne l’ai su que par une lettre (1).

(1) J’ai vu cette dame en février 1854 ; elle était parfaitement guérie sans avoir pris d’autres remèdes , et continue à jouir d’une santé parfaite.

MADAME RICHAUD (3 juillet 1850).

SQUIRRHE DU SEIN.

Madame Richard, de Luny, Saône-et-Loire, âgée de trente-deux ans en 1850, d’une constitution médiocre, issue de parents sains, n’ayant point eu de maladie antérieure, mariée à dix-huit ans, eut deux enfants morts tous les deux en bas âge, fut pressée, il y a cinq ans, entre les bras d’un homme vigoureux à un tel point qu’elle poussa des cris aigus et , durant cinq mois après cet accident, elle éprouva sans cesse des douleurs si vives dans la région épigastrique et le flanc gauche, qu’elle fut obligée de garder le lit et de se soumettre à un régime très sévère et, le plus souvent, à une diète absolue. Désolée d’un état de souffrance que les soins de son médecin ne pouvaient calmer, madame Richard fit appeler un bailleul ( de Thoissé près Mâcon) qui la pressa , la manipula en tous sens et lui procura de la sorte un grand soulagement sans qu’elle fût entièrement guérie. Peu de temps après une glande se développa dans le sein droit; cette glande très petite dans le principe s’accrut avec rapidité et donna des inquiétudes sérieuses. Traitée par le docteur Gamme, de Pont-de-Vaux, madame Richard fut guérie de ses maux d’estomac et la glande perdit de son volume; les cataplasmes de farine de seigle et de ciguë lui firent beaucoup de bien; mais ce bien devint stationnaire et son médecin lui proposa l’extirpation de la glande ; la malade refusa d’obtempérer à ce conseil et cessa tous remèdes ; pendant trois ans le mal ne fit

SCROFULEUSES Et CANCÉREUSES.

aucun progrès; un nouveau coup porté sur le même sein renouvella les accidents, et madame Richard, dans son inquiétude , se rendit directement aux eaux de Celles dont elle avait entendu parler.

Etat de la malade : Le faciès est bien et toutes les fonctions sont en bon état. Sur le sein, vers son bord externe, on palpe une glande inégale dans son pourtour, dure et adhérente aux côtes, son volume est celui d’un œuf de poule aplati; depuis cinq mois cette glande est le siège de douleurs lancinantes et formicantes dont l’intensité, s’est accrue depuis deux mois au point d’interrompre fréquemment le sommeil. Matité et douleurs intérieures dans cette partie; aspirations pénibles et dolentes.

Prescriptions : Bains et boisson de l'eau de la source artésienne ; administration à l'intérieur de la préparation plombo-bismutho-nickèlique (n°?>S2>), sous forme de sirop ou de pilules; à l'extérieur , frictions sur la face interne des cuisses , sur la région de la rate et aux alentours de la glande avec la même préparation nikélique , enfin , frictions sous la plante des pieds ( administrées sous l'influence de V électricité ), avec la préparation stanno-argentique n° 91 .

11 juillet. La tumeur est déjà détachée des côtes; elle est toujours, il est vrai, tendue et rénitente, mais elle présente, au toucher, un tissu moins consistant, elle semblait vouloir s’immiscer , faire partie en quelque sorte de la glande mammaire , les douleurs étaient calmées et n’interrompaient plus le sommeil.

17 août . Départ de la malade; il ne lui restait plus qu’une légère sensibilité dans le sein, je lui remis une

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préparation n° 587 analogue au 385, pour qu’elle pût continuer ses frictions sur le sein et aux alentours.

Octobre 1850. La malade ine fit dire qu’elle était très bien; qu’il ne lui restait plus qu’un peu de sensibilité dans la mamelle.

En 1853. Madame Richard m’adresse une de ses

parentes qui me donna d’excellentes nouvelles de sa cousine,

MADAME CELLARD ( 1851 kt 1852 ).

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