‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 70 sur 91 · SUEURS SANGUINOLENTES DANS LE CREUX DES AISSELLES · texte numérisé non relu

SUEURS SANGUINOLENTES DANS LE CREUX DES AISSELLES

Mademoiselle S. Th***, de Bay (Ardèche) , âgée de trente-six ans en juin 1852, d’un tempérament sanguin, d’une constitution robuste, ayant joui constamment d’une santé parfaite , reçut , il y a huit à neuf mois et à huit jours d’intervalle, deux coups violents sur la mamelle droite. Dès ce moment, cet organe devint sensible et douloureux ; cette sensibilité s’étendit jusqu’au sein gauche, elle s amortissait par intei valles, niais elle ne cessait jamais complètement, la malade éprouvait toujours la sensation d’une tuméfaction dans les seins avec un excès de sensibilité alternant souvent avec de fréquentes et de violentes exacerbations. Depuis six semaines, ces douleurs se sont considérablement accrues, les seins sont si distendus que la malade ne peut, durant la nuit, tenir ses bras dans le lit et, pendant le jour, elle est obligée de marcher avec beaucoup de précautions pour ne pas rapprocher trop les bras du corps.

État de la malade : Les seins sont excessivement tendus , le gauche l’est encore plus que le droit , on les dirait dans une espèce d’érétlnsme, le tact qui est très douloureux ne permet pas d’explorer 1 intérieur de ces

organes et d’apprécier convenablement leur mode de lésion. La malade accuse de vraies douleurs tour à tour formicantes, lancinantes et comburantes, le plus léger exercice les exaspère, ce qui ne permet pas à la consultante de faire le plus petit travail. Sueurs sanguinolentes et abondantes dans le creux des aisselles ; le faciès, rouge et vultueux, dénote une vive et profonde douleur.

Prescriptions : Bains artésiens, lotions avec nos eaux factices concentrées , traitement argentique de Vannée 1855.

Au 24 juin. Les seins désenflés nous firent croire à une très grande amélioration ; la transpiration des aisselles avait cessé d’être sanguinolente , mais le sein gauche , palpé avec soin , nous fit reconnaître l’existence d’un grand nombre de squirrhosités allongées, plusieurs , aussi grosses que des doigts , semblaient former , par leur ensemble , une sorte de digitation ; leurs bords étaient aigus et formaient des sortes de bosselures.

J’ai traité cette malade durant tout l’été, l’automne et presque l’hiver , en alternant les médications argento -nickéliques avec les médicaments bismuthoplombiques en poudre ou en eau, en faisant appliquer tous les mois, aux sommets des cuisses, douze à quinze sangsues. Sous Finfluence de ces médications, la malade avait éprouvé de grandes améliorations successives, et au 19 janvier 1855 les squirrhosités du sein gauche étaient fort peu de chose , mademoiselle Th*** travaillait sans éprouver aucunes douleurs.

Durant le cours de l’année 1855 mademoiselle

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

Th*** a continué des lotions sur les seins avec les eaux distillées de nos roches chargées de sels plomboargentiques ; dans les derniers temps je concentrais mes eaux distillées.

Je vois souvent cette intéressante demoiselle dont la guérison ne laisse rien à désirer.

MADAME MARIE RODRIGUEZ (5 août 1843).

Page 1