‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 80 sur 91 · BONNE FONTAINE · texte numérisé non relu

BONNE FONTAINE

Mille centimètres cubes de cette eau contiennent:

Carbonate de soude . . . 0,213

Carbonate de potasse . . • 0,061

Sulfate de soude . 0,086

Chlorure de sodium . 0,147

Carbonate de chaux . 0,718

Carbonate de magnésie . 0,054

Silice. . . °’007

Oxyde de fer . 0,010

Total des matières solides contenues dans un

litre d’eau . 1,296

Ce litre d’eau laisse dégager par rébullition :

Acide carbonique Azote .

Cette analyse très exacte en 4847 ne l’est peut-être plus à l’heure actuelle, parce que des travaux qu’on a faits en construisant un pont à quelques pas audessus de cette source, ont pu faciliter un mélange d’eaux douces, mais onpourraità peu de frais la trouver abondante et plus pure que jamais.

Dans l’un des angles de l’établissement des Bains et sous le feuillage du plus petit des cèdres est une quatrième source alcaline, peu abondante il est vrai, mais suffisante pour la boisson. L analyse de cette eau n’a pas été faite, mais au point de vue clinique, je puis affirmer quelle m’a rendu de grands services durant le

cours de l’épidémie du choléra de Tannée i 854; chaque jour encore je l’emploie avec succès contre les affections du foie. L’eau des Cèdres possède par conséquent les qualités congénères à celles de mes autres sources alcalines, et chaque jour je l’emploie à l’intérieur dans la médication glandulaire; je le fais d’autant plus volontiers que cette eau très gazeuse, fort limpide et agréable au goût, est bue avec plaisir par les malades, et Ton peut même en faire une boisson d’agrément en l’associant avec du suc de citron et du sucre. L’eau des Cèdres, notons-le avec soin, est réellement fondante , énergique par conséquent, et il ne convient pas d’en faire usage lorsqu’il existe une vraie phlogose stomacale.

La Bonne-Fontaine jouit dans nos contrées, depuis un temps immémorial, d’une haute renommée contre les fièvres intermittentes rebelles, lesvieilles diarrhées,

ainsi que contre les maux de reins et de la vessie. Pour moi, je l’affirme, je ne dépense pas à Celles pour 50 centimes de sulfate de quinine ou de quina durant le cours de l’année, et cependant je vois accourir bien des fiévreux qui s’en retournent satisfaits , la Bonne-Fontaine a été, jusqu’à ce jour, leur boisson favorite, mais à l’heure actuelle, l’eau des Cèdres entre en concurrence avec elle.

Les plilegmasies atoniques des gros intestins sont avantageusement modifiées par la boisson de la Bonne- Fontaine ; le peuple de nos campagnes a dans elle une foi illimitée à cet égard, mais je n’insisterai pas sur un sujet qui m’entraînerait dans de hautes considérations pathologiques. Qu’il me suffise d’énoncer en thèse

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

générale que la boisson de l’eau de la Bonne-Fontaine, co-associée avec les bains et surtout des douches ascendantes de l’eau de la fontaine Ventadour bouillie et filtrée, opère réellement très bieu contre ces diarrhées interminables qui résistent parfois à tous nos agents pharmacologiques.

La lecture des analyses chimiques de nos eaux alcalines, notamment de celle de la Bonne-Fontaine, ne prédisposera pas Vraisemblablement nos médecins chimistes en faveur de mon établissement pour la médication des maladies des reins et de la vessie. Les principes sodiques, me dira-t-on, ne sont pas assez abondants dans vos eaux pour que vous puissiez songer à établir une concurrence sérieuse avec les eaux de Vichy, de Vais ou de Contrexeville. J’adhère à ce jugement ; cependant que l’on me permette de faire observer que les eaux de Celles pourraient bien avoir encore une certaine valeur, alors même que les autres auraient échoué. Pour unique preuve de cette assersion,jevais transcrire une observation qui date de plus de deux siècles, époque où l’on raisonnait moins bien que de nos jours en matières scientifiques, mais où l’on observait et où l’on éprouvait des douleurs tout aussi bien qu’à présent.

En 1650 vivait à Paris un médecin, attaché à l’hôpital de la charité, qui souffrait, depuis de longues années, des reins et de la vessie. Cet homme, après avoir fréquenté toutes les eaux minérales de France, surtout celles de Vichy , finit par se rendre à Celles sur l’invitation de l’un des seigneurs de l’illustre maison Ventadour. Mais laissons parler ce praticien d’autrefois, qui,

par reconnaissance , écrivit un opuscule sur les eaux qui l'avaient guéri.

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