‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 81 sur 91 · Chapitre 1er . Or , ayant désiré d’avoir la cognois · texte numérisé non relu

Chapitre 1er . Or , ayant désiré d’avoir la cognois

sance particulière des plus profonds secrets delà nature, et aprendre les diuers effets d’icelle par des raisons très certaines , j’ay satisfait ma curiosité en la recherche des eaux minérales de nostre France, comme celles de Pougues et Bourbon, celles de Balerne, du Maine, Aies etValsen, Languedoc et Vivezez’, de Cauterets , Aigues-Caudes , Tarbes et Bagnerez en Gascogne, Nions d’Aurel, et du Pont de Barrez en Dauphiné, de Ville-Comte, Vichy en Auuerg ne.

Et plusieurs autres les diuerses propriétez et qualitez desquelles, et les minéraux par lesquels elles passent estant assez cognuës , je ne m’amuseray d’en faire \ne particulière description , et m’arresteray à celles desquelles l’expérience m’a fait voir de si merveilleux effets, tant en moy-mesme, en ayant esté guéry par l’vsage d’icelle dans quinze iours d’vne maladie déplorable en mon aage de soixante-cinq ans, qui estait vn vlcère dans les reins, contre l’opinion d’Hippocrate au siziesme liure de ses aphorismes, qui dit que le mal des reins et de la vescie corne les vlcérations, sont de très difficile guérison aux gens vieux, parce que toutes leurs maladies sont longues, et leurs forces naturelles imbecilles et faibles, et le docte Celsus, qui, en son cinquiesme liure de Re medica , chap. 26, met les playes et le vlcères des reins au nombre des incurables, à quoy s’accordent tous nos autheurs, et à plusieurs personnes affligées de diuerses maladies qui ont reçu ou de grands soulagements ou vne entière guérison sans que iamais aucun en aye eu de rincommodité ny durant ny après l’usage d’icelles, ce qui est à remarquer.

Je parle des fontaines sises au lieu de Selles, paroisse de Rampon, mandement de la Voûte, petite ville en Viuarez, aboutissant au Rosne, appartenant à la très illustre et très ancienne maison de

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Ventadour , desquelles ayant fait vne exacte anatomie i'ay creu la devoir présenter au public, affin qu’estant mieux recognuës, on puisse iuger les effets de la valeur d’icelles.

A ce fait je pourrais au besoin en adjoindre quelques autres analogues ; au reste , c’est volontiers que je reconnais la supériorité des eaux de Vichy et de Vales sur les miennes pour la médication des maladies des reins et de la vessie, mais je ne puis le faire pour ce qui concerne les maladies du loie.

Maladies du foie. A Dieu ne plaise que je veuille contester, sous le plus léger rapport, tout ce que l’on nous dit de bien sur la puissance des eaux de Vichy et de Vais dans le traitement des maladies du loie. J’adhère à tout; il faudrait d’ailleurs être bien mal avisé pour vouloir nier l’évidence. Je consens à reconnaître que les unes et les autres de ces eaux ont une grande supériorité pour donner plus de flaccidité aux matières bilieuses , et pour la dissolution des calculs biliaires; mais toutes les maladies du loie ne sont pas à l’état de simples phlegmasies ; l’affection tuberculeuse , ainsi que le véritable état squirrheux , atteignent très souvent le parenchyme du foie, sans en pénétrer toute l’épaisseur. J’ai vu mourir hydropiques plusieurs personnes, chez lesquelles 1 autopsie, confirmant mes observations cliniques antérieures, me décelait d’immenses et profondes lésions d’une grande partie de la substance de ce viscère, et cependant ces malades n’avaient jamais eu la couleur jaune doré.

Le foie peut donc être tuberculeux , squirrheux,

tiès profondément altéré, en un mot, avec ou sans la coexistence de la jaunisse , et vice versa. La jaunisse et d énormes empâtements peuvent ne dénoter souvent (jue de simples états sub-plilegmasiques; que dans ces dernières occurrences une foule d’eaux minérales sodiques, Vichy principalement, jouissent d’une réputation bien méritée, c’est juste; mais ces mêmes eaux n ont plus a mes yeux le même prix^ lorsque le parenchyme du foie est réellement tuberculeux , et encore moins s il est vraiment squirrheux. L’expérience de tous les jours nous apprend qu’il est bien des lésions du ioie qui sont au-dessus de la puissance de la minéralisation des eaux et de leur thermalité; c’est dans ces cas-là précisément que je puis réclamer encore une certaine confiance dans les médications dérivées de l’établissement de Celles. Ce que j’avance n’est pas à 1 état d hypothèse pour moi ; cette assertion dérive d’un assez grand nombre de faits que j’ai observés avec d autant plus de soin que je suis personnellement intéressé dans cette grande question. A la suite de mes longues souffrances j’avais vu le grand lobe du foie faire saillie sous les côtes soulevées et entraîner bois de la ligne médiane l’appendice xiphoïde; la bouffissure des extrémités inférieures me donnait également des inquiétudes sérieuses et fondées. Grâces aux douches ascendantes de l’eau Ventadour, à la boisson de 1 eau des Cèdres prise à petites doses, et à quelques lotions argentiques sur la région du foie , j’ai vu tomber tous ces symptômes et la sonoréité de riiypochondre droit succéder à une matité complète. J’ai clos enfin par ce dernier succès l’interminable

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série de tous mes maux, et je crois assez à la puissance de mon art pour penser que je ne dois, que je ne puis mourir que par le fait de l’inévitable induration sénile. Je me suis donc occupé sérieusement, et très sérieusement, des maladies du foie, tant sur moi que sur autrui ; j’alfirme que le traitement iatraleptique que j’oppose aux glandes squirrheuses du cou et des mamelles , s’adapte très bien aux indurations chroniques de la souche organo -viscérale, connue sous la dénomination de foie.

L’heure n’étant pas venue de m’enquérir des lésions intérieures de l’organisme , j’évite de m’expliquer sur la valeur de nos eaux alcalines, spécialement de celles de la fontaine Yentadour contre les souffrances de la partie supérieure du tube digestif. Je ne dirai rien, par conséquent, de la valeur de cette eau contre l’anorexie et les flatulences de la muqueuse gastrointestinale ; état de relâchement que la boisson et les bains de cette eau combattent avec tant de succès.

Je ne parlerai pas non plus du mérite que peuvent avoir les vapeurs carboniques, les bains et les douches des eaux de Celles contre les affections idio-électronerviques, désignées sous les noms de rhumatisme articulaire et de goutte. En thèse générale, pour combattre le rhumatisme articulaire, et meme les maladies goutteuses, il ne faut que des eaux peu minéralisées; ainsi, à Celles, lorsqu’il me convient d’appliquer mes eaux à ces sortes de maux, je ne me sers guère que de la Yentadour ; je la dépouille par une ébullition et une filtration préalables de tous ses principes calcaires ou terreux; je fais plus, je la coupe avec moitié

d eau douce, et même au besoin je la mixtionne avec une certaine proportion d’essence de térébenthine, Ce mélange me réussit assez bien, surtout dans la composition des douches ascendantes, mais abandonnons des considérations qui ne sont pas de mon ressort aujourd hui.

Les propriétés médicinales des eaux do puits artésien résident uniquement, comme celle de la Ventadour, dans la partie alcaline qui est éminemment soluble. Je puis, par conséquent, toujours saisir la partie médicamenteuse de ces eaux pour en disposer à mon gré en matière de pharmacologie.

Je n’insisterai pas davantage sur les propriétés médicinales de mes eaux alcalino-gazeuses pour jeter un coup d’œil sur mes eaux ferrugineuses que je possède aussi dans mon petit mais confortable établissement.

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