‹ Traitement des maladies scrofuleuses et cancéreuses par les méthodes iatraleptiquesChapitre 87 sur 91 · U TRAITEMENT DES MALADIES · texte numérisé non relu

U TRAITEMENT DES MALADIES

flux leucorrhéique inodore, très blanc et modéré ; la tumeur perd toujours de son volume ; le faciès est meilleur.

20 mai. La tumeur, très petite, n’a plus qu’un peu de tension au-dessus des pubis; à l’intérieur, le doigt s’interpose aisément entre l’utérus et le reste de la tumeur ; peau grasse et tombante sur 1 hypogastre ; appétit excellent ; sommeil parfait ; le faciès s anime ; quelques jours encore et cette guérison sera complète.

J’ai deux autres malades dans Paris atteintes également de tumeurs fibreuses situées dans le bas ventre; tous les deux sont dans la voie du progrès, mais ils ne sont en traitement que depuis un mois, leurs observations ne sont donc pas suffisamment avancées pour que je puisse les l'apporter ici. Les améliorations obtenues sont le gage assuré de celles qui doivent se produire encore. Ces deux guérisons , que je regarde comme devant être prochaines , seront d autant plus satisfaisantes pour moi que mes deux clientes sont bien connues du professeur Velpeau, et que je serai fier de capter par elles Papprobation et les suffrages de cet illustre praticien. IN’anticipons pas, au reste, sur la marche des faits, et continuons à tracer l’exposé de mes relations médicales à Paris.

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

MADAME POULHIEN ( 25 janvier ).

Madame Pouilhien , rue Montmartre , 62 , âgée de trente-sept ans, d’un tempérament nerveux, d'une constitution un peu usée, issue d’un père mort phthisique, ayant eu une enfance heureuse, nubile à onze ans et sans orages , mariée à dix-neuf ans , eut six enfants dans l’espace de sept ans , de vingt-et-un à vingthuit ans , septième grossesse suivie d’une fausse couche de cinq ou six semaines (en 1850j; à la suite de cette fausse couche madame Pouilhien éprouva des douleurs si pénibles dans les reins, qu’elle fut obligée de garder le lit pendant trente-un jours. Examinée par MM. Portalès et Amussat père, la malade fut déclarée atteinte de rétroversion et la matrice fut réduite ; l’usage d’un bandage et quelques rares cautérisations combattirent une affection qui n’est plus qu’une simple infirmité. A dater de cette époque la santé fut moins forte qu’avant la fausse couche, et peu de temps après, madame Pouilhien, en se palpant, trouva dans le sein droit un premier noyau d’engorgement : d’année en année d’autres glandes se manifestèrent successivement dans le sein droit; enfin, le sein gauche commença à s’engorger à son tour, M. Hervez de Chégoin, consulté il y a trois ans, prescrivit l’iodure de potassium et une pommade inconnue de la malade; ces moyens ne produisirent aucun effet, les glandes progressèrent même avec plus de force qu’auparavant.

M. Amussat père en proposa la compression. La

malade s’y refusa et ne voulut plus se faire voir à aucun

ÎIlCvlôOl 11 •

Introduit auprès de madame Poullnen par les docteurs Fougeirol et Auselmier, nous trouvâmes madame

Pouilhien dans l’état suivant :

État de la malade : Le faciès un peu jaunâtre et un peu contracté dénote une nutrition insuffisante , du reste toutes les fonctions sont en bon état. Les seins flasques et amaigris présentent, le droit, trois grosses glandes bosselées qui se touchent réciproquement, et forment, par leur réunion, une masse de douze a quinze centimètres de longueur et trois ou quatre d epaisseur. Cette tumeur, observée dans son ensemble, est très irrégulière, à bords tranchants et indurés, absence de douleurs lancinantes, cependant elles se manifestent aux approches des évolutions mensuelles; le poids de ces glandes est devenu incommode est même assez pénible depuis quelque temps pour gêner les mouvements du liras ; au lit, la malade est obligée e rester sur le dos parce que le paquet glanduleux , en se jetant sur la droite ou sur la gauche, en raison de la position, fatigue la corde du bras et détermine une

sourde douleur.

Le sein gauche présente, au-dessus du mamelon, une glande squirrheuse et bosselée du volume d’une grosse

am an de .

Prescriptions : Dans le principe , eaux de Celles argentiques a prendre sur du sucre ou en lotions ; frictions argentines sur la langue . A dater du milieu d'avril remplacer l argent par le cuivre, ,

Dès la première partie du traitement le tissu adi-

peux qui environne les tumeurs devint plus souple , moins consistant, la masse squirrheuse se subdivisa en fragments et s’éloigna, en quelque sorte , ou pour mieux dire, se détacha entièrement des côtes avec lesquelles elle avait quelque adhérence. Depuis deux mois, madame Pouilhien n’éprouve aucune gêne dans le bras ni dans le sein, elle se couche indifféremment dans tous les sens , les seins sont souples et légers , les glandes , subdivisées et fendillées, perdent progressivement de leur volume, les lochies sont fortement colorées et abondantes , les améliorations obtenues sont enfin le gage de celles qui ne peuvent manquer de se produire; et la malade, appréciant la différence de son état présent avec celui d’autrefois , ne redoute plus l’avenir et ne verse plus de larmes.

MADAME DESBORDES (25 mars).

Madame Desbordes, de Passy, canton de Loret-le- Bocage (Yonne), âgée de trente-trois ans, issue d’une mère morte phthisique, eut une enfance heureuse. Nubile à]quatorze ans, mariée à vingt-trois, eut trois enfants dans le cours des trois premières années de son mariage; de là probablement ces défaillances, ces douleurs de l’estomac et du bas-ventre, cette anorexie, enfin cet ensemble de souffrances indécises du tube digestif dont se plaint la malade et dont l’origine, dit-elle, remonte à sa vingt-sixième année. Madame Desbordes éprouvant quelques inquiétudes dans ses seins amaigris , trouva en les palpant , il y a dix mois, quelques noyaux glanduleux qui excitèrent ses

alarmes. M. le docteur Coupé consulté, ne calma pas les appréhensions de la malade qui fut à Gondreville (Yonne) , réclamer les bons conseils du docteur Maudilény, autrefois mon maître et mon ami, aujourd’hui mon excellent confrère. A son arrivée auprès de moi, cette pauvre femme était d’une inquiétude extrême, le mot cancer la faisait trembler, mais les bonnes paroles de Maudilény et les miennes la rassurèrent un peu.

État de la malade : Peau brune et amaigrie, yeux et cheveux noirs, squelette svelte , aucun signe déduit du faciès ou de la constitution ne semble dénoter une prédisposition aux maladies de la lymphe II existe cependant un long chapelet de glandes indurées situées sur le devant de la corde du bras droit et qui s’étendent jusqu’au bout du sein; ces glandes, bosselées et aussi dures que le bois, forment une espèce de chaîne large et serrée avec renflement considérable vers le bout du sein ; ce renflement est ici plus gros qu’un œuf de pigeon allongé ; le tissu cellulaire ambiant est compacte et grumeleux, il existe enfin dans le creux de Faisselle correspondante quelques glandules dont une aussi grosse qu’une amande. Tension et matité dans la région du foie, la saillie du grand lobe et le soulèvement des côtes dénotent clairement que cet organe participe à cet ensemble de douleurs. Notons enfin qu’il existe des élancements dans l’intérieur de ces diverses glandes, élancements qui redoublent d’intensité aux approches des évolutions mensuelles. La mamelle gauche est plus petite, comme recroquevillée, et son tissu est plus dense que dans l’état normal. Pe-

SCROFULEUSES ET CANCÉREUSES.

tites glandes engorgées selon le trajet des jugulaires. . ' .

La terreur de cette pauvre femme était d'autant plus grande qu’elle avait donné des soins à Lune de ses tantes morte d’un cancer au sein.

Prescriptions : J Eaux de Celles auro - argentiques en lotions , et à V intérieur sur du sucre , frictions argentiques sur la langue; à dater du 24 avril les préparations auro-argentiques furent remplacées par les médications cuivriques .

Au 2 avril le sein se détachait des côtes, et les glandes avaient déjà subi des modifications manifestes. La malade quitte Paris pour continuer son traitement chez elle; retour le 14 du même mois. Les glandes arrondies perdent de leur volume et mollissent ; tous les symptômes sont avantageux.

24 avril. Les tumeurs progressent vers le bien, s’isolent , s’arrondissent et s’aplatissent de plus en plus, celles qui existaient selon le trajet de la corde du bras ne sont plus que de petits corps isolés à de grandes distances, le plus grand nombre sont entièrement résolues; la tumeur inférieure change de forme et de contexture.

9 mai. Les glandes vont bien , mais la malade a éprouvé une grande irritation gastro-intestinale caractérisée par des vomituritions, une diarrhée intense et de vives souffrances intestinales.

Prescriptions : Suspension du traitement pendant quatre jours; diete , boissons et fomentations émollientes.

20 mai. Madame Desbordes reprit ses médications au troisième jour ; elle les a faites ensuite avec beau-

coup de précision* A l’heure actuelle, il ne reste plus qu’une tumeur lymphatique, aplatie, brisee et resserrée sur tous les points au-dessus du mamelon ; la seule glande que l’on trouve encore dans le creux de l’aisselle présente le volume et la forme d une grosse fève; la région du foie, moins gonflée, commence à rendre du son sous le coup du doigt qui la percute ; malheureusement la malade, négligeant les conseils que je lui avais donnés , n’a pas fait assez de lotions sui le bord des fausses côtes. En somme , et en dernière analyse, madame Desbordes est dans des conditions ties avantageuses qui me garantissent un succès complet et prochain.

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