Gazelle hcbdomaire de médecine el de chirurgie
parlant de la discussion qui s'ouvrit, en 1872, h l'Académie de médecine sur ce sujet, et dans laquelle Chassaignac plaida avec tant d'ardeur la cause de sa méthode.
Avec la période qui vient, la question de l'em- igeoàisTs. pyèine va prendre un développement considérable; peu à peu, elle devient presque à l'ordre du jour, et sous l'inlluence d'une élite de médecins érudits, d'observateurs sagaces, de chirurgiens plus hardis, la thoracentèse, tout en se fortifiant dans ses procédés, laisse plus de place à l'incision de la poitrine, à l'opération de l'empyème, qui, si elle est encore discutée souveut, gagne peu à peu le terrain si péniblement acquis et si vite perdu, pour devenir, de nos jours, l'opération de choix dans la pleurésie purulente. A cette période se rattachent, surtout en France, les noms de Damaschino, Bouchât, Moutard-Martin, Békier, Chassaignac, Potain, Dieulafoy... A l'étranger, ceux de P/layfair, Bacelli, Ewart... et bien d'autres dont les travaux seront signalés au courant de la description chronologique.
Cette période débute mal, progresse lentement. On glane par-ci, par-là, dans le champ de cette histoire, quelques travaux peu importants, quelques descriptions d'appareils sans avenir; ceci va jusque vers 1868.
En 1864, Roser propose de traiter l'empyème mi. par des injections répétées d'air dans la cavité suppurante, et, dans le mémoire oh il expose sa méthode, il cite trente cas d'empyème traités
et guéris par cette active ventilation pleurale. Ce chiffre doit ôtre singulièrement exagéré, car nous ne connaissons pas encore une méthode de traitement qui ne compte que des succès, et celle-ci fut ouhliée dès qu'elle eut vu le jour. Roser fut cependant un des premiers qui considéra la résection des côtes comme un complément utile de l'opération de l'empyème.
18G5. L'année suivante, la question de l'empyème vient devant l'Académie de médecine. Il ne paraît être rien resté de la discussion.
1865. Barth fit construire une canule à double courant avec laquelle on pouvait à la fois évacuer l'épanchement pleural et y injecter un autre liquide.
1867-1868. Deux thèses doivent être mentionnées, celles de Attimont ' et de Manny, parce qu'elles sont écrites en faveur de la méthode dite des ponctions répétées.
1868. La préoccupation d'empêcher la pénétration de l'air dans la plèvre fut l'origine de nombreux perfectionnements des trocarts et des appareils employés pour le traitement des épanchements. Blachez fit, dans ce but, construire un trocart capillaire.
1869. En l'année 1869, paraissent des travaux im- Thèse de Da- portants. C'cst d'abord la thèse d'agrégation de
masch.no. Bimaschino , sur la « Peurésie purulente ». Cette
1. Contribution d l'étude de la paracenlèse dans la pleurésie purulente.
œuvre assez longue mérite d'être examinée dans ses principaux détails, car les conditions où elle a été écrite permettent de connaître assez bien l'état de la science, à ce moment du moins, et sur cette question. Nous n'étudierons que la partie thérapeutique. Ce qui ressort le plus clairement de cette œuvre, et ce qui, à nos yeux, en fait la valeur, c'est que l'auteur cherche cà appliquer chaque méthode à chaque cas particulier ; ne tente pas de préconiser un procédé au détriment du procédé contraire, mais s'applique à agir suivant les indications, d'après les caractères cliniques et la marche de la maladie. C'était faire œuvre de tact et de médecin.
La thoracentèse devait toujours être employée la première, « quelque conviction qu'on puisse avoir de l'existence du pus dans la plèvre. Car, rien ne peut rendre plus circonspect que l'exemple même de Trousseau, qui fut conduit, une fois, à inciser la poitrine pour un simple épanchement séreux ».
La thoracentèse paraissait indiquée : 1° lorsque la maladie prenait une allure rapide; 2° lorsque l'on avait affaire à un malade jeune; 3" lorsqu'après une première ponction le liquide se reformait.
Quant .à l'opération de l'empyème, Damaschino lui reconnaissait des avantages réels, car, outre que l'on peut donner une large issue au pus, on peut facilement modifier la surface pleurale au moyen de diverses injections. Malgré tout,
et gêné sans cloule par le discrédit où la pleurotomie était tombée, Daniaschino faisait quelques réserves : « Nous ne voulons pas dire néanmoins que l'on doive toujours la pratiquer d'emblée, et, bien que les dangers de cette opération aient été, selon nous, beaucoup exagérés, nous pensons qu'elle n'est pas exempte de tout inconvénient. »
Cette opinion réflète bien celle qui avait cours à cette époque. On pratiquait plus volontiers la thoracentèse , on craignait encore l'opération de l'empyème; cependant, celle-ci tendait enfin à remonter le courant de l'opinion publique, lorsque, en 1872, des cbirurgiens du plus grand nom cherchèrent encore à l'enterrer pour toujours.
Un travail ou plutôt des procédés très importants et d'une remarquable ingéniosité, paraissent la même année. Nous voulons parler des ide appareils et des méthodes de M. Potain. Les deux procédés visent le môme but : évacuation du pus et lavage de la cavité purulente.
Le premier (dit du tubp simple ou du siphon^), est décrit dans la plupart des traités classiques : la pièce principale de l'appareil est un tube de caoutchouc à trois branches courtes, figurant un Y. A chacune des branches un autre tube en caoutchouc est ajusté au moyen d'un petit index de verre. L'un des tubes, le plus court, doit être introduit dans la plèvre; des deux autres, l'un plongé dans un vase rempli d'une solution désin-