‹ Traitement des pleurésies purulentesChapitre 14 sur 38 · Bulletin de thérapeutique · texte numérisé non relu

Bulletin de thérapeutique

fectante, esL placé au-dessus du patient à la tète de son lit, l'autre est dirigé vers un vase placé à terre et plonge dans l'eau tiède. Chacun de ces tubes peut être fermé à l'aide d'une pince à pression.

Lorsque, au moyen d'un trocart, le tube pleural a pénétré dans la plèvi^e, on aspire par l'extrémité libre du tube inférieur. Le pus, entraîné par le mécanisme du siphon, coule dans le vase inférieur. Lorsqu'une certaine quantité de liquide a passé de la plèvre dans l'eau tiède, on arrête l'écoulement en plaçant une pince sur le tube inférieur, et on établit la communication entre le vase supérieur et la plèvre; la solution descend alors et remplace le pus qui s'est écoulé. On répète la même manœuvre jusqu'au moment où le liquide de la plèvre sort clair. On laisse une certaine quantité du liquide et l'on ferme le tube pleural que l'on sépare du tube en Y. Un pansement protège l'extrémité libre du tube pleural.

Le deuxième procédé (dit du double tube) nécessite deux ponctions à la paroi thoracique. « C'est en somme le même appareil, seulement chacun des deux tubes supérieur et inférieur pénètre dans la plèvre par un orifice distinct; les deux tubes pleuraux sont ensuite mis en communication, l'un avec le tube supérieur, l'autre avec l'inférieur. Puis, on ouvre le tube inférieur pendant que l'autre reste fermé; le pus coule dans le vase inférieur; et, lorsque l'écoulement paraît

suflisant, on ouvre le lube supérieur et le liquide antiseplique passe lenlemenl dans la plèvre.

M. Potain se servit chez les premiers malades qu'il traita à l'aide de ces deux procédés, d'eau alcoolisée, et, quelques années après, d'une solution d'acide salicylique à 1,5 pour 1,000.

Le grand avantage que M. Potain voyait dans l'emploi de son procédé, consistait surtout dans ce fait que l'opérateur pouvait, à volonté et suivant les cas, diminuer ou augmenter la pression pleurale.

A l'heure actuelle, on se préoccupe moins des variations de cette pression et de leurs inconvénients possibles; et les guérisons très promptes, que l'on peut obtenir par une pleurotomie hdtive et complète, montrent que les dangers, qui semblaient devoir résulter d'une dilatation brusque du poumon comprimé, étaient évidemment exagérés.

18-1 Cette méthode fut quelque temps employée, et la thèse de Benard, écrite en faveur du traitement de l'empyème par le siphon de Potain, contient cinq observations traitées par ce procédé.

1871. Au courant de la même année, parait un mémoire intéressant de Bouchut, sur l'emploi de la thoracentèse dans la pleurésie purulente. Cette étude commence par un historique très intéressant de la thoracentèse et de l'empyème, et conclut par un panégyrique complet de la méthode des ponctions, même indéfuiiment répétées. « L'opération de l'empyème, dit-il, n'a plus de

raison d'être que si le poumon comprimé est trop adhérent pour reprendre son volume, et que s'il y a des escarres du poumon gangrené ou des corps étrangers à faire sortir de la plèvre. » Aussi trouve-t-on des observations d'enfants auxquels l'auteur est arrivé à faire jusqu'à 33 ponctions aspiratrices !

L'année 1872 est certainement, dans toute cette histoire, celle oiî les faits, les observations, les mémoires, les discussions dans les sociétés savantes, sont les plus, multipliés, les plus intéressants à observer et à critiquer.

Il faut faire une large place, dès le début, à la discussion sur l'empyème, qui remplit pendant plusieurs mois les séances de l'Académie de médecine, et qui se distingua entre toutes, par une polémique d'une violence parfois inouïe, par une animosité inaccoutumée.

Chassaignac combattit l'opération de l'empyème. « C'est, dit-il, l'une des plus désastreuses de la chii-urgie ; ce qu'elle a fait de victimes peut difficilement se compter; nous nous garderons bien d'insister sur des pratiques étranges et inadmissibles, comme celles de Reybard donnant sérieusement le conseil de perforer une côte pour y placer à demeure une canule métallique! »

Puis, il fait en faveur du drainage chirurgical appliqué à l'empyème, un plaidoyer ardent: « Au moyen d'un trocart, plus long que les trocarts ordinaires, nous pénétrons dans le sixième ou le septième espaceintercostal, à l'union

Discussion à TAcadémie de médecine.

Chassaignac.

Béhier.

Hérard.

Guérin.

Drainage chirurgical.

des deux tiers aiilérieui's avec le tiers postérieur de cet espace. Dès que le trocart a pénétré dans la plèvi-e, il est ramené par Iransfixion du dedans au dehors à travers le même espace intercostal, de manière à comprendre un point tégumentaire de deux travers de doigt de longueur. Aussitôt que la canule du trocart a été mise en place, elle sert à conduire l'élastique, qui devra rester à demeure sous forme d'anse fenêtrée. »

Mais à peine Chassaignac a-t-il fini de défendre sa méthode, que la discussion s'engage, surtout avec Béhier, et avec quelle aigreur de part et d'autre !

— Pourquoi s'étonner, disait Béhier, d'entendre M. Chassaignac canoniser sa méthode; n"est-ee pas comme dans la fahie où le hibou déclare que :

Ses petits sont mignons, Beaux, bien faits et jolis sur tous leurs compagnons.

Ce sont pures tendresses de père !

Et M. Chassaignac, de répondre : » Il n'y a pas de mal, quand on le fait à propos, à diminuer l'aridité d'une discussion pareille à celle que l'Académie vient d'entendre; et ce trait allégorique, dont M. Béhier prendra sa bonne part, le jour oiî il lui arrivera d'inventer quelque chose, prouve qu'il sait comprendre la plaisanterie... »

Et M. Béhier de dire : « J'avoue que si Vel-

peau, qui, lui, avait le droit de penser qu'il tenait en main le sceptre de la chirurgie française, m'avait distribué les objurgations dont on a bien voulu m'honorer, je n'aurais pu me défendre d'une certaine émotion. Je dois avouer que je suis sorti des trois journées de M. Chas-' saignac sans emporter aucune émotion... et je ne puis m'empécher de penser à la cérémonie du Malade imaginaire; seulement à la formule :

Resaignare, repurgare, reclyslerisare se trouve substituée la suivante :

Drainare, redrainare, sur-redrainare.

M. Béhier présenta chaudement la défense de l'opération de l'empyème. Au cours de cettelutteà la fois si, solennelle et si comique, M. Guérin défendit la méthode de la thoracentèse sous-cutanée, xM. Hérard vanta l'intervention hâtive et comme moyen, la méthode des ponctions répétées suivies d'injection iodées. Cependant, il reconnut que cette méthode n'était pas applicable indistinctejnent à tous les cas, et qu'il fallait préférer l'incision de l'espace intercostal lorsque la plèvre contenait dans sa cavité des fausses membranes et des débris gangréneux.

Enfin, Sedillot vanta de nouveau l'ouverture" du thorax d'après la méthode hippocratique.

C'est à dater de cette époque que l'opération de l'empyème revit de nouveau le jour, reprit une place qu'elle n'a plus quittée, et elle le doit sur- ^^^^ tout au mémoire de M. Moutard-Martin. Mémoire de

. , , , . . . • n Moutard-

Cette publication exerça au moins en in*ance Martin.

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