Cité par Bouveret
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lavage de la plèvre, non seulement pendant tout le cours de l'opération, mais aussi pendant toute la durée du traitement, l'état du patient était très grave et la pleurésie datait déjà de trois mois. Or, 14 jours après l'opération, la suppuration était tarie, et peu de temps après, la cicatrisation complète.
Nous avons tenu à mentionner ce fait avec quelques détails, car il ouvrait une voie nouvelle, et cependant, il fut sans écho, le chirurgien resta sans successeur, au moins en France, et pendant dix ans.
On était encore, en notre pays, sous l'impression du mémoire de Moutard-Martin, qui, tout en marquant un progrès considérable, insistait tellement sur l'importance du traitement consécutif, qu'on le croyait suffisant à parfaire la guérison. La nécessité de désinfecter la plèvre quand même, fut reprise et développée dans beaucoup de discussions, d'articles de journaux, de revues ou de thèses inaugurales. On s'en tint là pendant longtemps, on inventa même de nouveaux procédés dont le but était de détrôner encore la pleurotomie ; cependant qu'à l'étranger, des observations d'empyème aseptique marquaient le progrès, indiquaient la route, mais se succédant à intervalles éloignés, elles restaient isolées, et personne n'en avait cure.
Or, voici quel était, chez nous à ce moment, le pansement après la pleurotomie : un linge troué, légèrement enduit de cérat, un gâteau de
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charpie trempée dans l'eau alcoolisée, de la charpie sèche en quantilé, deux compresses et un 1875. handage de corps.
M. Gayet communique au Congrès de Nantes ses recherches sur les effets de l'aspiration continue appliquée au traitement des suppurations aiguës et chroniques. Il cherchait, à l'aide de l'appareil de Regnault, à obtenir une aspiration lente, graduelle et continue des sécrétions pathologiques.
Cette méthode appliquée au traitement de l'empyème échoua presque toujours, etne fut guère recommandée, même par son auteur. M. Gayet insista avec raison sur la nécessité de remplir cette autre indication du traitement de l'empyème, à savoir : la désinfection du foyer purulent. d875. Mais, à ce moment, un coup fut donné à la méthode des lavages consécutifs à l'opération de l'empyème. M. Raynaud lut à la Société médicale des hôpitaux un mémoire où sont relatés deux cas de convulsions éclamptiques, dont un, terminé par la mort, survenue brusquement pendant le traitement consécutif de l'empyème, au moment d'un lavage de la cavité pleurale. Les observations de ce genre se multiplièrent par la suite, et nous aurons occasion d'étudier cette complication dans un chapitre de ce livre.
Libenmnn cherche à rééditer un des vieux procédés employés contre la pleurésie purulente, celui qui consiste à maintenir béante l'ouverture faite à la paroi thoracique, en y introduisant une canule dont la paroi rigide peut résister à là
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compression des côtes. Ce procédé, sur lequel il serait oiseux de s'étendre, a été abandonné de tout le monde, et de Libermann lui-même, car il conclut que les canules à demeure difficilement maintenues dans l'espace intercostal, provoquant souvent des ulcérations de la peau, il vaut mieux recourir d'emblée à l'opération de l'empyème.
Peu à peu, la pleurotomie gagnait du terrain et l'un des travaux les plus remarquables de cette isve. époque est la thèse de M. Peyrot, qui préconise l'incision de la paroi thoracique et surtout l'incision précoce. .
Pendant ce temps, à l'étranger, Sinclair, Mar- isvo-is-e. shall et d'autres, publient des observations de pleurésies purulentes traitées et guéries par la pleurotomie antiseptique.
Dès que l'opération de l'empyème devint plus i877. courante, les procédés opératoires commencèrent à se perfectionner, et l'on tenta d'abord, à l'aide d'instruments nouveaux, de la simplifier dans son exécution
C'est dans ce but que Vergelij * imagina un i876. thoracotome destiné à inciser l'espace intercostal "^^^ll^^^'^^ et à ouvrir la plèvre. On peut le comparer à un couteau à tranchant oblique, dont le dos porte une canule fendue dans toute sa longueur, par conséquent élastique et capable de recevoir des trocarts de différents calibres. Un trocart est enfoncé dans la poitrine et le poinçon reste en
•1. Bulletins de la Société médicale des hôpitaux de Pai-is.
place. Sur ce poinçon on adapte la canule du couteau, lequel est poussé vers la plèvi'e, divise ainsi les parties molles et pénètre dans la cavité purulente. Le poinçon du trocart sert de conducteur à la lame coupante.
1878. Leyden invente à son tour un nouveau thoracotome. C'est un trocart muni de lames latérales. Les lames sont cachées et l'instrument semble tout à fait un trocart ordinaire. On fait saillir les lames en pressant sur les deux tiges qui se trouvent de chaque côté du manche de l'instrument.
L'opérateur ponctionne et, en retirant le trocart, appuie sur les deux tiges. La section de la plèvre et des parties molles s'opère de dedans en dehors. 1877-1878. D'Angleterre, l'opération de l'empyème exclusivement antiseptique passe en Allemagne, et on la voit pratiquée par Baum, Konig, Gœschel, Wagner. Ces auteurs cherchent surtout à bien mettre en lumière les avantages d'une antisepsie rigoureuse et ceux de la rareté et même de la suppression complète des lavages de la plèvre. Gœschel montra combien, surtout chez les enfants, la pleurotomie antiseptique est préférable à la méthode des ponctions répétées.
1880. Et, cependant, malgré les progrès de la pleurotomie, les auteurs s'ingénient encore à trouver de nouvelles méthodes, et les croient, tout naturellement, infiniment supérieures aux opérations déjà existantes. Reprenant comme type l'ancien procédé des ponctions avec injections, déjà préconisé par Aran, Baëk et Kashinmra rééditent
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cette méthode, et traitent les pleurésies purulentes par la ponction simple suivie de lavages antiseptiques de la plaie pleurale. Ces auteurs lavaient la plaie avec une solution de thymol au 77j„ maintenue à la température du corps. Baëlz estime son procédé plus simple et d'une application plus facile que l'opération de l'empyème, laquelle nécessite ensuite des pansements compliqués. Il donne, en faveur de son procédé, 3 observations dont la guérison a été rapide après 1 à 3 lavages antiseptiques. Ce procédé, d'abord accueilli favorablement, fut ensuite abandonnéen Allemagne, et repris il y a peu detemps, en France, par M. Fernet.
Biilau propose de pratiquer l'aspiration continue de la plèvre. Son procédé a été décrit pour la première fois par Ja/fe ' .
On ponctionne avec un gros trocart dans la canule duquel on introduit un long tube de caoutchouc qui vient s'ouvrir au niveau du sol dans un vase plein d'une solution de sublimé, au moyen d'une extrémité munie d'une boule en plomb perforée.
Dans l'esprit de l'auteur ^ cette disposition a pour effet d'entretenir dans la cavité pleurale une pression négative, grâce à laquelle le pus est aspiré au dehors. Le poumon trouverait là luimême un obstacle à sa rétraction.
Cette méthode a mené grand bruit ces temps
•1. Dcuslche mcd. Woschenschrift.