II. — DE LA PLEURÉSIE PURULENTE A STREPTOCOQUES
Le streptocoque pyogène est l'agent ordinaire des infections secondaires. La pleurésie purulente qu'il crée, est une des plus fréquentes. Quelle que soit son origine, l'empyème à streptocoques a son évolution, son pronostic, son traitement liés d'une façon immédiate aux caractères biologiques du micro-organisme, et l'on trouve dans les états variables de sa virulence presque tout le secret des formes morbides qu'il engendre.
Le streptocoque est partout autour de nous, et notre hôte latent le plus souvent. Ce qui assure son action en tant qu'agent pathogène, c'est son extrême facilité à vivre en parasitedans les différents milieux, sa résistance aux agents de destruction et souvent sa longue vitalité. A l'abri de l'oxygène, il exalte sa virulence, ce qui explique sa remarquable longévité dans la plèvre, où il vit dans un milieu favorable, à l'abri de l'air. Des faits cliniques bien connus montrent nettement à quel point son énergie est variable.
Certaines de ses formes ont une durée mesurée, comme celle du pneumocoque, et il i^'est pas besoin de rappeler que dans l'érysipèle de la face il y a terminaison brusque, critique, d'une mani-
feslalion slreplococciquc. Entre lo streptocoque d'une virulence extrême comme celui de la septicémie puerpérale et celui de l'érysipèle blanc, existent une quantité de degrés intermédiaires. Par conséquent, dans l'empyème à streptocoques, il faudra, pour établir le pronostic, tenir compte des difîérents facteurs parmi lesquels :
1° Le nombre des streptocoques. La gravité de la maladie étant directement proportionnelle au nombre des agents pathogènes.
2" Des produits élaborés par ce microbe. On sait, depuis les recherches de Vigmlou\ que, d'après l'examen comparé de la toxicité relative des liquides pleuraux, celui de la pleurésie à streptocoques paraît le plus toxique de tous.
3° Rechercher, par les inoculations, le degré de sa virulence.
Les causes de la pleurésie purulente à streptocoques sont multiples; il paraît même impossible de les dire toutes sans en omettre aucune, puisque le micro-organisme peut arriver à la plèvre, quelque éloigné que soit son foyer d'origine. Dans beaucoup de maladies spécifiques (fièvre typhoïde, tuberculose, etc.), -il est le plus souvent l'agent secondaire de la suppuration pleurale. Il est fréquemment introduit dans la plèvre à la suite d'opérations malproprement pratiquées, et, par conséquent, lorsqu'il y a plusieurs agents pathogènes dans un pus, il est presque toujours l'un de ceux-ci.