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Traité de l'auscultation

a un très haut degré; encore même beaucoup .de cas qui présentent ces conditions échappent- I s à l'observation des plus habiles médecins ou chirurgiens - à plus forte raison, les cas moins graves qui donneraient le plus d'espérance de sauver le malade. » En tout cas, si l'état du patient est tellement grave qu'on ne pui.s.se songer à cette opération, Laënnec conseille de tenter au moins une ponction évacuatrice.

Et cependant, il ne considérait pas l'opération de l'empyème comme une opération certaine. « Elle est rarement suivie de succès, » disait-il. De sorte que, malgré la découverte de l'auscultation, la pleurotomie resta pendant longtemps encore, en France, une opération d'exception. Il faut arriver vers d840, pour la voir revivre un peu, à l'instigation de Sedillot • A dater de 1833, et pendant les dix années qui suivirent, les progrès devinrent évidents. Les travaux ne sont pas encore très nombreux, mais ils commencent à acquérir une certaine importance, et marquent une ère nouvelle dans l'histoire du traitement de la pleurésie purulente. Au milieu de communications de moindre valeur, trois noms surgissent, qui méritent d'être placés en pleine lumière : ceux de Sedillot, de Reybard, de Trousseau. Le premier de ces auteurs cherche à réhabiliter l'opération de l'empj^ème, et avec un talent, une rigueur de dialectique tout à fait remarquables ; le second invente un trocart ingénieux ; le troisième enfin remet en honneur et

DES PLEURÉSIES PUBULENTES

vulgarise la thoracentèse dans le traitement des pleurésies, séreuses ou purulentes.

Les travaux de Sedillot et de Trousseau méritent plus qu'une mention.

En 1835, Samson et Bouillaiid furent chargés, par l'Académie de médecine, de faire un rapport sur un travail de Faure : Observations pour servir à l'histoire de ropération de Vempyème dans les divers cas d'épanchement pleurétique. Les conclusions de ce mémoire sont peu favorables à l'opération de l'empyème. Mais, une discussion s'élève à ce sujet au sein de l'Académie, oii les opinions les plus contradictoires sont émises tour à tour. Sedillot fit de ces séances une critique bien spirituelle. Tandis que les uns prétendirent qu'il était fort inutile de s'occuper de l'empyème, parce que les pleurésies ne sont jamais mortelles par ellesmêmes ; d'autres comparèrent la poitrine à un tonneau et soutinrent qu'on ne pouvait en extraire un liquide épanché sans qu'il fût immédiatement remplacé par un volume proportionné d'air atmosphérique. On avança que l'introduction de l'air était mortelle, on répondit qu'elle était parfaitement innocente. Une haute expérience posa en règle d'ouvrir largement la poitrine et de donner issue aux liquides en une seule fois ; une expérience non moins célèbre se prononça en faveur des ponctions répétées pour extraire petit à petit et successivement les matières épanchées. Ici, on démontrait par l'anatomie pathologique l'impossibilité de la guérison; là, on

TRAXTEMENT

répondait par des exemples de succès. Et ainsi, la discussion se traîna pendant huit longues ^ séances ! Il n'en sortit absolument rien.

Seule, cette anecdote assez curieuse mérite d'être rapportée. A un auteur, qui rappelait (d'après les observations de Faure) que Dupuytren s'était décidé à supporter l'opération de l'empyème, l'ayant considérée comme favorable, mais que, faute d'instruments convenables, cette opération avait été retardée, Sanson s'éleva contre cette erreur et rappela qu'une consultation s'était prononcée contre l'opération, de sorte qu'après l'avoir adoptée, Dupuytren la rejeta en disant : « J'aime mieux mourir de la main de Dieu que de la main des chirurgiens. »

1835. Nous trouvons cette même année, deux mémoires : l'un de Becker' , dans lequel l'auteur cherche à établir l'indication de la paracentèse, d'après les nouveaux procédés d'exploration.

L'autre, de Davies\ où l'on trouve nettement exprimée cette notion que la paracentèse de la poitrine réussit surtout chez les enfants.

1839. Schuk donne la description d'un instrument complexe et difficile à faire fonctionner. C'est un trocart dans lequel un système de valvules s'ouvrait spontanément au moment de l'expiration pour permettre l'issue du liquide et se fermait pendant l'inspiration, de façon à empêcher la pénétration de l'air dans la plèvre.

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