‹ Traitement des pseudarthroses par l'autoplastie périostiqueChapitre 3 sur 7 · II · texte numérisé non relu

II

Quand notre illustre compatriote White, en 1760, appliqua la résection à la cure des fausses articulations, il fît faire à la science un pas nouveau. Des succès ont couronné cette méthode. En réséquant les bouts des fragments non réunis, on plaçait le malade dans les mêmes conditions que s’il avait une fracture compliquée de plaie, communiquant avec l'extérieur. Or, dans ces conditions, on le sait, les fractures peuvent, à la longue, se consolider. Mais White ne tenait encore aucun compte du périoste, et c’est certainement à cet oubli que sa méthode doit de ne pas être restée dans la pratique.

En résumé, toutes les méthodes que nous venons de passer rapidement en revue sont entachées d’un vice radical, parce qu’elles ne sont pas basées sur des notions de physiologie complètement suffisantes. Aussi aujourd’hui, la pratique des chirurgiens de notre pays comme celle des pays étrangers nous montre une très grande défiance à l’égard du traitement des pseudarthroses. On n’ose plus opérer, non-seulement à cause des dangers des diverses méthodes, mais encore pour les insuccès qui les accompagnent. On se soucie peu, et c’est à bon droit, de faire courir des périls à la vie d’un malade, sans que l’espoir de la guérison vienne le dédommager des risques qu’il va courir.

Il fallait donc chercher une nouvelle méthode qui vînt amoindrir ces dangers, donner en même temps plus de certitude de guérison, et qui, par conséquent, inspirât plus de confiance. Pour cela, il fallait faire intervenir le périoste dans cette opération, il fallait, combler une perte de substance ; et, de même que, pour une lésion semblable des téguments, on taille des lambeaux, on fait de l’autoplastie, de même ici, il était nécessaire de faire une autoplastie que nous avons le premier appelée périostique. En effet, pour

que du tissu osseux se produisît, il fallait préparer un organe qui le fournît et cet organe est le périoste. Le périoste est un lit où vient se coucher le tissu osseux : préparer ce lit, c'était préparer la production de l’os.

C’est sur ces principes de physiologie normale que nous nous sommes basé pour établir notre nouvelle méthode. Nous venons donc aujourd’hui en faire la description pour ranimer la confiance justement ébranlée relativement au traitement connu ces pseudarthroses, et si nos efforts arrivent à faire accepter une opération qui nous paraît supérieure à celles qui l’ont précédée, nous aurons obtenu une grande satisfaction et une douce récompense.

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