‹ Traitement des psychonévroses de guerreChapitre 10 sur 55 · TROUBLES PSYCHO-SENSITIFS · texte numérisé non relu

TROUBLES PSYCHO-SENSITIFS

Suivant leur degré de fréquence, les troubles sensitifs peuvent être divisés en deux grandes catégories :

lo Les algies ou douleurs psychopathiques, troubles sensitifs

subjectifs qui occupent une place de premier plan, étant donnés leur nombre, leur durée et leur conséquence pratique au point de vue militaire.

2° Les anesthésies ou troubles sensitifs objectifs beaucoup moins importants, tant au point de vue sémiologiqué qu'au point de vue pratique.

A. — Les Algies

Algies du membre inférieur. — Les types cliniques varient à l'infini; on peut les classer en trois groupes principaux.

\a Type pseudo-sciatique (Roussy et Grutzhaendler). — C'est l'ancienne sciatique hystérique des auteurs classiques, dont la fréquence est grande. Petite épine organique, sciatique, réelle à un moment donné, telle est la cause habituelle sur laquelle viennent se greffer les manifestations psychonévrosiques parfois sincères, inconscientes, parfois subconscientes (sciatique d'exagération, de prolongation) ou encore conscientes (sciatique de simulation).

L'aspect clinique rappelle parfois à s'y méprendre celui de la vraie sciatique, mais les signes somatiques de celle-ci font défaut.

Le Type pseudo-crurite est beaucoup moins fréquent.

2» Type pseudo-coxalgique (Koussy et Crutzhaendler). — C'est l'ancienne coxalgie hystérique des auteurs. Les algies sont localisées au niveau de la hanche. La boilerie rappelle celle de la coxalgie. Le membre est en extension ou demi-flexion. Tous les signes somatiques de la coxalgie vraie sont absents.

On peut voir des pseudo arthralgies des autres articulations du membre inférieur (pseudo-gonalgie, farsalgie, talalgie).

3» Type pseudo-névritique. — On peut ranger dans ce groupe un grand nombre de cas de troubles de la marche par pseudonévrites consécutives à une maladie infectieuse ou encore aux gelures des pieds (Roussy et Leroux).

Algies du membre supérieur. — Dans la forme pseudonévritique, ce sont des douleurs diffuses ou localisées parfois sur le trajet d'un nerf, survenues soit à la suite d'un choc, d'une blessure superficielle, soit spontanément.

La forme pseudo-arthritique assez rare au coude et au poignet, est très commune à l'épaule. Les malades souffrent depuis des mois au niveau d'une articulation qu'ils immobilisent plus ou moins complètement.

3o TRAITEMENT DES PSYCHONÉVROSES

Algies du tronc. — Les rachialgies d'ordre névropathique consistent en douleurs vagues, diffuses à toute une région (cervicale, dorsale ou lombaire) ou localisées au niveau d'une ou de quelques apophyses épineuses, rappelant alors l'aspect clinique du mal de Pott. Elles provoquent des attitudes vicieuses qui d'abord transitoires et réductibles deviennent peu à peu permanentes et irréductibles.

Les lombalgies ou pseudo-lumbago sont une variété de raclnalgie souvent très difficile à différencier du vrai lumbago traumatique ou rhumatismal.

Signalons encore les algies du thorax : points de côté, p/eurodynie, fausses névralgies intercostales, spontanées ou traumatiques v souvent accompagnées de dyspnée; et les algies abdominales, fausses appendicites, algies des anciens opérés de hernie, etc.

Algies du cou et de la tête. — Les algies de la nuque sont accompagnées le plus souvent de torticolis tonique ou clonique.

Les céphalées à proprement parler hystériques ou pithiatiques, paraissent tout à fait exceptionnelles.

Algies viscérales- — Signalons les douleurs des testicules, à la suite de blessure ou de castration, cystafgie chez des commotionnés, gastralgie accompagnée de vomissements chez les gastropalhes, douleurs précordiales et dyspnée, fréquentes chez des sujets soumis aux gaz asphyxiants ou suffocants.

B. — Les Anesthésies, Analgésies, Hyperesthésies

Leur intérêt pratique est beaucoup moins grand que celui des troubles de la sensibilité subjective. Non perçues par le malade, elles n'entraînent aucune gène fonctionnelle, caractère princeps des anesthésies hystériques. Elles sont massives, totales, plus intenses que les anesthésies organiques; elles intéressent tous les modes de la sensibilité superficielle (tact, douleur, température) et profonde (sens fies altitudes, sens stéréognostique). Elles ont généralement une topographie segmenlaire (en £igot, brodequins, en manchettes, en gants, etc.). j

Symptômes mis en évidence, au cours des explorations, par ceux qui les recherchent, les anesthésies ne sont pas cause d'hospitalisation ou d'évacuation chez les soldats. Jamais elles ne constituent un signe prédominant ou isolé, mais font partie d'un tableau symptomatique d'ordre fonctionnel : hémiplégie, crises convul-

APERÇU CLINIQUE 3i

sives, tremblement, paralysie, etc., au cours desquels elles apparaissent, à condition d'être recherchées. A un premier examen, les malades n'attirent pas l'attention sur elles. — On admet depuis Babinski que les anesthésies comme les analgésies ou les hyperesthésies dites hystériques ou pithiatiques sont créées par la suggestion médicale ou toute autre suggestion à laquelle a pu être soumis le malade. Nous dirons, à propos du traitement, les précautions qu'il faut prendre pour leur recherche.

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