‹ Traitement des psychonévroses de guerreChapitre 12 sur 55 · TE A I TE ME NT DES PS YCHONÉ VU OSE S · texte numérisé non relu

TE A I TE ME NT DES PS YCHONÉ VU OSE S

à individualiser. Certes le trouble de la fonction respiratoire existe dans tout état émotionnel, qu'il se traduise par une accélération ou un ralentissement des mouvements respiratoires, mais il est exceptionnel que ce trouble se fixe pendant un temps suffisamment prolongé pour permettre Inobservation. On peut cependant observer la tarltypnée paroxystique des névropathes dont quelques /exemples ont été signalés pendant cette guerre. Elle s'accompagne toujours de manifestations bruyantes, excessives, disproportionnées. Le trouble ne se borne pas à la dyspnée, mais l'agitation générale s'empare du sujet. Il parcourt la chambre en tous sens, d'une manière désordonnée, il gémit, réclame du secours. La fréquence des mouvements respiratoires est souvent moindre en réalité qu'en apparence. L'excursion thoracique reste ample, l'expiration et l'inspiration sont bruyantes, entrecoupées de bruits gutturaux, d'appels et de gémissements.

Le pouls reste cependant calme, à peine plus fréquent.

Les crises de cette pseudo-polypnée se déclanchentponr la cause la plus minime.

Gros ventres de guerre ou Catiémophrénoses ('). — Denéchau et Mattrais ont décrit cette affection pour laquelle nous avons proposé avec Corail le nom de catiémophrénose et qui se caractérise par les symptômes suivants survenant habituellement à la suite de troubles digestifs :

Le ventre est globuleux, distendu de façon permanente, simulant celui décrit autrefois chez la femme sous le nom de « grossesse nerveuse » et pouvant en imposer pour une péritonite tuberculeuse. 11 est résistant à la pression légère. La pression forte ou mieux la manœuvre de Denéchau qui consiste à fléchir fortement les cuisses sur le bassin, le malade étant dans le décubitus dorsal le rend dépressible et finit par lui faire reprendre son volume normal.

Il y a souvent des troubles gastro-intestinaux consistant en aérophagie, sialophagie, aérocolie, constipation ou diarrhée, parfois vomissements. L'étal général est habituellement bon; parfois cependant dans les cas anciens l'insuffisance respiratoire, la persistance des troubles digestifs finissent par l'altérer.

L'examen radioscopique fera toujours établir le diagnostic. II montre que la distension abdominale est due à une contracture en position basse, inspiration forcée du diaphragme. Les mouve-

(1) De zarteuw = j'abaisse ; tporiv = diaphragme.

ments respiratoires à peine ébauchés ne lui impriment que de très légères modifications, ses oscillations variant de quelques millimètres au maximum.

Si l'on pratique sous l'écran radioscopique la manœuvre de Denéchau. on voit le diaphragme reprendre sa position normale. L'examen radioscopique décèle enfin l'aéro-gastrie, l'aéro-entérie, l'aéro eolie qui coexistent souvent.

Page 1