Du redressement de l'ankylose du genou
dans celte page, ce n’est point un travail personnel de Manget, ou des analyses d’auteurs antérieurs, c’est le texte même de Fabriz qu’il a reproduit en donnant dès le début ses raisons pour cela. Manget s’en est tenu a son rôle de compilateur consciencieux, et on ne saurait l’accuser en aucune manière de plagiat ou d’ignorance. Cette rectification peut sembler défavorable à Fabriz \
Serons-nous obligé de revenir sur l'éloge que nous avons fait et de le ranger au nombre de ces gens de toutes les époques, dont le génie se réduit à de l’érudition déguisée? En aucune manière ; cet auteur savait beaucoup et s’il songeait à en tirer profit, ce n’était pas pour usurper un relief d’emprunt, mais pour mieux faire que ses comtemporains. Il parle des appareils à rectification des ankylosés au 2e paragraphe du chapitre XXVI de l’ouvrage cité. En voici la traduction mot à mot.
« Instruments pour le coude et les genoux incurvés, empruntés à la grande chirurgie de Walter Ryff » 2. La bonne foi de Fabriz est comme celle de Manget hors de cause : mais voilà un nouveau nom et par conséquent une nouvelle erreur. Je n’osais pas d’abord prendre sur moi de la corriger, de déclarer qu’on a attribué à Ryff ce qui appartient à Hans de Gersdorff. Tous les deux furent à peu près contemporains, leurs biographies sont peu connues ; on sait que le premier suivit les armées, que le second vécut la plus grande partie de sa vie à Zürch et c’est tout. L’exemplaire que j’ai eu entre les mains fut édité dans un but d’utilité immédiat. Le libraire ne songeait pas à faire une édition critique, mais un manuel portatif ; il avait réuni dans un même volume plusieurs réceptuaires ou vade mecum populaires à cette époque et dont plusieurs étaient manuscrits. Le Feldlarlzbuch de Gersdorff est suivi d’un anlidotaire, c’est-à-dire d’un précis très som-
1. Ichor et Meliceria Celsi. De hoc morbo arliculos variis de causis affligente tam accuraté pro more agit Tractatu Speciali Experientissimus Gulielmus Fabricius Hildanus, ut ilium integrum hic legendum tradere commodiim omnino credamus. Bibliothecæ chirurgicæ liber nonus. Bibliothec chir. T. II, p. 489. Ed. Crames et Perralhon. Genève, 1721.