Loc. cit. p
maire de matière médicale et de pharmacie de Walter Ryff. Qui dit que dans une compilation publiée par un autre libraire on n’a pas interverti l’ordre des noms; qui dit que Gersdorff et Ryff aient bien composé les ouvrages eux-mêmes et qu’un copiste ingénieux n’ait pas employé ces noms jouissant alors d’une certaine notoriété, pour servir d’enseigne à une foule de recettes, de notions puisées à droite et à gauche? Je me borne à constater un fait, c’est que d’après le témoignage de Fabriz lui-même les premiers appareils à redressement graduel des ankylosés ont été construits au milieu du XVIe siècle. Les textes que j’ai eus sous les yeux, m’obligent d’en attribuer l’invention à Jean de Gersdorff1.
Presque au temps de Fabriz de Hilden, Félix Plater proposa un instrument d’un autre ordre, également ingénieux, mais beaucoup moins énergique que ceux dont il a été question. Voici ce qu’il dit à ce propos.
« Nous pourrons rendre la mobilité aux articulations rigides, sans violence, en faisant quelque chose chaque jour, de manière à relâcher de plus en plus les tendons et les ligaments. Cela peut se faire de différentes manières, selon le membre. Si le genou est ankylosé, il faut que le pied soit attiré en haut, on y parvient, soit en fixant convenablement sa chaussure, soit au moyen d’un poids. On obtient le même résultat en prenant deux plaques concaves de tôle correspondant aux faces postérieures de la jambe et de la cuisse, et en
1. Stat uncl Feldtbuch bewerter Wundtartznei new widerumb ersehen. Gesampt dem antidotari Fürsorg und der chirurgei. Beschriben von Ilerrn Vualtherio Rivio medico.
En tête de la préface.
Dem giitigen Leser entbeut Hans von GerssdorlT gênant Schylhans, Wundarzt sein willigen Dienst und allesguts.
In-4° à la fin : Zu Franckfurt am Mein beim. Christian Egenolfi 1551in-4° 92pp. (pagination unilatérale).
lvc partie : Erst Theyl dises Buchs von der Abteylung und anatomischen Des chreibung aller inner und aussern Glider des Menschen von Mutter leib an.
2e partie : Von Ilandwirckung den Wundarznei. (Les appareils à redressement des ankylosés du genou cl du coude se trouvent à la p. 43).
3° partie : Die Fürsorg odcr Antidotari der Wundtarznei von meisterlicher Zubereitung des Messinen Sallbiichlins, mit den fiinlT fürnemen Artzneien Sampt andern Meysterslucken Iedem Balbirer und Wundarzt in der Notlurflt habenzugebrauchen beschriben von Vuallhero Rivo.
plaçant contre elle un ressort en spirale, de telle sorte que le pied soit poussé d’arrière en avant, on peut employer des spirales modifiés pour d’autres jointures \ »
A la même époque, un chirurgien français, Verduc, s’occupait de la même question et traçait des règles judicieuses pour le redressement1 2.
« Le principe de sa méthode, dit M. Lagrange, est le suivant : pratiquer la rupture immédiate de l’ankylose, seulement dans une petite étendue, immobiliser, attendre et recommencer la rupture, après la disparition des accidents inflammatoires. »
Malgaigne a beaucoup insisté sur la grande valeur de la méthode de Verduc et l’a formulée dans les préceptes généraux suivants :
1° Ne pas administrer le chloroforme, la douleur devant elle-même servir de guide à la main du chirurgien.
2° Déterminer le redressement par un mouvement rapide mais sûr, et calculé de manière à pouvoir s’arrêter quand on veut et à la limite précise de la douleur supportable.
3° Cesser alors tout redressement et traiter l’articulation par les cataplasmes, les bains, les douches.
4° Quand les symptômes inflammatoires et douloureux sont calmés, faire une nouvelle séance qui permet toujours de dépasser le degré obtenu dans la séance précédente.
En somme, au XVIIe siècle, on formulait avec une parfaite netteté les principes du traitement mécanique et rationnel des fausses ankylosés ; on avait tout ce qu’il fallait pour en tirer profit. Comment des notions si utiles furent-elles oubliées? on ne saurait le dire. Nous avons vu qu’en 1720 on les connaissait si peu que l’amputation de la cuisse paraissait une ressource ullime. En 1812, on n était pas plus avancé, Richerand regardait comme incurables les rigidités qui ne cèdent ni aux fumigations ni aux frictions. Vingt ans plus tard, on commença à revenir à la vieille thérapeutique. Le travail de
1. Praxeso medicæ , lib. 2, et in Manget. Loc. cit.} t. 2, p. 037 .