‹ Traitement des raideurs articulaires (fausses ankyloses) au moyen de la rectification forcée et du massageChapitre 21 sur 39 · Sammlung kl. Vortr. nos 168 et · texte numérisé non relu

Sammlung kl. Vortr. nos 168 et

tombent en déliquescence dans la cavité, se mêlent à la synovie encore sécrétée, le cartilage friable et rugueux, présente de véritables ulcérations. En même temps que s’opèrent ces transformations, il se fait une sorte de réparation à marche presque parallèle, de telle sorte qu’il n’est pas rare de trouver des synéchies fibreuses entre les surfaces. Lorsque les lésions s’étendent et gagnent les extrémités des os, ouest en présence de caries de différentes formes.

L’ostéite raréfiante paraît au contraire primitive; elle correspond à cette variété morbide à laquelle Rust donnait, comme nous l’avons dit, le nom d’arthrocace ; une autre répond à une ostéo-myélite limitée ; une troisième à la myélite granuleuse avec suppuration de Ilueter; c’est une combinaison de carie fongueuse et d’ostéite raréfiante. 11 n’est pas étonnant que des lésions anatomiques aussi prononcées laissent à leur suite des troubles fonctionnels qu’on a crus longtemps incurables. Autant on redoutait dans les arthrites ordinaires la formation d’une ankylosé, autant on la souhaitait dans les arthrites fongueuses. Celles-ci, en effet, ne menacent plus seulement une jointure, elles sont redoutables pour la vie; mieux vaut garder un membre immobilisé dans la flexion et absolument inutile, que de rester sous le coup de ces processus dont la propagation et la réparation sont également louches, également redoutables. La soudure représente la fin des accidents successifs et à répétition ; c’est une terminaison triste, mais c’est une terminaison.

« La tuméfaction, dit Ilueter, semble d’autant plus prononcée qu’il se fait une atrophie des parties placées au-dessus et audessous. Le fémur et toute la cuisse paraissent plus petits du côté malade que du coté sain; les différentes parties sont atrophi ées, le tissu graisseux, la musculature, les os. Cette atrophie est due en partie au manque d’usage de l’extrémité intéressée; un deuxième symptôme est la situation anormale que prennent les extrémités dans le cours de la maladie. »

Les renseignements fournis par l’anatomie pathologique sont peu rassurants; ils montrent jusqu’à quel point une articulation atteinte de tumeur blanche est menacée

d’ankylose complète; ils justilient amplement la défiance el les réserves de Ilueter. Tout abandonner plutôt que de s’exposer à alimenter le processus morbide, telle doit, être la règle fondamentale.

Si au lieu de chercher à remédier à quelques-unes de ses conséquences, nous l’eussions lui-même en vue, nous ne nous rallierions peut-être pas sans hésitation à cette réserve. La médecine opératoire a fait depuis trente ans des progrès assez sérieux, pour fournir des ressources aux chirurgiens dans des conditions où les vieux maîtres étaient désarmés; avec l’antisepsie, les résections, les évidements sous-périostés, les ostéotomies deviennent des opérations inoffensives et presque toujours salutaires.

Mais nous n’avons pas à nous préoccuper de la tumeur blanche, elle est guérie, ou du moins elle n’existe plus en tant que maladie actuelle ; les trajets fistuleux sont fermés, les fongosités sont organisées, les os ont pris leur forme et leur consistance définitive. Nous avons affaire à un infirme dont la jambe atrophiée est fléchie sur la cuisse, atrophiée elle-même; dont le bras ne fonctionne plus, dont l’articulation coxo-fémorale ou scapulo-humérale ont perdu une partie de leurs mouvements. Que devons-nous faire? Nous résigner, ou l’adresser à un chirurgien qui fera une amputation ou une résection? Quelquefois, mais pas toujours, si l’ankylose esUcomplète, inutile de rien tenter; si elle ne l’est pas, nous pouvons conserver l’espoir. Ni l’état actuel, ni les conditions anatomiques, ni l’étiologie ne fournissent de contre-indications. Nous verrons plus loin que, dans des ankylosés incomplètes, même serrées, l’énergie et la persévérance conduisent à des résultats inattendus. Les altérations

anatomiques sont sérieuses; elles ne sont pas irréparables. L’étiologie donne souventàpenser. Une tumeur blanche ne se développe pas au hasard chez tous les individus; nous avons vu un traumatisme léger provoquer chez les rhumatisants des arthrites à poussées, à répétition, à tendance formative. Chez d’aulres, une cause aussi insignifiante aboutit au processus dont nous venons d’essayer de donner une idée. Ceux-là sont

des gens à tare organique dont les tissus présentent peu de vitalité et peu de réaction ; jeunes, ils ont des affections ganglionnaires; adultes, des suppurations intarissables et souvent des affections viscérales à marche insidieuse et à terminaison fatale. On donnait autrefois cà cette prédisposition et aux désordres qu’elle produit le nom de scrofule. Aujourd’hui, on est disposé à admettre que la scrofule a son élément spécifique, le bacille tuberculeux; que ces manifestations irrégulières et cachectiques sont autant de tuberculoses locales. C’est aller un peu loin; il y a phlegmasies spécifiques des jointures, mais rien ne prouve que toutes les tumeurs blanches en soient; qu’une synovite fongueuse soit nécessairement bacillaire. Un corps étranger, un séquestre, souvent une simple carie dentaire provoquent et entretiennent fdes fistules persistantes, et es extrémités des trajets sont entourées de masses bourgeonnantes acquérant parfois l’importance de véritables tumeurs ; on enlève le corps du délit et la production si vivace qui, souvent, préoccupait plus le malade que le reste, s’affaisse et ne reparaît pas. Pourquoi la même irritation primitive ne pourrait-elle pas aboutir, suivant la différence des prédispositions, à des synovites plastiques ou à des synovites fongueuses ?

Dans celte éventualité, nous ne voyons aucune contre-indication à notre méthode; nous nous sommes expliqués naguère sur futilité du massage dans ces conditions : il existe une période dans le cours de la synovite fongueuse où il est très utile. La maladie a débuté comme une simple hydarthrose; on a employé la plupart des procédés classiques, depuis la ponction jusqu’aux injections iodées. Il n’y a plus de fluctuation, et cependant le malade n’est pas guéri, la jointure reste volumineuse, difficilement mobile. C’est à ce moment que se forment les granulations; c'està ce moment qu’il faut masser, parce qu’on aura des chances sérieuses d’en provoquer la régression graisseuse et la résorption. Au contraire, l’abstention est de règle lorsque l’on peut supposer qu’il existe de la suppuration ou de la tuberculose locale. Les mêmes raisons n’existent plus après la fin des accidents aigus ;

Rueter craint qu’on 11e les rappelle. A chaque séance il y a des ruptures vasculaires, une réaction proportionnée à réteiulue des désordres, mais j’ai toujours réussi à en avoir raison.

En résumé, l’intervention non sanglante par rectification forcée avec massage, est indiquée dans les fausses ankylosés, quelle qu’en soit la cause, traumatisme, scrofule, rhumatisme.

Page 1