‹ Traitement des Sciatiques: Par les Injections GazeusesChapitre 7 sur 28 · ÉTUDE CRITIQUE ET COMPARATIVE DES DIVERS MODES DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ÉTUDE CRITIQUE ET COMPARATIVE DES DIVERS MODES DE TRAITEMENT

Dans cette vue d'ensemble, rapide et générale, nous ferons abstraction de parti pris des cas qui relèvent exclusivement de la chirurgie, nous occupant seulement de ceux où l'exploration minutieuse et le toucher vaginal et reclal n'ont décelé aucune lésion capable d'expliquer l'affection. De même, les grandes diathèses (syphilis, blennorragie (Fournier), paludisme, rhumaüisme (Opolzer!) la goutte (Homolle), diabète qui peuvent expliquer l’étiologie de la maladie, ont leurs indications thérapeutiques particulières dont nous ne voulons pas nous occuper dans ce travail.

La médication interne a dirigé successivement contre la sciatique une variété considérable de produits réputés spécifiques dont les plus connus sont l’aconit, la jusquiame (pilules de Méglin), la quinine, l’iode, l'arsenic, le phosphore, le mercure, l'essence de téré-

‘ Opolzer, Nauralgieica ischiadica rheumatica (Wien. Med. Zig. 1856).

hi — benthine (Martinet) les préparations de colchique, d’ergot de seigle et de mtroglycérine!.

Sur le trajet du nerf, ont été préconisés lous les moyens de révulsion ou de dérivation depuis la saignée, les sangsues, ventouses, pointes de feu jusqu'aux sinapismes?, vésicatoires, pommade au mercure et au nitrate d'argent, et l'Histoire de Lyon nous rapporte les mémorables succès de ee bourreau qui, dans le quarüer des Charpennes, non content de fouetter, marquer, pendre, décapiter, rouer et brûler au nom de la loi, s'était révélé guérisseur au moyen d’enveloppements complets du membre inférieur dans la poix noire de cordonnier.

L'hydrothérapie elle-même, chaude ou froide, compte à son actif quelques résultats heureux, ainsi que d'autres procédés rapportés par Trousseau et Pidoux * tels que la galvano-puncture, le massage ‘ et particulièrement l’acupuncture sur laquelle nous insisterons davantage. Cette méthode, pratiquée de temps immémorial en Chine et au Japon, apportée en France par Berlioz, de Lyon, en 1816, consiste à enfoncer plus où moins profondément dans les tissus une aiguille mince d'argent, d'or ou d'acier et qu'on laisse en place jusqu’à effet produit, c'est-à-dire un

!{ Krauss. Nitroglycérin in the treatment of sciatica (Nerw- York Journal, p. 273, février 1896).

? Malgaigne. Traité de la sciatique par les sinapismes Gaz, méd., 1836).

5 Berne. Névralgie rebelle traitée et guérie par le massage (Bull. Soc. méd. prat., Paris, 1886).

4 Trousseau et Pidoux, Traité de Thérap. et Mat. méd., {. 1,

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temps variable entre quelques minutes et plusieurs jours; l'aiguille, dans son trajet, doit éviter autant que possible les troncs artériels ou nerveux, bien que 3onnet, de Lyon, conseille, au contraire, la piqûre de ces derniers, ce qui aëcroît, dit-il, les propriétés excitatrices du procédé sur les tissus. Trousseau accepte les résultats publiés par plusieurs auteurs de guérisons de névralgies faciales, sciatiques, rhumatisme articulaire aigu et regrette même l'abandon de la méthode de Carrero, médecin italien qui rappelait à la vie des animaux asphyxiés dans l’eau, par acupuncture des fibres diaphragmatiques et cardiaques. La cautérisation ponctuée, la cautérisalion à l'acide sulfurique, les friclions avec toutes sortes de liquides alcooliques et de pommades; les applications locales, chaudes, au moyen de sachets de sable par exemple, et même l’enveloppement dans des peaux de chats sauvages et la cautérisation du lobule de l'oreille ‘ ont été préconisés à leur tour, pendant que, de son côté, la chirurgie s’efforçait d'atteindre le mal dans son essence même par l’élongation (Reuton?, Fiorani) ou la résection nerveuse (Ricketts), qui ont donné d’estimables résultats entre

! Duchenne, Sur la cautérisation auriculaire comme traitement de la sciatique / Un. méd., Paris, 1850).

Borelli, Osservaziont di ischiadi (ratlale colla cauterizzatione dell’orechio, Torino, 1851.

* Reuton, Notes on four cases of sciatica (The Scottish. med, Journal, 1897).

* Fiorani, Sciatica ribelle guarita collo stiramento incruento dello sciatico (Ann. univ. Milano, 1883).

* Ricketts, Neurectomie of the great sciatic nerve (Med. News, juin 1892).

Laurent, Traité de la névralgie scialig. par l’élongat. non

ere les mains de praticiens habiles, mais peuvent présenter (lélongation surtout) un danger véritable par tiraillement du côté de la moelle.

Reste à signaler la méthode hypodermique qui fut introduite en France en 1859 par Béhier! bien qu'elle eût été préconisée en Angleterre dès 1844 par Rind? dont la découverte est à rapprocher de la méthode hippocralique consistant en injections d'huile et de vin dans les plèvres purulentes et de celles de Lieberkühn, Kœæbhler, Haller qui, au xvr° siècle, injectaient dans les veines des hiquides médicamenteux. Rind et Hunter en Angletterre, Béhier en France appliquèrent avec succès au traitement de la sciatique les injections souscutanées de morphine, tandis que Lawson *, Cross, Hammond * en 1872, pour obtenir la cure définitive, inauguraient un procédé difficile et dangereux, consistant à. pousser l'injection dans la gaine même du nerf.

Luton$ en 1873, imité bientôt par Le Dentu et Damaschino, emploie les injections hypodermiques de solutions au 1/10 de nitrate d’argent, dont les résultats paraissent séduisants (48 guérisons définitives sur

sanglante du nerf (thèse Lyon, 1885).

Barrier, De la cautérisation de l'oreille dans la névralgie sciatique (Gaz. méd. de Lyon, 1850).

1 Béhier, Injections médicamenteuses sous-cutanées (Journ. Méd. et Chir. praliq., 1859).

2 Rind, Dublin medical Press, mars 1845.

3 Lawson, Scialica, Lumbago and Brachiologie, London,

4 Cross, New York. Psych. and med, leg. Journal, 1874.

5 Hammond, Trailé des maladies du système nerveux, p. 1020 à 1028, Paris, 1879.

5 Luton, Journ. méd. et Chir. pralig., 1875.

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